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 wondrous place ((aimi))

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東京住人

avatar : song minho
multi : yasuo
crédits : skate vibe
messages : 44
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i spent like a year and a half feeling sorry for myself 'cause i thought love ain't make sense anymore



âge : 22
métier : des travaux misérables qui donnent même pas de quoi avoir envie d'être heureux.
les amours : un petit goût de désastre, rien de bien méchant, le coeur juste trop demandeur.
quartier : bunkyō, faux éclats.


MessageSujet: wondrous place ((aimi))   Sam 6 Jan - 0:37

(tenue) --  de temps à autres, il y avait ces pauses dans la destruction. des moments si calmes que l'on pouvait percevoir les battements d'un cœur, et que la brise du vent devenait si délicate qu'elle procurait une chaleur tiède, réconfortante. un temps pour s'autoriser à respirer dans le chaos habituel. tao affectionnait ces instants, sans trop le manifester. sa peau se plaisait dans les frissons de bien-être, tandis que son esprit se déchargeaient des idées néfastes rongeant ses nerfs. et pour une fois, il pouvait se sentir apaisé. quand il rentrait dans le coffee shop aux effluves chaleureuses, c'était exactement la même sensation qu'un soulagement délicat, un voile de soie enlaçant ses muscles. si d'autres venaient ici à plusieurs pour partager les émotions qui les faisaient trembler, tao était toujours seul, et ne savait même pas pourquoi il s'installait, encore et encore, à la même place. même chaise, même angle. et pourtant, il n'y avait rien de si familier dans ce décor délicieux. à chaque fois qu'il y entrait, le goût contre son palais changeait considérablement. une sorte de vague nouvelle contre son être habituellement si lassé de ce qui est trop quotidien. et puis, tao crevait de se sentir vivant dans des lieux à l'atmosphère onctueuse. c'était si simple, et bien plus à sa portée qu'il avait pu le penser. sans trop qu'il se souvienne comment, ni à partir de quel moment, une sorte d'agréable routine avait pris place, et le garçon s'en était enveloppé dans l'ombre d'un sourire.
petit, il n'avait jamais eu d'instants si délectables. ça n'avait été que les yeux-fusils du père, le chinois enragé de la mère transperçant les murs de la maison. il n'avait jamais expérimenté la douceur, et avait réalisé qu'il s'agissait de tons manquants à son organe rythmé. il l'avait cherché, quelques fois. dans des coins de rues, dans des librairies ou dans des cinémas. un peu partout et nulle part à la fois. et maintenant ça lui semblait complètement risible, à lui en taquiner les joues. lui qui avait passé quelques temps à courir après des couleurs fuyantes, elles étaient juste là. sous ses yeux, dans un tablier blanc. il constate que le rythme de son cœur vrille un peu, et ça le fait moins sourire. c'est bizarre. il détestait le café, pourtant. il n'y avait aucune raison de trépigner. la silhouette s'approche et ça devient encore plus assourdissant – ridicule. il s'était juré qu'il n'y avait rien de si spécial dans l'arrière goût café du crémeux de ses yeux. et puis son être entier lui crachait le contraire, alors il ne savait plus vraiment où se cacher. « la même chose que d'habitude, s'il te plaît. » les lèvres encore trop sensibles, rieuses. tao allait encore mettre un temps monstrueux à se débarrasser du contenu de la tasse qu'on lui servira. aucune attache au breuvage, et pourtant, il s'appliquait encore à tâcher ses rêves de couleurs moka. parce que ça lui donnait l'occasion de la regarder elle, un peu plus longtemps, peut-être pas si discrètement que ça. une nouvelle attache, si inattendue, qu'il en était devenu passionné. c'était ça, qui donnait un goût sucré à l'amer qui rongeait son palais. après plusieurs jours d’entraînement, tao était parvenu à feindre une expression faciale qui lui permettait de ne pas passer pour l'idiot qu'il était, à jeter de l'argent dans une consommation qui ne lui procurait rien du tout. c'était tout autre chose quand elle le regardait. les saveurs dans sa bouche étaient à la limite de l'enivrant, et pas un seul instant pouvait-il se débarrasser de la stupidité de son rictus d'admiration. il n'avait pas grand chose à faire ici, tao. se perdre dans la fascination, peut-être. s'obstiner à faire battre son cœur à en devenir complètement sourd, sûrement. toutes ces suppositions, si différentes des habituelles, parce qu'elles ne laissaient aucune plaie en lui. tout était délicat à l'extrême, une dévastatrice caresse à son esprit charmé.
il se retrouve encore perdu dans les hypnoses, quand l'objet de porcelaine teinte contre la table. l'odeur aurait pu le faire grimacer, certainement. mais il se sent encore trop radieux pour ça. « merci. » la politesse qui s'empare de ses cordes vocales usuellement moins méticuleuse. il se précipite, tao, parce que c'est toujours contrariant, quand elle lui tourne le dos trop vite. « attends, tu... » les yeux qui se perdent un peu partout quand elle lui donne l'attention. il se mord sévèrement l'intérieur de la joue quand il se rend compte de la puérilité qui déferle dans son crâne. « ...tu finis à quelle heure aujourd'hui? » parce que ''j'aimerais bien te voir ailleurs'' c'est trop compliqué à extirper de sa gorge. il est là juste pour aimi, juste pour la légèreté avec laquelle elle se déplace dans la pièce. juste pour les sourires qu'elle fait flotter autour d'elle, la beauté de chacun des traits qui la construit, et le petit éclat dans ses yeux quand elle parle de son ''plus tard'' à elle. il est là juste pour elle, tao, et il l'a toujours su, c'est sûrement pour ça qu'il se concentrait pour le nier rigoureusement.
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MessageSujet: Re: wondrous place ((aimi))   Dim 7 Jan - 0:55



(musique)


