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 un cri court dans la nuit ((nao))

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東京住人

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MessageSujet: un cri court dans la nuit ((nao))   Ven 29 Déc - 14:56

il s’est encore battu. il a oublié avec qui. il a les phalanges qui couinent, la pommette qui brûle et les lèvres qui tremblent. putain il est tellement énervé, il en a les yeux qui piquent. il a un peu bu, un peu fumé aussi, mais pas assez pour être trop high ni même détendu. il pue juste l’alcool pas cher et la mauvaise drogue. il a pas envie d’retourner chez lui parce qu’il sait qu’il casserait tout et il a pas envie d’rester dehors parce que c’est sombre et triste. il veut pas retourner à cette soirée d’merde, il en a marre du bruit. mais il veut pas rester seul non plus, il déteste ça. alors il appelle une de ses sœurs pour qu’elle vienne le chercher. il regarde même pas laquelle. putain mais quelle connasse, elle répond pas. il sait qu’elle veut juste pas lui parler, elle peut pas déjà être au lit, il est à peine 23h. du coup il appelle l’autre (elle décroche au bout d’la douzième fois), et c’est lui qui raccroche ; il a la flemme de l’entendre l’insulter et l’traîter de gamin irresponsable. il a froid, il est con et seul. terriblement seul. alors il fait la seule chose qu’il se sent capable de faire sur le moment : il marche. il sait pas trop vers où, il sait pas trop pourquoi. il s’contente de marcher, pendant des minutes, pendant des heures. il fulmine encore, il peine à se calmer. il a mal au ventre et ça l’énerve d’avance de s’dire qu’il va devoir se tenir les côtes comme un vieillard pendant plusieurs jours parce qu’il est pas foutu d’être moins provocateur. il s’allume une clope en chemin. puis deux, puis trois, et tout l’paquet. il lève la tête pour souffler une dernière fois et finit par s’perdre dans la contemplation des étoiles. il s’est jamais trop attardé dessus (vieille habitude de regarder ses vans trouées, et, y a bien longtemps, d’apporter un surplus d’attention à ses bouquins). faudrait pas qu’ça devienne son nouveau hobby. c’est très joli. maya aime les choses belles. il a l’impression qu’il marche depuis des heures. il est fatigué, refroidi mais plus énervé. il pose son œil brun sur l’voisinage. il est pas chez lui, ici c’est pas un endroit qui lui est familier. pourtant, il connaît.
c’est la rue où habite nao.
maintenant qu’il y pense, il a peut-être envie d’la voir.
il sourit et il peut pas s’empêcher d’faire passer dans ce sourire quelque chose de mauvais, de pathétique.
il sort son tel de sa poche, s’rend compte qu’il est déjà minuit passé. il est persuadé qu’elle dort pas. et tant pis si elle dort, il la harcèlera jusqu’à ce qu’elle réponde. il envoie :
00:15 « jcrois jsuis dans ton quartier mais jme souviens pas dans quel appart t’habites »
00:15 « tu dors ??? »
00:15 « descends »
00:16 « réponds »
00:16 « ??? »
00:18 « ??? »
00:18 « nao »
00:18 « nao »
00:19 « nao »
00:19 « nao »
00:20 « si tu rep pas jteste toutes les sonnettes de tous les appart »
00:23 « nao »
00:25 « jte jure jvais le faire »
00:27 « ptn »
00:32 « ok »
il déteste attendre, il s’contre-fiche de déranger, surtout elle, il a 0 patience. alors il entre dans le premier immeuble et il appuie sur tous les interphones un à un. en courant, il passe au deuxième. puis au troisième. et là, il voit les inscriptions tapées à l’ordi : ISHIDA NAO. il sourit, tout fier, avant d’appuyer une centaine de fois sur le bouton.
il arrête seulement quand son tel vibre.