[tenue] Cher Hiver, cesses donc de tuer tout ce que j’aime.
Les rayons du soleil filtraient par les fenêtres, semblable à un brouillard doré, sanctifiant chaque poussière voletant dans l’air d’un halo de miel. D’une lenteur désordonnée, la danse aérienne scintillait d’astres diurnes, s’accrochant à chaque pull osant déranger leur valse, chaque main chassant les étoiles de leur ciel solaire, chaque cil battant trop vite la cadence. Puis il y avait la fumée, de toutes ces tasses éparpillées un peu partout sur les tables rondes, perdues, îles de porcelaine sur des océans de bois sombre. Les émanations chaudes et blanchâtres, semblables aux crachas du train qui l’emmenait vers le chemin de l’école, s’amassait, condensant l’atmosphère de cette odeur bien particulière qu’Aimi associait au confort. L’hiver s’était installé à l’extérieur agrippant ses griffes de gel à tous les cous osant être dénudés, à toutes les chairs se pavanant dans l’insécurité, dans l’audace de provoquer Monsieur le Froid. Il avait déposé ses chaussures à l’entrée, rentrant parfois à l’intérieur de temps à autre, lorsque la fenêtre baillait ou la porte s’ouvrait, s’infiltrant pour inspirer le parfum du lieu…pour zieuter au-dessus des épaules et embrasser les joues des clients inconscients. Quelques flocons s’étaient bien éparpillés de la voûte céleste aux trottoirs anthracites de la capitale nippone, tôt ce matin alors que la nuit profitait encore de son règne en des heures bien matinales pourtant. Mais ils n’osèrent rester, déranger, ils n’étaient pas capricieux comme ceux de son petit village à la périphérie de Kyoto. La neige là-bas y était joueuse…combien de fois avait-elle glissé enfant, finissant sur son derrière, le minois contrarié, le pantalon aussitôt trempé. Combien de fois avait-elle du la chasser, de l’entrée de sa maisonnée, menaçant les esprits hiémaux de leur cogner la tête à coups de pelle. Et ses petits bras qui s’épuisaient, là-bas, à frémir lorsque le froid osait s’incruster sous ses habits. Emmitouflée, parfois n’avait-elle pu plus rien apercevoir, délirant toute seule dans des injures marmonnées dans sa barbe, les passants retenant un rire amusé à sa vue. Tokyo n’aimait pas l’hiver. Tokyo tentait de chasser l’hiver…par le biais d’ivresses superficielles dans des bars illuminés de millions de couleurs, de température plutôt correcte pour qu’Aimi puisse sortir seulement son manteau et non plus toutes ces couches embarrassantes, de cafés chauds dans des endroits comme celui-ci. Dans les sourires de serveuses aimables, la caresse d’un breuvage brûlant faisant battre en retraite toute vilaine maladie qui oserait se pointer.
Les matins y étaient calmes. Bien que quelques personnes fassent sonner la cloche de l’entrée, précipitant Aimi dans une sorte de course qu’elle seule s’imposait, la quiétude y était ambiante. Quelques étudiants plongés dans leur ordinateur, grimaçant à des mots qu’ils ne comprenaient plus, ne saisissaient plus, quelques bureaucrates, en costume cravate l’air fier se fatiguant aux levers du jour, quelques amies ravies de se retrouver tandis que les enfants étaient surement sur les bancs l’école…il y avait de tout. Des visages qu’elle reconnaissait quelques-fois, d’autres qu’elle oubliait subitement, des histoires racontées, des conversations engagées à jamais perdues entre ces murs crémeux. Et pourtant Aimi attendait. Le menton creusant la paume de sa main, accoudée au bar, ses grands yeux noirs scrutant l’extérieur avec vivacité et curiosité. Elle ne savait véritablement ce qu’elle espérait, ce qu’elle souhaitait, il y avait seulement un coup de pinceau qui manquait à ce tableau quotidien. A cette scène habituelle, il y avait un changement peu ordinaire qui l’embêtait drôlement…ou plutôt l’intriguait. Semblable au flash de lumière étincelant lorsqu’on se rendait compte d’un détail particulièrement intéressant dans une peinture qu’on avait pourtant tellement de fois étudié, il apparut tellement plus clair dans l'encadrement de la porte, comme une évidence. Et de cette sorte, elle ne pouvait dégager son regard de sa silhouette…c’était donc ça qu’il manquait : la présence du garçon solitaire. Une figure qu’elle avait surnommée ainsi par bêtise et amusement, lui qui ne venait jamais accompagné, surement avait-il un prénom mais elle doutait qu’il soit aussi excitant que le surnom qu’elle lui avait donné. Et il lui semblait quelque-peu machinal, les gestes se suivant automatiquement, prenant toujours la même place, le même angle…et surement la même chose. Elle s’était imaginée bien des scénarios le mettant en scène, lui avait donné tellement de rôles que parfois se perdait-elle dans la narration. Oh oui, elle en était sûre, il devait être un de ces artistes déchus, criant à la lune leurs tristes mélopées. Ou peut-être était-il un étudiant au caractère contrariant, se mettant en colère pour la moindre brusquerie. Voire même le riche héritier d’une multinationale cherchant un peu de répits loin de son foyer endolori. Bien des gens lui avaient semblé curieux, Aimi elle ne s’en cachait pas véritablement, le garçon solitaire était le plus terrible de ses maux. Alors fantasmait-elle sur son existence pour donner un peu de sens à ce calme chaos. Se redressant de sa légère position inconfortable, arrangeant son blanc tablier, elle se dirigea vers lui un sourire accueillant ses lèvres rosées. Le soleil dégoulinait ses teintes sur tous ses traits, et c’était seulement sous cette luminosité qu’elle se rendait compte de la couleur de sa peau…plus sombre, plus aimé de l’astre Apollon qu’elle. Fade dans sa pâleur, positionnant son bloc-notes au-dessus de ses propres yeux pour contrer l’éblouissement, elle déblatéra ces phrases qu’elle répétait sans arrêt. Elles aussi, mornes. Comme elle l’avait prédit, il demanda sa dose routinière, fidèle à ses opinions tranchées, rangé dans ses idéaux. Il aimait son cappuccino aux arômes de vanille pour faire passer l’amertume et la puissance des graines du café. Coincé dans sa douceur, déchiré quelques peu de tous les côtés, contrôlant ses expressions pour paraître le plus sérieux possible, le plus respectable en oubliant les politesses basiques. Définitivement un artiste, l’âme rongée par la maladie du néant. Oppressant un sourire plaisantin, creusant ainsi des fossettes sur ses joues rosies, elle hocha de la tête s’essayant malgré tout à un « Tout de suite » sonnant bien plus enjoué qu’elle ne l’aurait voulu. Et il ne lui en fallut pas plus pour se retourner et envoyer sa commande à Keito le barista. Ils avaient appris à nouer une solidarité presque attendrissante, se lançant des rictus du bout à l’autre de la pièce lorsqu’une chanson qu’ils appréciaient tous deux passait, ou que leur agréable patronne leur envoyait une énième photographie d’elle et de son chien en ballade quelque-part dans le monde. Elle ne revenait qu’une fois par mois, pour visiter sa famille et gratifier ses employés d’argent et parfois même de souvenirs de ses voyages. Loin d’être responsable, elle avait laissé Keito se débrouiller avec les paperasses faisant de lui le manager sans diplôme de ce café modeste mais malgré tout familier et précieux à tous ceux qui y entraient. Un petit bout de maison qu’ils pouvaient tous retrouver ici, qui accueillait les voyageurs et les perdus, les travailleurs et la jeunesse tokyoïte, les tristes et les joyeux. A l’écoute de la commande, il lui lança ce regard complice qu’elle arrivait maintenant à plus ou moins déchiffrer. Keito avait de grands yeux desquels on pouvait lire ses innombrables nuances d’émotions. Celui-ci était enfantin, amusé aussi et quelque-part, il partageait la candeur de la noirceur d’Aimi. « Quoi ? » lança-t-elle doucement, retenant un rire. « Rien » soulevant ses épaules et se retournant pour préparer le breuvage, il continua « juste que jpense que tu le laisses pas indifférent. » Un genou se posant sur la chaise haute, obligeant son autre pied à se pointer pour pouvoir rattraper le reste du corps qui se penchait en avant du bar, Aimi grimaça à ces mots insensés. Ca n’était pas correcte et même malsain de la mettre dans une telle situation, d’imaginer de telles folies, de telles sordides idées sortaient parfois de sa tête enfumée…peut-être que l’obscure poudre qu’il maniait avec délice s’incrustait dans les sillons de son cerveau, faisant disjoncter ses neurones d’excitation. « Moi je pense que c’est sur toi qu’il a flashé. » elle ne pouvait s’empêcher de renvoyer la balle, pour rajouter de l’idiotie dans leurs conversations acolytes. « Je veux dire, si j’étais lui jle serai aussi, sans me lancer des fleurs je suis plutôt pas mal. » Et malheureusement Aimi ne pouvait le contrarier sur ce point, bien qu’elle le désirait tant. C’était vrai qu’il était beau Keito, qu’il sentait bon le café, le confort, et qu’il avait un joli sourire. Bien des fois s’était-elle éprise de sa manière de parler, si calmement et pourtant avec l’ardeur de la jeunesse, les pétillements de sa vie bullant dans son cœur, implosant dans sa poitrine et enivrant tous ceux qui savaient l’écouter. C’était vrai qu’elle avait bien des fois souhaité partager sa dernière cigarette avec lui, dehors, à l’abri de la pluie lorsque le café fermait enfin ses portes. Et qu’une fois même ils s’essayèrent à un baiser après une soirée un peu trop arrosée. A présent, ils en riaient, parce que ça ne voulait rien dire, rien si ce n’est qu’ils étaient vivants et inconscients. Rien si ce n’est qu’ils vibraient de la même âme fougueuse ne se mêlant qu’aux plus courageux d’entre tous. Qu’aux plus opportunistes, arrachant de force les étoiles du ciel pour les mêler à leurs mines désordonnées…et le pire c’est que les dieux ne leur en voulaient pas, à cette sauvage progéniture, ils ne connaissaient que trop bien les passions les secouant, les démences les mordant, la douceur les étreignant lorsqu’ils se posaient, affalés sur un canapé, après des heures passées à danser, à tirer Atlas par la chevelure. Attrapant la tasse qu’il déposa devant elle, elle procéda avec soin au transfert jusqu’au plateau. De sa place à la sienne. De ses mains aux siennes. La présentant au jeune homme, elle s’inclina légèrement à son merci et alors qu’elle allait s’échapper, il la retint par la simple brusquerie de la surprise. Soudain la pièce cachée du tableau se mouvait, se distançait de la toile, agrippant l’attention du spectateur…elle prenait vie, tendrement, presque timidement pour ne pas éveiller le reste de la peinture, pour ne pas brusquer les couches de couleurs le recouvrant. « ...tu finis à quelle heure aujourd'hui ? » Brutalement, le soleil lui semblait bien trop présent, bien trop lumineux contre sa rétine, la taquinant de spectres opalescents l’empêchant de se concentrer sur quoique ce soit d’autre que cette gêne. Ca démangeait ses joues, les rougissant de chaleur et de confusion…était-ce son cœur qui faisait autant de bruit ou avait-on augmenté le volume de la musique ? Etait-ce son cœur qui craignait étrangement la voix du garçon solitaire ou bien avait-il toujours tambouriné à ce rythme effréné ? Remontant le plateau, tentant de couvrir le rictus qui étirait ses lèvres, elle n’était pas de nature aussi émotive, simplement étonnée. Agréablement étonnée que le mystère se meuve et relance ses divagations créatives. « Mmh je ne sais pas trop… » Bien que sérieuse dans son travail, Aimi était du genre tête en l’air à oublier des petits riens et des petits tout. Son emploi du temps, fluctuant selon les besoin de Keito, faisait partie de ce lot de flou. Elle avait beau prendre en photographie sur son téléphone ses horaires exacts, ils finissaient par être, de manière paranormale, effacés. Encore le coup de ces malins esprits. « Pour quelle raison ? » elle abaissa le plateau, ne trouvant plus d’utilité à ombrager son visage qui avait perdu de son émoi (certainement par la tentative vaine de se rappeler quand est-ce qu’elle pourrait jeter son tablier aux bras de Keito). « Si ce n’est être indiscrète… » La manie de se mordre les lèvres, s’arracher des bouts de peau lorsque la situation malmenait son esprit ou son battant…elle le faisait quand elle attendait le train l’emmenant à l’école, sur le quai là-bas où elle avait laissé des fragments de sa jeunesse, ou quand elle comptait son pourboire le partageant avec son bel ami pour qu’il puisse s’acheter des ramens chauds au coin de la rue. « Aimi, enchantée. » lança-t-elle subitement se rappelant que le garçon solitaire n’était pas son prénom « enfin c’est inscrit juste là » elle tapota du bout de son ongle peint de vieux rose son badge « mais je suppose que c’est plus appréciable de la sorte. » Martelant ses genoux avec le plateau, son regard s’intéressa pour une fois totalement au corps qui se présentait devant elle. Elle ne lui avait jamais prêté cette attention-ci. Et de manière ridicule, tous les moments qu’il avait passé à traîner en ces lieux semblaient tellement plus intéressants.