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MessageSujet: Re: un cri court dans la nuit ((nao))   Ven 29 Déc - 17:53


les doigts qui appuient sur le clavier sans répit, même mouvement répété depuis des heures maintenant. les phalanges qui deviennent douloureuses, les paupières qui luttent malgré la tasse de café posée à ses côtés. voilà à quoi se résument la plupart de ses soirées maintenant que nao étudie. loin d’elle l'idée de s’en plaindre, pourtant. car nao apprécie tout ça. elle aime son appartement certes exiguë mais qui n’en reste pas moins son havre de paix. elle apprécie même les bruits de klaxons qui résonnent entre les murs, et les voisins pour qui tout se résume aux cris (de plaisir, parfois). tout ça, c’est son royaume à elle, son quotidien - qu’elle est la seule à comprendre mais elle s’en fout, nao, elle s’en fout parce que ça lui appartient et que rien ni personne ne peut le briser.
mensonge. pensées contradictoires parce qu’il existe toujours quelqu’un, quelqu’un qui peut tout chambouler en un message, en un signe de vie. le téléphone vibre une première fois, mais nao ne lève même pas les yeux. à tous les coups c’est jude. y’a bien qu’elle pour envoyer des messages à une heure pareille. m’en veux pas jude, dans cinq minutes j’suis à toi. deuxième sonnerie. puis trois. puis trop. l’inquiétude grimpe en flèche, qu’arrive t’il donc ? 15 messages non lus. nao qui lâche presque le portable d’étonnement. elle relit plusieurs fois le nom qui s’affiche, vaine tentative de se convaincre que ses yeux ne lui jouent pas de tour. elle a à peine le temps de répondre que la sonnerie de l’interphone vient agresser ses tympans.  « entre » qu’elle lâche faiblement au micro avant de déverrouiller la porte. elle a l’habitude, à force. baisser la voix quand il le faut, attendre que la tempête se termine. ça a toujours été ainsi. lui, la force impétueuse et elle, la force calme (soumise). puis, le silence, à nouveau. mais bien plus pesant, cette fois, alors que la demoiselle attend son prince pas trop charmant.
deux coups frappés à la porte. nao ne lève pas les yeux, mais elle sent. l’alcool et d’autres merdes. il a pas changé, depuis la dernière fois. elle non plus, sûrement. finalement, les iris se rencontrent. la tension qui chute brutalement, nao qui fixe un instant ce visage abîmé par les coups, abîmé par la vie. ce visage qui lui avait manqué, malgré tout.  « ta joue. » deux mots. c’est tout. c’est trop. elle lui demande pas où il est allé traîner, qui lui a fait ça. c’est pas ses affaires et puis il lui repondra pas. elle lui dit pas qu’il lui a manqué, non plus. jamais elle le dirait mais tout son être semble le crier, de toute façon.
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MessageSujet: Re: un cri court dans la nuit ((nao))   Sam 30 Déc - 17:28

il laisse traîner un œil nonchalant sur la suite de messages qu’elle lui a envoyés. il sourit à peine, s’contente de le ranger sans y répondre. il le fait souvent, ça. ne pas lui répondre. que ce soit par messages ou dans la vie réelle. maya c’est comme les enfants : si ça lui plait pas, il entend pas. et dieu sait que pourtant les occasions sont rares, parce que nao c’est pas la nana la plus bavarde de tokyo. il aime bien ça, chez elle. qu’elle soit pas là, à toujours le coller. qu’elle lui pose pas les questions qui fâchent, celles dont il connaît pas la réponse. pourquoi t’es un gros con ? pourquoi t’es comme ça ? elle dit même rien quand il donne pas signe de vie pendant des semaines et revient un beau jour comme une fleur, comme s’il l’avait jamais laissée. la vérité c’est qu’il vient que quand il en a vraiment besoin. il demande de sa douceur, de son silence. c’est drôle qu’il puisse pas juste faire avec comme toutes les autres, la laisser au bord de la route et partir sans jamais se retourner. ça dure un temps et certaines fois plus que d’autres, mais il finit toujours pas revenir. c’est pas comme s’il pensait à elle h24, simplement faut croire qu’elle doit être coincée dans un coin d’son pauvre cerveau pour qu’son visage lui apparaisse quand il s’y attend pas et qu’son prénom résonne dans son crâne sans qu’il parvienne à l’en dégager. ça l’déstabilise pas plus que ça, à vrai dire. maya c’est pas quelqu’un de nerveux, il se pose pas tant d’questions. il s’contente d’agir en fonction d’ses besoins, d’ses pulsions. il parle pour lui dire des mots qui fâchent, se tait quand vient le tour des compliments. sale bête.
elle saura jamais que seul le faible écho d’sa voix dans l’interphone aurait suffi à le rendre calme s’il l’était pas déjà.
son regard façon miroir sans tain quand elle ouvre la porte et qu’ils s’retrouvent face à face. il comprend pas, il la comprend pas. elle le dévisage un peu puis s’efface pour le laisser entrer. elle balance quelques mots dans l’silence et lui il s’contente de hausser les épaules. il a pas envie d’en parler et elle a pas besoin d’savoir. rien que d’y penser, ça l’agace de toute façon. il marche un peu sans rien dire dans le petit appartement. il est déjà venu quelques fois et aujourd’hui n’est pas la dernière. « tu faisais quoi ? » presque innocent, sans même la regarder. il s’approche du bureau, trifouille les petits papiers. il les lit même pas. vite il se lasse, s’laisse tomber sur la première chaise comme une masse. « j’t’ai manqué ? » et le sourire, arrogant, insupportable, quand finalement il lève les yeux vers elle. elle saura jamais qu’il la trouve belle.
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MessageSujet: Re: un cri court dans la nuit ((nao))   Dim 21 Jan - 15:37


un soupir imperceptible soulève sa cage thoracique alors qu’elle abaisse la poignée. y’a toujours cette voix qui lui martèle le crâne à chaque fois qu’il est face à elle. pourquoi tu le laisses revenir, pourquoi tu t’entête ? tu seras jamais rien d’plus à ses yeux qu’un passe-temps. c’est vrai tout ça, nao le sait. quand il disparaît elle le maudit, elle se dit que la prochaine fois ça s’passera pas comme ça, qu’elle le laissera pas entrer. et pourtant c’est toujours le même refrain qui se répète, inlassablement. c’est comme une envie irrépressible contre laquelle elle ne peut (ne veut) pas lutter. comme une mauvaise drogue dont on peut plus s’passer.
elle sait pas trop comment elle se sent, là maintenant. elle sait pas où elle en est et elle a pas envie d’y réfléchir. nao est fatiguée, elle voudrait juste mettre son cerveau sur off et ne plus jamais le rallumer. son hochement d'épaules met fin à une discussion avortée. il entre dans le salon, s’appropriant une fois de plus les lieux. nao n’a jamais vu son appartement. elle connaît vaguement la rue, et encore. c’est toujours lui qui vient, énième preuve qu’il est le maître de ce jeu qui n’en est pas vraiment un. sa voix brise une deuxième fois le silence alors qu’il s’approche du bureau, décidé à pénétrer toujours un peu plus dans son intimité.  « j’bossais. les examens approchent, tu sais. » pas sur qu’il sache. maya a quitté les bancs de l'école depuis un moment, déjà. parfois nao a envie de faire de même, mais elle n’a rien d’autre, aucun but, aucun rêve. les étoiles et les constellations, c’est tout ce qui lui reste. elle aurait voulu naître dans une famille riche. ceux qui vivent dans les grandes villas en marbre à minato. ceux qui connaissent pas la misère, qui vivent éloignés de tout dans leur palais d’ivoire. tout aurait été tellement plus simple.