Cela va faire bientôt vingt-quatre ans que tu me voles des morceaux de chaleur, laisses celui-ci perdurer quelques instants de plus.
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MessageSujet: Re: wondrous place ((aimi))   Dim 7 Jan - 22:57

(tenue) --  tao n'avait jamais vraiment rien obtenu de lui-même. servi grassement par la pitié de sa mère, il niait encore d'en être dépendant. parce que c'est honteux d'être préservé entre les mains de quelqu'un qui ne nous aime pas tant que ça. il savait, tao, que ça n'était qu'une douce forme de mépris. il savait parce qu'il se souvenait, quand le démon de son père lui crachait sa haine au visage, elle, elle ne disait rien. elle fronçait les sourcils, peut-être. mais elle ne lui avait jamais tendu la main, et il s'en était toujours souvenu. et maintenant, elle voulait le couvrir d'un or qu'il n'avait jamais demandé. ça l'amusait, dans le fond. autant que ça le rendait fou. tao n'était pas détestable au point de rejeter cette foutue monnaie, mais le fait d'être encore couvé de la sorte ne lui donnait aucun confort. alors il s'épuisait à se détacher de cette dépendance qu'on lui avait noué autour du cou.
venir dans le café était son choix. son envie, à lui, pour lui. en s'installant sur cette chaise, encore et encore, il choisissait de laisser son cœur étouffer sa gorge, il demandait presque toutes ces émotions qui lui déchiraient les tripes. lui, et personne d'autre, voulait s'infliger ce nouveau goût. c'était juste déroutant de constater l'intensité des choses. il ne se souvenait pas s'être autorisé à enclencher tout ce vacarme cardiaque. d'un côté, ça le rendait étrangement courageux. de l'autre, il expérimentait tout une tonne de vagues inconnues prêtes à l'envoyer au large. déchiré entre les deux, il n'avait que d'autre choix que de se plier à ce qui le ridiculisait le moins. le battant vibre un peu plus quand il perçoit ses mots à elle, différents de la formulation usuelle. c'en était presque pathétique de s'extasier sur chaque petite particule qui construisait le jeune femme sous ses yeux, mais tao avait la fâcheuse manie d'être émerveillé par ce qui était plus scintillant que lui. mais cette fois ça semblait si inhabituel, si coriace autour de son organe vital, qu'une avalanche de craintes le submergeait. il trahissait lui-même son amour pour le nouveau. son esprit s'obstinait à lui murmurer qu'il fallait seulement arrêter de la regarder avec tant d'enthousiasme, mais tao n'écoutait jamais. il voulait voir, regarder, détailler, et persister à penser que la demoiselle du café était la plus belle chose qui lui avait été possible d'admirer. il ne s'en lassait pas, de cette silhouette somptueuse. « je sais pas encore. » répondit-il, rattrapé par l'honnêteté. il se maudit intérieurement d'émettre un lien si clair entre ses paroles et ses pensées, mais ne parvenait même pas à noyer l'éclat de son visage. il fronça les sourcils un instant, réfléchissant à une quelconque raison, qu'il pouvait très bien inventer, de toute façon. et puis, pourquoi ne pas lui dire, simplement? au risque de passer pour un idiot, il lui offrait un peu de son cœur sans réfléchir. « on ne se connaît même pas, mais j'ai vraiment envie qu'on passe du temps ensemble... c'est stupide, un peu, non? enfin, ça a pas de sens. » demanda t-il, le visage froissé d'interrogations. comme si elle avait la réponse, comme si elle pouvait apaiser ses inquiétudes. et puis, la brutalité de la crainte lui empoigna le cœur quand il fut persuadé de passer pour quelqu'un de trop étrange et effrayant. malgré lui, il détaille ses lèvres, le profond de ses yeux, et se sent sérieusement affecté par l'éclat de sa personne. dans ses fantaisies les plus lointaines, il pouvait glisser ses doigts contre son cou, chasser le col roulé qui l'entravait et découvrir la douceur d'une peau qu'il n'avait jamais frôlée.
son prénom lui provoqua un nouveau rictus. il s'était appliqué à le connaître dès la première fois. rester dans l'ignorance lui était insupportable. quand tao s'était familiarisé avec la mélodie des lettres de son identité, il s'était immédiatement senti irradié. il aurait voulu lui dire qu'il savait, qu'il en était légèrement épris et que s'il devait être condamné à ne répéter qu'un seul mot le long de sa vie durant, ça serait celui-ci. « tao. enchanté. » bien plus que cela. le cœur enflammé à l'idée de se rapprocher un peu plus, tout près. sûr de lui, il idéalisait l'idée de la tenir là, contre lui, ça semblerait sûrement plus pétillant. son cerveau lui jouait encore une dizaine de tours, une fois complètement seul, il profitera pour s'en vouloir d'être aussi rêveur. beaucoup de choses lui échappaient, comment pouvait-on être aussi envoûté par la saveur de l'inconnu? pourquoi se sentait-il si spécial quand elle grattait le fond de son âme en un regard? presque paniqué, tao s'empara de la tasse encore chaude sous ses doigts, pour se débarrasser des goûts inconnus infestant sa langue. ''c'est pas si mauvais'', se força t-il à songer en trempant ses lèvres dans la boisson alors que l'entièreté de son corps le hurlait le contraire. l'amer délicat, le sucre proéminent, la présence d'aimi. il ne voulait que de ça. « mais je veux vraiment pas déranger, ou.. ou forcer quoi que ce soit. » se rattrapa t-il rapidement en se rappelant de ses idioties. tao se sentait si peu sûr de lui, déserté de sa confiance en lui habituelle. ensorcelé par les effluves de café, il humidifia ses lèvres et les pinça, toujours plus sidéré par la véhémence qui le décomposait en fasse de la jeune femme qui colorait son fade quotidien, avec de simples répliques. il laissa son dos s'écraser contre le dossier, et se permis finalement de faire fuir ses yeux dans le reste de la pièce. « ...ça me ferait juste plaisir. » simple souffle, mâchoire serrée. puéril garçon au battant essoufflant, asphyxiant. le rythme se dérègle de plus belle et s'accable, pour laisser tao se noyer dans des eaux inconnues.
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MessageSujet: Re: wondrous place ((aimi))   Dim 14 Jan - 20:25