elle s’avance un peu, remettant de l’ordre dans les papiers qu’il a désordonné. son cœur qui se serre quand elle l’entend poser la question fatidique. elle sent son regard sur elle mais continue à ranger, prenant bien soin de ne pas croiser l’obscurité de ses iris. « pourquoi tu demandes ça ? comme si la réponse allait changer quelque chose. »  ses paroles sonnent plus amères qu’elle ne l’avait pensé. elle en vient presque à les regretter. paupières closes un instant alors qu’elle dépose les derniers papiers, peut être n’a t’il pas vu ses doigts trembler. « j’comprends pas, j’te comprends pas. » elle lâche cette phrase dans un souffle avant de se retourner lentement. pourquoi il revient toujours, pourquoi il l’abandonne pas comme toutes les autres ? elle sait très bien qu’elle compte pas pour lui, elle est pas folle. nao, c’est pas le genre de fille qui se berce d’illusions utopiques. elle croit plus en ces amours idylliques rencontrés seulement dans les films, ni en ces histoires qu’on raconte aux gamins perdus pour leur donner de l’espoir. en n’attendant rien de la vie, au moins elle ne sera pas déçue.
t’es juste un passe temps, nao
oublie pas.

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MessageSujet: Re: un cri court dans la nuit ((nao))   Mer 24 Jan - 16:12

ça rime à rien tout ça. lui qui revient alors qu’à chaque fois il s’dit que c’est la dernière, elle qui fait semblant de pas l’attendre. et le silence. qui les aveugle, les rend sourds et muets. les non-dits, l’hypocrisie. ce serait plus simple s’il se réveillait de son mutisme ridicule, plus simple si elle osait hausser la voix. si elle disait
dégage
sors d’ici
moi j’en peux plus
t’es toxique à ma vie.
il pourrait la provoquer, l’inciter à exploser, la pousser à dire tout ce qu’il faudrait qu’elle lui dise. lui donner un prétexte à la fuite, la faire le quitter pour de bon et qu’après il puisse dire que c’est sa faute à elle, manière d’éviter les regrets, afin qu’il puisse la détester. parce que lui, il y arrive pas. et plus ça va, moins il y arrivera. quand il la laisse souvent, seule, endormie, magnifique sous les draps. qu’il part au milieu d’la nuit en osant pas lui donner un ultime baiser (ces derniers temps il a du mal à ne pas se retourner). et quand il lit le reproche au fond d’ses beaux yeux comme maintenant, quand elle dit rien mais qu’elle en pense pas moins, il commence à avoir du mal à ne pas douter, il arrive plus vraiment à l’ignorer. et il persiste à ne pas baisser l’regard. alors il se dit qu’il devrait vraiment tout arrêter parce que ça devient risible, malsain et parce que ça l’ronge, aussi. mais d’autres fois il se dit qu’il en a pas envie. qu’il veut continuer à venir la voir sans qu’elle s’y attende, et peut-être un matin la regarder se réveiller.
elle lui parle d’examens, ça lui fait rouler des yeux. il est sûr que y avait de l’ironie cachée dans quelques-unes de ses syllabes, du sarcasme sous sa plate neutralité, de quoi garder la face et deux-trois cartes en main. « oh. » fait-il simplement. mais il s’rend compte qu’il commence à en avoir sacrément marre du silence, alors il s’lance : « et tu t’en sors bien ? t’es toujours dans ton délire avec les étoiles, c’est ça ? » c’est comme s’il se sentait obligé de placer des mots déplacés dans chaque phrase un peu sympa qu’il lui adresse alors qu’il est vraiment curieux et qu’il se soucie (un peu) d’elle. il la sent se tendre en entendant sa dernière question et ça l’fait sourire. il aime avoir autant de pouvoir sur elle, il aime sentir qu’il compte, même malgré tout ce qu’il la blesse. il cherche à capter son regard mais n’y parvient pas, alors il s’contente de la détailler de dos. se surprend à vouloir glisser ses doigts abîmés entre ses mèches brunes qu’il sait si douces. son cœur fait un boucan insupportable, ça l’agace, il se sent stupide.
le voyant rouge s’allume quand il se laisse submerger par l’amer de sa voix. il voudrait lui dire que ça change tout, que c’était une vraie question même si on n’aurait pas dit. mais y a rien qui sort. parce qu’il voudrait aussi mentir en disant que c’était manière de plaisanter, de faire la conversation, de la déstabiliser. juste pour se moquer (maya ment souvent et il ment bien). mais il est fatigué de mentir et il sera jamais prêt pour le reste alors il se tapit dans son mutisme détestable et continue à cramer ses omoplates d’son regard perturbé.
mais quand elle s’est retournée, quand elle a mis des mots sur ses propres pensées, ça lui a fait quelque chose et tout d’un coup il est plus arrivé à faire semblant. il a pas pu ignorer la détresse au fond de ses prunelles ni ses doigts crispés au bord du bureau. il arrive plus à faire comme s’il entendait pas les trémolos évidents des palabres qu’elle lui murmure ; chacun d’ses battements de cils transpire la rancœur. alors il se lève pour se sentir grand et s’rapproche d’elle pour faire fuir ce sentiment de vulnérabilité qui l’étouffe. vaut mieux elle que lui. ça le surprend qu’elle réagisse comme ça, c’est pas habituel. d’ordinaire y a pas de questions et il sait que si elle se tait, c’est parce qu’elle le désire suffisamment pour pas tenter le diable et risquer d’le faire fuir.
il a le repli facile.
il s’dit que ça y est. elle en a peut-être sa claque de son comportement d’idiot. elle est en train d’user de sa voix au lieu d’oublier c’qui va pas en le laissant la frôler du bout des doigts. et maya, ce lâche, il veut pas ça. malgré tout ce qu’il pensait, il refuse de la laisser parler. il se sent perdre le contrôle et il déteste ça. il sait qu’il sera jamais gagnant dans ce genre de combat. mais il la laissera pas faire, il fera durer cette tragédie. il sait que y aura un dénouement, juste pas maintenant.
é g o ï s t e.
et il s’rapproche encore, il veut pas lui demander c’qui va pas ni lui expliquer ce qu’elle comprend pas. il lui demandera rien parce qu’il veut pas qu’elle sache ça. qu’elle sache que lui non plus il comprend pas. ses mains sur ses hanches comme une vieille habitude. son regard qu’il sait faire brûler sur commande, ses paupières à demi closes, lourdes sous un désir qu’il ne cherche jamais à contrôler. « nao... » murmure erratique, comme une couverture pour masquer les dégâts, dernier avertissement avant le chaos. on dirait qu’il la supplie. « j’ai envie de toi. » il sourit et c’est insolent, il s’se colle un peu plus à elle, tente désespérément de donner de l’uniformité à son souffle tremblant de tout sauf de passion. il gagne toujours, il se pense invincible. et des baisers dans le cou pour lui faire oublier. pour pas qu’elle lui glisse entre les doigts comme il espère qu’elle le fera.
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MessageSujet: Re: un cri court dans la nuit ((nao))   Dim 28 Jan - 22:19


pourquoi est-elle aussi faible ? plus le temps passe et plus son propre comportement la dégoûte. tout est de sa faute, elle le sait. il l’a jamais forcé à quoi que ce soit, ni l’autre soir quand tout a commencé, ni aujourd’hui. si il est là, c’est parce qu’elle a bien voulu lui ouvrir, si il revient c’est parce qu’elle continue a l’accepter. sa faute, c’est sa faute. à croire qu’elle est faite pour s’accrocher aux choses qui lui nuisent le plus. elle est perdue, nao, complètement. elle voudrait lui hurler de s’en aller, de plus jamais revenir, mais aussi lui ordonner de ne pas partir, de rester là, avec elle, au moins jusqu’au matin. elle voudrait lui dire qu’elle le déteste, qu’elle mérite mieux, qu’il a pas à la traiter comme ça. mais que pourtant, il est toujours là, dans un coin d’sa tête, et que chaque fois qu’il la regarde - qu’il la touche, ça lui fait comme dans les films à l’eau d’rose qu’elle déteste.
mais comme toujours, nao se mure dans son silence douloureux, impuissante face à ses pensées qui s’entrechoquent. ils meublent comme ils peuvent, nao parle de ses examens et maya fait comme s’il comprenait, comme si ça l’intéressait.  « ouais. ça m’plait vraiment, tu sais. » elle sait pas vraiment pourquoi elle a cherché à se justifier. il n’a pas l’air de la prendre au sérieux - c’est loin d'être le seul. peut être qu’elle voudrait qu’on l’encourage, pour une fois, qu’on lui dise que sa vie n’est pas qu’un échec constant.