(musique)


[tenue] Je prierai gentiment le printemps de faire renaître de leurs cendres, les choses que tu as tuées.

Il y avait bien eu des moments dans sa vie où ses joues tournèrent au doux pourpre des coquelicots. Ceux-là qui étaient plongés sous la lumière doucereuse du matin…il y avait bien eu des mots, des pensées, des gestes qui avaient allumés plusieurs fois ses pommettes d’une chaleur particulière. De la neige, deux tâches d’encre rouge se répandant doucement, attrapant avec des griffes colorées toute la pâleur qui pouvait subsister. Enfant, c’était ainsi qu’on reconnaissait son minois, à travers les flocons et la brume, perdus au milieu de la nature, deux cercles enflammés témoignant d’une vie au-delà de la froideur. D’une innocence de l’autre côté de l’hiver. Maman les avait tant embrassé ces joues-ci, qu’elle se disait que c’était à cause de son rouge à lèvres qu’elles se teintaient de la sorte à présent. Qu’elle aurait dû mieux frotter sa peau pour qu’il ne reste pas même l’ombre d’un baiser, que ça ne trahisse plus toutes ces émotions qu’elle amassait dans des bouteilles de verre. De fin verre prêt à exploser à tout moment, de faire saigner ses pommettes, de trahir son expression contrôlée.
Il y avait bien eu des moments comme celui-ci où les rayons de l’astre doré s’écrasaient avec virulence soudaine contre ses rétines épuisées, aveuglées, troublées. Lorsqu’elle devait se lever les matins des week-ends, incapable de le faire sans rechigner et bouder le soleil qui la réveillait. A travers ses paupières, des feux-follets d’une lueur blanchâtre vagabondaient dans la noirceur de son crâne, allumant tous les flambeaux, faisant fuir la nuit de son esprit encore embourbé de rêves. Ou bien quand elle faisait du vélo, la vision cloutée de ce feu stellaire l’empêchant de voir proprement la route devant elle. Combien de fois, gamine, avait-elle atterri dans les buissons voisins, rameutant les chiens et apeurant, dans sa chute, les chats indolents. Puis ses genoux se couvraient de crasse et ses paumes d’égratignures, sa tête balançait les étoiles de la surprise en l’air, celles-ci même qui retombaient juste après contre son front l’assommant de nouveau de feux d’artifices. Peut-être avait-elle un problème d’yeux ? Aujourd’hui encore, se rendant au travail, pédalant avec véhémence, elle coursait contre le jour pour n’être accompagnée que de la nocturne déité.
Et encore plus à cet instant, elle se maudissait de devoir vivre avec ces sensibilités-là. C’était une bénédiction et une malédiction de porter les résidus de son enfance un peu partout sur le corps, comme une fine pellicule de poussière recouvrant un jouet abandonné, c’était inhérent au temps et à l’espace, forgeant par une chimie dont elle ne comprenait pas très bien les pratiques, le présent et le caractère. La spécificité, et l’authenticité. N’était-ce pas le premier trompe-œil chez les antiquaires ? Cette vieillesse de l’âme, ces histoires narrées par les moindres chocs, les moindres plaies, les moindres souffles (était-ce pour ceci qu’on demandait de ne jamais approcher un tableau de si près ? Pour ne pas en affecter le passé ?)…Elle se demandait ce que lui, le garçon solitaire, devait traîner de son existence. Quelles mécaniques énigmatiques, quels enchevêtrements et rouages possédaient le jeune homme ? S’embrouillait-il, lui aussi, de sentiments fugaces, de réflexes indépendants, d’habitudes s’accrochant à son dos déjà trop courbé par les maux qu’il avait connu ? Violemment c’était seulement ceci qui l’intéressait et la retenait de souffler d’ennui et d’embarras par l’inconfort dans lequel elle se trouvait. Non véritablement, c’était pathétique d’avoir aussi chaud d’un seul coup, d’être gênée à un tel point qu’elle aurait préféré s’asseoir en sa compagnie et laisser tomber son plateau soudainement encombrant. Qu’elle aurait voulu, du coin du regard, faire fuir les sourires amusés qu’elle pouvait sentir s’étirer sur les lippes de Keito…et toutes ces idées qui parcouraient sa cervelle, toutes ces phrases qu’il se retiendrait de formuler, ces autres qu’il déposerait dans le creux de son oreille avec la malice qui le composait. Avait-il donc toujours raison ? Lorsqu’Aimi se trompait dans les comptes du café, c’était lui, qui au-dessus de son épaule, attrapait son crayon et modifiait les erreurs dans cette sérénité qu’elle lui enviait quelques-fois. C’était sa main qui retenait son avant-bras lorsque son corps se précipitait, tout entier, vers l’anthracite de la route…les phares des voitures. Quand encore le sommeil frottait ses paupières, étalant quelque peu son mascara sur ses cernes bleutées, et qu’elle se mentait toute seule, Keito était celui qui la priait d’aller se coucher. Parfois ça en devenait agaçant, la manière dont elle savait qu’elle regretterait de ne pas écouter ses dires…s’intéressant qu’aux bêtises qu’il proposait avec la ruse perlant au coin de son iris, la clope évaporant ses démons dans une fumée cendrée. Elle aurait voulu l’effacer du paysage à l’heure actuelle, prendre une gomme et trainer sa silhouette, en flouter les tracés. Elle aurait voulu dérober le café du garçon solitaire et le boire elle-même, remplacer la sécheresse de son palet par l’aigreur du liquide noir. Peut-être que la couleur tâcherait ses joues et en effacerait la roseur ?
« je sais pas encore. » C’était bien contraignant. Aimi n’aimait que peu les hésitations et les non-dits. Les choses malignes qui s’enfouissaient, se terraient, dans les sillons des cerveaux et qu’elle ne pouvait découvrir dans ses dissections perverses. Parfois, les lames de ses mots n’étaient pas assez agressives pour couper les pensées et torturer les émotions…parfois l’être humain restait tel qu’il était : un cocon inconnu regorgeant de curiosités. De terres qu’elle ne découvrirait jamais…ses pieds ne pourraient peut-être jamais vagabonder dans les espaces résidant entre les battements de cœur. « on ne se connaît même pas, mais j'ai vraiment envie qu'on passe du temps ensemble... c'est stupide, un peu, non? enfin, ça a pas de sens. » Il n’y avait que deux choses qui étaient absurdes selon Aimi : la politique et les mathématiques. Gamine, elle pouvait rester des heures, le visage barbouillé de larmes, le front ridé de contrariété, allongée au sol sur le ventre, devant des nombres qui se pavanaient avec fierté sur la feuille. Et puis c’était tellement compliqué à comprendre, pourquoi les équations avaient cette fâcheuse tendance à faire disparaitre des chiffres, pourquoi, malgré ses additions et soustractions, les symboles prenaient vie et brouillaient ses calculs de fausseté. Encore à l’aube de sa vie, il y avait eu les grésillements de l’écran répondant aux voix à la télévision, et la grand-mère qui soupirait dans un coin de désespoir. Maman, dans la cuisine, sortait alors sa tête dans l’entrebâillement et observait d’un air concerné les événements dépeints par les informations du soir. Papa, lui, se plaignait et marmonnait dans sa barbe que le monde n’était qu’un amas de conneries. Le « conneries » c’était Mimi qui l’avait rajouté dans sa tête, parce que ça semblait plus approprié à l’agacement que devait ressentir le paternel. Puis c’était d’un ennui…elle ne pouvait ouvrir sa bouche de peur qu’on lui demande de se taire, qui avait-il de plus intéressant dans ça ? Elle n’y comprenait rien de toute manière, et n’avait jamais cherché à perdre son temps dans des choses « sérieuses de grandes personnes » de la sorte. Alors elle ne put s’empêcher de sourire à la manière dont le garçon solitaire avait formulé son embarras, ni d’hausser les épaules dans ce détachement qui lui était propre…comme si rien n’avait d’importance. « Un peu oui… » puis tout en lissant son tablier d’une main, laissant l’autre s’agripper au plateau, elle continua « mais je vais dire quelque-chose d’encore plus stupide : peu de choses dans ce monde font sens. » C’était une phrase toute faite, préconçue, qu’elle entendait souvent sortir du gosier des plus négatifs…de ceux qui se pensaient plus intelligents que les autres. Ca voyageait de langue en langue, éclaboussant toutes les faces, faisant passer l’univers comme quelque-chose qui devait avoir un sens. Pour Aimi, il n’y avait rien de plus simple, ça n’était pas une question de sens, pourquoi fallait-il en chercher et pourquoi fallait-il lui en priver également…c’était une question de point de vue. Ce soleil la gênait puisqu’il lui rappelait ses caprices enfantins, contre des esprits supérieurs à elle…seulement le temps qu’elle trouve un moyen de leur botter les fesses. Mais pour d’autres, c’était un délice par une saison pareille. « tao. enchanté. » Le tableau se mouvait au son de sa voix…tout prenait une teinte autre, une signification étrangère…un tableau en cachait un autre, derrière l’écaille de la peinture, il y avait les prémices réalisés par l’artiste, les coups de crayons, les premiers coups de pinceaux et les échecs qui ont tâchés le canevas. C’était une petite fraction de seconde, à peine visible, mais Aimi tira une petite moue…quelque-chose comme la déception, le chaos après la fête d’anniversaire d’un enfant. Le garçon solitaire lui comblait tellement mieux les pores, définissait tellement mieux sa figure, l’emplissant de cet aura énigmatique qu’elle avait projeté sur son identité. Et c’était drôle de voir qu’en vérité, derrière cette image, il n’était qu’un homme. Humble dans son humanité, vivant dans la symphonie de son battant. Il fallait lever le voile des fantasmes…et Tao, c’était plus réel. Moins fantasque, plus banal aussi. Elle pouvait l’inscrire dans sa routine à présent, comme un être à part entière et non plus ce vague mirage qui piquait tant sa curiosité. « Mh, enchanté. » qu’elle répéta, imitant son ton comme pour en connaitre la saveur. Le goût de son existence : quelles couleurs aimait-il, quelles saisons le faisaient vibrer, quels animaux le faisaient sourire ? Ca n’était pas assez de pouvoir résumer l’alphabet à ces trois petites lettres, il fallait remplir toute une encyclopédie. Bien que de nature étourdie, Aimi appréciait les mémoires des gens…celles qu’elle retenait entre ses paumes, les observant comme des petits moineaux aux ailes brisées. Elle pouvait réciter par cœur les chansons qu’ils adoraient, les souvenirs qui les hantaient, à quel âge ils avaient appris à lasser leurs chaussures et quel jouet ils avaient perdu à 8 ans, les faisant tant pleurer pendant une semaine. Aimi s’y intéressait…tout simplement, sans pouvoir en expliquer la raison. Tao devait être ajouté à son bestiaire imaginaire et peupler ses rêves diurnes et ses interrogations nocturnes. « mais je veux vraiment pas déranger, ou.. ou forcer quoi que ce soit. » C’était futile de le préciser, pensa-t-elle. Elle le lisait à la manière dont il avait de se comporter…ses gestes mal-assurés, son visage gelé d’où des fissures parfois apparaissaient, sa voix grave se domptant d’une douceur singulière…presque mielleuse. Ou du moins l’entendait-elle de la sorte, par-dessus les bourdonnements de la musique jouant dans le fond. « ...ça me ferait juste plaisir. » Un nouveau rictus abima les lèvres rosées de Mimi. S’asseyant soudainement sur la chaise en face de lui, elle s’offrit quelques minutes en sa compagnie. Juste le temps de le retenir un peu ici, d’en savoir davantage et faire passer le temps…la matinée si calme. Mouvementé, son cœur désordonné demandait sans cesse les effluves de l’adrénaline, le sucre des rires et les pétillements de l’aventure. Elle doutait d’autant plus que des clients manifestent leur mécontentement…ils se comptaient sur les dix doigts de ses deux mains, et étaient occupés à leurs discussions dont des bribes pouvaient attirer par moments l’attention d’Aimi. « C’est mon travail. » dit-elle simplement, posant le plateau sur ses genoux. « Je veux dire, faire plaisir aux clients. » Ca n’était que la simple et pure vérité. Chaque personne entrant dans le café devait immédiatement se sentir accueillie…elle devait confondre la chaleur émanant de son corps avec celle de la pièce, que ses soucis s’évaporent…accompagnant les ondulations de la vapeur grimpant aux cieux. « Tu es pressé ? » demanda-t-elle brutalement, sans même arranger la phrase de manière moins agressive, soucieuse de le voir avaler avec autant d'ardeur son café. Elle avait l’honnêteté des innocents, la curiosité des chenapans et la maladresse des insouciants. « Si tu me laisses quelques instants, je peux prendre une petite pause. » Juste le temps d’une gorgée ou deux d’un bon thé au jasmin, son favori, et quelques échanges mondains. « Ou peut-être préfères-tu t’en tenir à ton plan de départ et m’attendre jusqu’à la fin de mon service. » Il fallait absolument qu’elle demande ses horaires à Keito, qui, d’un roulement d’yeux, les lui donnerait de manière machinale. C’était une habitude…une semi-habitude. Lorsqu’elle n’en avait pas besoin, Aimi les connaissait parfaitement, le reste du temps, ils se perdaient dans le superflu d’informations qu’elle gardait en mémoire. Le prix de la brique de lait d’amande, la couleur des roses chez la fleuriste, l’heure à laquelle passe le film du vendredi soir, les prochaines sorties cinématographiques, la page à laquelle elle avait cessé de lire un livre, quand est-ce qu’elle devait rendre ce dernier à la bibliothèque. C’était une sorte de malédiction ou de blague qu’on lui affligeait, par simple amusement, ou méchanceté. Ces vilains esprits qui l’avaient fait tomber auparavant, revenaient mélanger ses neurones et en éteindre certains.