elle se referme complètement lorsque sa voix résonne à nouveau entre les murs. une frustration inexpliquée la saisit, qui s’accroit encore devant son mutisme plus qu'éloquent. elle voudrait savoir ce qu’il pense, comprendre ce qu’il ne lui dit pas rien qu’en lisant dans ses prunelles sombres. peut être y verrait-elle ce qu’elle espère. à la place, elle se contente de le regarder s’avancer, immobile et impuissante. si seulement elle était assez forte pour lui dire. il est près maintenant, beaucoup trop près. les mains déposées sur ses hanches comme la dernière des banalités. son prénom, nao, sussuré de cette même innocence feinte. elle connaît la suite, lui aussi. jamais elle ne résiste. pourtant, c’est cette même colère naissante teintée de douleur qui l'empêche de sombrer complètement. le cœur qui tambourine (trop fort, trop fort), la main qui vient se poser sur son torse. sans le repousser pourtant, c’est trop dur. nao baisse la tête, se refusant à affronter le regard de celui qu’elle s’apprête à perdre.  « non, t’en as pas envie là. » catégorique. lors de ces nuits partagées elle a appris à l’observer, à révéler certaines facettes. nao observe beaucoup, et pourtant personne ne se méfie.  « maya.. » la voix qui se fait presque suppliante, parce qu’elle ne peut pas l’aimer ni le détester.  « on peut pas- pas toujours... c’est pas sain, tout ça.» paroles incohérentes et timbre qui se brise alors que nao s’obstine à ne pas croiser son regard, par peur d’y lire cette colère si prévisible. il ne voudra plus d’elle, peut être que c’est mieux comme ça. si seulement, si seulement elle pouvait le serrer dans ses bras.
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MessageSujet: Re: un cri court dans la nuit ((nao))   Mer 28 Fév - 0:37

il voudrait qu’on lui dise qu’il peut se laisser aller, qu’il passera pas pour un faible si ses caresses se font trop douces, qu’il peut serrer nao plus fort dans ses bras sans trop risquer d’la briser, qu’il peut même lui murmurer des mots-nuages si l’envie lui prend. il voudrait qu’on lui dise que c’est pas grave s’il sait rien faire d’autre que la blesser, si y a que gagner au jeu du plus con qui l’fait tenir ; il a pas à regretter comme il regrette là. mais y a personne. il est seul et il sait pas faire. alors il s’dit tant pis, les cœurs en agonie c’est plus si anodin de nos jours. et de toute façon il peut plus revenir en arrière, il est piégé, les deux pieds bloqués dans un ciment pailleté.
il aimerait qu’elle lui parle de ses étoiles, en voir briller quelques-unes dans l’fond d’ses yeux. pourtant quand elle défend ses astres avec passion, tout ce qu’il parvient à sourire ça sent l’renfermé (l’enfoiré). si seulement elle était là, à l’intérieur de son crâne. coincée dans son cerveau, condamnée à démêler ses nœuds, ses maux. juste ici, entre l’instance qui la trouve un peu plus belle à chaque fois qu’elle respire et celle qui voudrait lui dire pardon pour ces années de chagrin. pardon et prends ma main.
du brisé qui le brise quand elle se retourne vers lui et qu’il la sent craquer. il aime plus tellement ça, la sentir faible. il veut qu’elle soit assez forte pour encaisser tous ses orages, qu’elle laisse rien paraître de son mal-être, qu’elle ait du courage. au moins plus que lui (allez, c’est pas si compliqué). mais peut-être que voilà, c’en est trop. peut-être qu’il aurait pas dû venir ce soir, peut-être qu’il aurait pas dû lui rire au nez façon connard. c’est tragiquement beau une comète, quand elle s’écrase au milieu du désert. mais tragique avant d’être beau, et beau seulement parce que c’est tragique.
regarde au loin, tu les vois nos amours mortes ?