Cher Hiver, je tiens à te dire que tu ne me fais pas véritablement peur. Seulement un peu de peine. Le printemps te déteste, l’été t’envoie balader et l’automne t’oublie, mais moi, cher Hiver, malgré les crimes que tu commets, je te garderai une place confortable, juste là dans mon cœur. Car avec le froid, tu amènes le plaisir de la chaleur.


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MessageSujet: Re: wondrous place ((aimi))   Ven 19 Jan - 15:43

(tenue) --  il y avait du poison dans les délicates syllabes de son prénom. (愛) ''ai'', l'amour caché dans les caractères complexes que tao s'appliquait à déchiffrer dans les bulles d'encre des morceaux de papier qu'il effleurait. c'était toujours représenté de la même façon; les joues infestée d'un rouge écarlate, les yeux gorgés d'étoiles factices. et rapidement, le sentiment le plus intense était tourné au ridicule, ça n'était rien d'autre qu'une idée comme une autre, qui nous venait quand on se laissait divaguer. tao était plus ou moins rassuré. son visage était probablement d'une couleur normale, et ses yeux n'avaient rien de si scintillant. pas même les grésillements de sa poitrine ne l’alarmait. confortablement installé dans le déni, il ne remarquait même pas ses lèvres hésitantes, sa peau électrifiée. se plaisant à se croire détaché, mais effaré quand il constate que la douceur déchire ses veines sans aucune pitié. il le savait, il n'y avait rien de plus délicat que son prénom, il s'en rendit compte lorsque ses lèvres se frôlèrent pour reproduire silencieusement la prononciation du mot. et ça aurait très bien pu s'arrêter ici, à la lecture du badge, aux partages d'identités qui crèvent de s'échanger. tao aurait pu s'empresser de terminer sa commande, se lever (s'enfuir) et ne jamais revenir pour ne pas rendre les choses trop essentielles. c'était sûrement trop tard, puisque la fascination immobilisait tout son corps, et que chaque goutte brûlante qu'il ingérait lui semblait si désagréable quand elle diminuait l'instant. chaque pièges, agréablement dissimulé dans le charmant décor, était tout sauf nuisible. tao ne contrôlait rien du tout, et il trouvait ça terriblement grisant. tout dépendait des lèvres rosées qui s'opposaient à lui. naturellement, les coins de ses lèvres se sensibilisent une nouvelle fois, proies facile de la jeune femme. rien n'avait jamais eu de sens; sa présence ici, son visage malléable sous une niaiserie nouvelle, cette prétendue addiction au café. tout était si improvisé et tordu que tao s'en était épris follement. c'était bien mieux quand ça n'avait pas de sens, quand c'était à lui, à eux, de faire en sorte que les battements des cœurs ne ressemblent pas au premier brouhaha venu. les mélodies impromptues, qui se dissimulent dans l'air en quelques poussières. cet attachement soudain était lui aussi lié à une sorte de hasard. tao faisait confiance aux choses décousues, à tout ce qui pouvait s'effriter facilement, c'était bien plus confortable que la certitude de tout pouvoir prévoir. plus convenable encore était l'affirmation que la demoiselle du café ne lui tournerai pas le dos tout de suite. ça démantelait la routine usuelle, et sans trop de surprises, le garçon n'avait demandé que ce changement. il aurait voulu qu'il n'y ai qu'eux et la timidité, que le reste du cadre s’évapore et qu'ils s'élancent dans la découverte les yeux fermés.
l’inconvénient de cette capacité redoutable à s'engouer de tout ce qui était trop coloré, était que le reste paraisse brutalement trop fade. quand il sortira, tao n'aura même plus l'amer du café pour s'offrir un peu de saveur. il n'y aura que la ville oppressante et le sentiment de manquer de quelque chose. alors, quand elle restait ainsi devant lui, il l'aurait presque supplié de lui donner ne serait-ce, qu'une infime parcelle d'éternité, un semblant de promesse. pour la première fois de sa vie de brouillons, il aurait voulu s’agripper à une conviction. des mots qui durent. il hoche infimement la tête, comme si elle avait un quelconque besoin de sa ridicule approbation. « tu t'en sors plutôt bien. » marmonna t-il alors qu'il aurait voulu la couvrir de compliments plus scintillants et détaillés. mais il n'était qu'un de ces clients, et même si, aujourd'hui, il avait l'occasion d'échanger quelques mots plutôt que de la toiser de loin, tao n'aurait jamais le droit de s'immerger dans l'éclat. tout reposait sur ce jeu de distance, et maintenant qu'elle était considérablement réduite, l'enfant de fantaisies ne pouvait que se raccrocher aux fausses notes de son battant acharné. « non, pas plus que ça. » souffles brefs quand il laisse le liquide incendier sa gorge. il n'a jamais rien à faire, tao. il caresse l'ennui et s'en habille sans broncher. il cherche souvent des distractions sous les pavés de tokyo, mais n'a que la déception à enlacer. parfois, il se réfugie dans ses mélopées à lui, les berceuses maladroites d'un être abîmé mais éclatant de vie. il n'est jamais pressé, il prend son temps, parce que celui-ci n'est qu'un traître, prêt à lui trancher le cou s'il commet l'affront de vouloir vivre trop vite. il est prudent, quand il se prélasse dans les cendres d'un feu trop peu vivace. « c'est à moi de choisir? » enfantillages souriants sur son visage, flammèches pétillantes dans le profond de son regard. frétillant quand il s'illumine dans la puérilité. un brin d'excitation sous la peau, trois fois rien. tao qui rêve d'être un peu plus important que les autres, tao qui rêve d'affections étouffantes. il n'avait rien de très différent du petit garçon distrait devant les planches des manga qu'il effleurait. d'une certaine façon, c'était toujours la même chose: les mêmes rêves, le même cœur, la même passion prête à lui déchirer les organes. le crâné bourrés d'illusions et d'utopies toutes plus diaprées les unes que les autres. « c'est plutôt à ton collègue de décider, non? » des tonalités légèrement plus sérieuses dévorent les mélodies de sa voix alors que son regard bascule quelques secondes vers le garçon en question. celui-ci, qui semblait les observer dans une tentative de discrétion, avait ce brin d'autorité dans le regard. tao, improvisé habitué des lieux, s'était sûrement dit qu'il était en charge de prendre les décisions ici. « de toute façon, je bouge pas, que je doive attendre cinq minutes ou une heure, je m'en fiche un peu. » son dos se mêla au dossier de la chaise quand l'honnêteté peignait ses lèvres. maintenant qu'il pouvait se faire une idée plus précise des tons de la peau de la jeune fille, il ne comptait pas s'en éloigner. il se faisait difficilement à l'idée que quelqu'un puisse être si captivant. si happé qu'il n'avait que quelques mots coincés dans la gorge, saisie par la peur.
c'était quand tout avait du goût qu'il se sentait désorienté. toutes les saveurs qui égaraient ses sens, l'ensemble chaotique au relent d'euphorie qui se fixait contre les parois de son myocarde. étrangement, il n'aurait voulu vivre que de ça. cette impression que tout aurait pu s'arrêter en quelques secondes, et que le plus rythmique de ses organes ne dépende que de la façon dont elle mouvait ses lèvres.
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MessageSujet: Re: wondrous place ((aimi))   Jeu 25 Jan - 0:52



(musique)


[tenue] A l’Hiver j’offrirai les fleurs de l’été.
La neige se déposant délicatement sur ses cheveux d’ébènes, elle avait voilé son visage d’une pâleur nouvelle…lunaire. La glace réfléchissant les rayons blancs des jours hivernaux, s’épanouissait sur son front, et puis le reste de son visage incolore. Aimi avait vécu de flocons, telle une bonnefemme de neige, c’est l’Hiver qui avait battit ses membres, peint la poupée de teintes délavées. C’est l’Hiver qui avait embrassé le bout de son nez, la jointure de ses mains et puis les petits bouts ronds de ses doigts. Ils avaient rougis au contact de ces lèvres rosées, avant que les bleus de leur violence ne remplacent la simple brûlure du froid. Aimi avait vécu des mois de décembre soulevant la vague de janvier, les restes de février écumant le verglas. Aimi était hiémal aux sous-tons estivaux. Dans la blancheur de sa complexion, il y avait le rose des pétales des fleurs printanières, le plaisir mielleux d’un pollen flottant dans l’air. Dans le noir charbonneux de ses yeux reposait l’ambre liquide, enflammé, des soirs d’été. Mi-hiver, mi-printemps, mi-tempête, mi-éclosion, dans une nuance de rouge, elle prendrait toujours le pinceau le plus vif…dans un nuance d’anthracite, elle inventerait la plus éclatante des palettes.
Elle était née un jour bleuté, lorsque les veines du ciel transperçaient la brume laiteuse de la voûte lactée. Cette lumière différente, d’un matin à peine éveillé, plus fraîche, plus douce…il n’y avait pas de jaune dans sa personne, jamais d’orange, que de la dichotomie et du feu. Pour échauffer l’être, faire plaisir aux yeux étrangers. Ses rires étaient violets, lointains et mystérieux, parfois semblait-elle répondre à une demande passée…semblable à une blague lui revenant soudain à l’esprit, cette mélancolie de l’âme s’attachant avec affection à un cœur bien trop présomptueux pour faire attention à sa mine déconfite. Mimi la secouait, cette aura grisâtre, de son dos sans cesse, l’échine remuant dans une danse effrénée. Elle dépoussiérait la tristesse en sautant au rythme des musiques battantes, des soupirs évanescents au regard de l’astre doré et s’emparait, par le bout de l’oreille, les chagrins de la fin de l’été. Avec ses épées de malice et ses flèches de quiétude, elle poignardait sa propre chair, empoisonnait ses propres artères d’une existence trempée dans l’intoxication de la vie. Oh combien en était-elle éprise de ce mal vulgaire…de cet espoir qui terrassait les maux des nuits vertes…sous les néons d’une quelconque supérette, l’esprit divaguant sur les doutes et les inquiétudes. La boule au ventre, qu’elle se trimbalait dans son petit baluchon, l’étouffant sous des timbres et cartes postales qu’elle collectionnait avec une frénésie et un intérêt presque touchant…cette mauvaise herbe, elle s’était consolait à penser que c’était commun à l’espèce humaine. Toujours craindre l’inconnu, c’était bien trop naturel. Et c’était rassurant, plaisant même, de lire ces émotions dans les lignes noires des pages jaunies par le temps, l’usure et les respirations. C’était satisfaisant de savoir qu’elle n’était pas l’unique à ressentir ces choses, que tout le monde les partageaient dans une intensité diverse. C’était peut-être le propre des romans, nous montrer que nous n’étions que des humains…que nous appartenions à ce système complexe d’étoiles et d’atomes. De chimie et de petite magie.
Alors, le plateau trainant sur ses genoux, elle divaguait dans ses curieuses pensées la Mimi. Le regard flouté par les lueurs citrines départageant les orbes dans ses cils fuligineux, ses idées se projetaient dans l’écran de son crâne, telle une salle de cinéma, elle suivait le cours du temps…de la narration. Elle se demandait, s’interrogeait, comme à son habitude sur les détails du garçon solitaire. Ses passions et sa manière de se coucher, celle de se préparer le matin, et celle de départager les légumes de la viande dans ses plats. Elle aurait voulu, dans sa curiosité pétillante, l’observer se lever à l’aurore et s’habiller pour le travail…Osait-il formuler ces mêmes désirs dans les sillons de son cerveau ? Quels neurones s’activaient lorsqu’il posait ses yeux carbonisés sur elle…quel principe électrostatique emboitait le pas à une science dont elle ne connaissait pas même les appellations. Et de tous ces documentaires regardés, ces journaux feuilletés et articles dévorés, elle ne retenait que quelques mots qu’elle ressortait de manière hasardeuse, les usant pour pratiquement toutes les choses qu’elle ne savait expliquer. Pourquoi préférait-elle le côté gauche à celui droit ? Cela devait être dû au dynamisme complexe de la théorie de l’attention activée. Pourquoi versait-elle d’abord ses céréales avant le lait ? Inévitablement la conséquence du principe de subsidiarité de la gravitation de la Terre. Pourquoi portait-elle des chaussettes dépareillées aujourd’hui ? Surement car la paresse l’avait pris au réveil l'empêchant de chercher un peu plus dans le fond du tiroir. Sélection naturelle des chaussettes. Puis Mimi haussait des épaules, parce qu’au fond préférait-elle les questions aux réponses. Les hypothèses aux résolutions. Les possibles à la finalité. Ainsi peut-être appréciait-elle plutôt ses rêveries de monde que le voyage lui-même…c’était une petite peur, tapit là, dans l’ombre de ses tripes, timide et frémissante dans un coin de chair, existant par pics de conscience. Allongée sur son lit, observant le plafond différer selon la luminosité de la pièce, les caprices du jour ou de la nuit, son corps se dissociait parfois du reste de sa personne…et cette dernière initiait des parcours troublants dans les tréfonds de sa cervelle. De ses pensées bousculées sans cesse par les boum-boum agaçants de son cœur. Ça lui rappelait qu’il valait mieux éviter de s’y aventurer là-bas, dans le pôle nord de ses idées, dans l’hiver de son crâne.
« tu t'en sors plutôt bien. » elle ne put s’empêcher de sourire, remettant en place une mèche de ses cheveux derrière son oreille. « Je le pense aussi. » Il était vrai que les clients l’appréciaient pour sa politesse et l’attention qu’elle portait à chacun de leurs mots. Des habitués venaient déblatérer leur journée sur ses frêles (en apparence) épaules, et elle les observait simplement, scrutant l’évolution de leurs traits, comment leur face grimaçait à l’évocation de ce directeur qui les faisaient travailler même le week-end, comment le café de leur office était médiocre et que le souvenir même du parfum de ce lieu les réconfortait parfois quand le stress bouffait tout le reste. Aimi ne disait rien généralement, émettant quelques sons de surprise ou compréhension, ça n’était pas son devoir…elle devait simplement recueillir, et ne pas planter. « c'est à moi de choisir? » Elle aurait voulu qu’il le fasse, afin qu’elle se débarrasse de ce sentiment de tiraillement qui la possédait. Il était vrai, la curiosité allait tuer le chat. Un crime odieux qui la ferait peut-être rire plus tard, la gorge présentée aux astres, aux esprits, afin qu’ils y croquent et prennent une partie de sa voix dans l’écho lointain des heures nocturnes. « c'est plutôt à ton collègue de décider, non? » Keito…elle détestait secrètement la manière dont il devait dévisager la scène…de ses iris obscures il dessinait les contours de leur silhouette, les émanations évanescentes du peu de syllabes qu’ils s’échangeaient. C’était quelque-part gênant, voire douteux cette sensation d’être épiée. Scrutée et surveillée, car elle savait qu’il ne laisserait jamais le danger frôler la pointe de sa chevelure, la peine griffer le bord de son grand regard. « de toute façon, je bouge pas, que je doive attendre cinq minutes ou une heure, je m'en fiche un peu. » Mimi avait l’éraflure du soleil dans son battant, les troubles des héros dans son âme…et le romantisme perdu des écrivains défunts. Elle faisait frissonner leurs mots dans sa petite existence ; par-là, elle charmait le langage populaire pour le transformer, la banalité pour les couronner. Prenant un plaisir métaphysique à ressentir l’émoi des personnages de papiers…des cœurs de papier. Se mordant la bordure de la lèvre inférieure, elle retourna sa tête brièvement en direction de son vieux camarade, la lumière verte ne cessant de l’appeler de l’autre côté de la rive. C’était assez amusant…cette situation inhabituelle qui rappelait pourtant des instants familiers…lorsque les enfants des environs demandaient à ses parents si elle était disponible pour jouer (se battre dans les flaques de boue). Lorsqu’elle se préparait à prier sa mère de lui acheter ce joli stylo aux couleurs pastels si doucereuses. Mais la plupart du temps, elle finissait par sortir par la porte arrière de la maisonnée, ou à recevoir une friandise en récompense d’un comportement exemplaire. « Si j’ai bien saisi, » reprit-elle d’une voix plus délicate « tu as toute la journée devant toi ? » pourquoi ? comment se faisait-il ? était-il en congé ? séchait-il ses cours ? Tellement de questions vinrent se ruer contre son front, mais, accompagné d’un réel mouvement de main, elle les balaya pour se concentrer sur l’essentiel et replonger ses yeux dans ceux du garçon solitaire. Tao. « Pour ta gouverne, c’est à moi de décider. » chuchota-t-elle, de peur tout de même que Keito ne l’entende. Audacieuse sans être suicidaire. « Je pourrai partir maintenant, si tu le souhaites. » accompagna-t-elle ses murmures d’un grand sourire, quasi enfantin. C’était le visage de la candeur…bordé de ruse et de règles brisées. « Je veux dire, ce serait tellement simple…non ? » Posant son plateau sur la table, prenant soin à ne pas déranger la commande du jeune homme, elle gigota sur la chaise afin de se libérer quelque-peu des bras de tissus de son tablier. Elle avait tendance à le serrer avec force pour marquer sa taille fine, elle trouvait cela plus joli et plus plaisant à regarder également. « Je suis presque la proprio de ce lieu de toute manière » Mensonge, et il tintait dans la manière dont elle se retenait de pouffer telle une gamine. « Tu me penses pas cap ? » Elle ne savait pas très bien pourquoi elle se montrait si courageuse soudainement mais elle appréciait l’idée de pouvoir énerver son camarade. Puis ne s’était-elle pas levée avec ce vilain désir de ne pas aller travailler ?
Cap ou pas cap, un jeu qui la poussait souvent au délire complet. Un seul mot, et elle serait sienne