elle murmure, il frémit. non c’est vrai, il en a pas envie. il veut pas la forcer, il veut pas l’embrasser. enfin si, il veut. mais pas là, pas comme ça. il veut la toucher sans la sentir trembler sous ses phalanges, il veut l’aimer mais pas pour sa haine. et putain il sait pas faire. il lui aurait bien dit « m’regarde pas comme ça » mais elle le regarde même pas.
elle fait pitié à voir, leur idylle-catastrophe. c’est tout brisé, c’est presque plus réparable. faut qu’il se dépêche de récupérer les morceaux avant que tout ne s’écroule vraiment. vite qu’on lui apprenne à dire des douceurs et à cueillir des fleurs avant qu’il n’ait, pour de bon cette fois, noyé la sirène. pourtant maya persiste à vouloir la sentir là, au creux d’ses bras. ses caresses s’embrasent, son souffle se glace. il la parcourt des doigts avec désespoir, et dans sa gorge tous les « pars pas » du monde se bloquent. il va quand même pas pleurer sous prétexte que ça a un goût de dernière fois ? alors il s’accroche à elle, s’fait une joie d’emmêler ses mèches entre elles (ça paraît plus vrai) ; ça sonne comme une dernière volonté. et quand il lie leurs pétales ensemble c’est presque violent, carrément dément. il se retient pour pas l’écorcher, récolter ses atomes sous ses ongles déjà sales afin d’enfermer sa poussière d’étoile dans un pochon. nao il la fumerait bien si ça lui permettait de l’avoir dans l’sang. il accepte qu’elle l’illusionne, puisque de toute façon y a que là-haut qu’il peut l’aimer un peu, sans trop la faire bleuir.
y a que comme ça qu’il arrive à respirer, qu’en cramant ses lèvres contre les siennes que l’air paraît pas pollué. nao elle est si pure, si pâle. et lui il a un don pour la salir rien qu’en la regardant. merde, c’est dérisoire. il arrive pas à s’défaire de son corps, ici se pense sûrement plus proche de son cœur, là, presque incrusté dans ses pores. il l’abîme de ses paumes demandeuses, réclame sa peau (toujours plus), déchirerait presque le tissu s’il voulait pas risquer d’lui faire peur. mais n’est-ce pas déjà fait ?
bordel il la veut, il la veut tellement. chaque soir un peu plus, chaque nuit complètement. il sait plus où donner de la tête, il arrive pourtant pas à y mettre du cœur. tout ça c’est n’importe quoi, ça va mal finir, ils le savent. alors à quoi ils jouent ? lui qui serre ses poignets un peu trop fort (main toute frêle située pas loin des tambours infernaux), elle qui essaie même pas d’le gifler (et dans sa bile amère comme un goût de tant pis). et soudain un déclic dans sa tête, courant électrique qui éclate sous ses paupières clauses (il les avait fermées pour pas risquer de la voir pleurer), le fait reculer comme s’ils s’étaient brûlés. il la dévisage un peu et petit à petit, à contrecœur (mais qu’est-ce qui va dans son sens ?), dégage ses phalanges des hanches de la poupée cassée. « parle-moi. » il y croit à peine, il s’était jamais cru capable de le dire.
s’il l’a embrassée c’est pour la faire taire. il sait que là-bas, dans la pièce d’à côté, toutes les larmes qu’elle aurait versées ç’aurait été par plaisir et que seul son nom, répété en boucle pendant des heures, serait venu percuter ses oreilles. nao il la préfère muette parce qu’il veut la garder. mais ce soir il est plus très sûr que juste les draps pourraient suffire. alors tant pis, il veut bien se salir un peu les mains si ça lui permet d’faire durer leur petit manège ridicule. « je m’énerverai pas. » murmuré comme une promesse, mais qui n’en est pas une. bien sûr qu’il va péter un câble. bien sûr qu’il va crier. bien sûr qu’il va la faire pleurer. et sûrement même qu’il la consolera pas. il s’dira
tant pis tout va bien regardez elle respire écoutez son cœur bat.
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un cri court dans la nuit ((nao))
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