Pour la journée.

Et peut-être la nuit...


L’Hiver rosira et me gratifiera de son plus beau sourire. J’oublierai alors les fleurs, et la vie qu’elles insufflent inconsciemment, car la mort défie les actions. Et la charmante mort envoute les plus fous.

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MessageSujet: Re: wondrous place ((aimi))   Mer 31 Jan - 17:52


(tenue) --  les yeux capturés dans la lenteur des choses. depuis quand tao s'était-il pris d'affection pour la longueur? d'habitude, il ne trouvait même pas une once de confort dans les secondes qui s'écoulaient avec paresse. il fallait que tout se bouscule, se rencontre et se fondent en éclairs. les émotions coincées dans un train à grande vitesse, il s'en était rapidement expulsé juste pour les effluves de café. c'était ça, aussi, l'amour pour les choses nouvelles : se défaire du sens, détruire l'usuel. se laisser envelopper par des brises chaleureuses, aux sensations familières. déceler les nombres de tons dans les yeux d'aimi. et alors, ainsi, tao se sentait comme dans un musée. chaque couleur avait un sens, il suffisait d'être attentif. et le garçon se retrouvait à prendre son temps juste dans le plaisir d'être tiraillé par la curiosité. si la masse quotidienne d'inconnus affluant les rues de tokyo n'avaient jamais éveillé sont intérêt, aimi l'avait happé en ne serait-ce, qu'une poignée de demi-secondes. une sorte d'emprise sans le goût démoniaque de la chose – parce que qu'aucune douleur ne s’immisçait dans cette soudaine fascination. tao et ses attaches pour les instants. petit, il s'agissait également de toute désirer, pour des durées incroyablement courtes. difficile sans trop l'être, indécis mais hésitant. paradoxe planté dans son palais phobique de la fadeur, il lui fallait une bonne dizaine de saveurs à la foi, aussi éphémères et fugaces soient-elles.
tao craignait cependant d'être, lui aussi, éphémère. à tout absorber, se parer de tout ce qu'il trouvait en justifiant qu'il cherchait un peu de vie. en s’imprégnant même de l'anodin, il s'était vu s'évaporer. s'user aux quatre coins des rues, se répandre infimement dans chaque petite chose qui pourrait attirer la passion. parce qu'une fois que celle-ci se meurt, l'entièreté des rêves s'éteignent, masqués par une épaisse couverture monochrome. incapable de bouger, d'espérer, de se projeter, tao serait pris au piège. son âme démantelée dans tout tokyo, il n'aurait plus qu'à terriblement se regarder vivre. rien ne durait, sauf les choses les plus douloureuses. la colère de maya, la dépendance d'isao, la solitude de ran, le manque d'estime de tao. petits désastres méticuleusement déconstruits, ils étaient ces enfants à la stabilité variable, projetés sur des pavés qui ne les avaient jamais accueillis comme ils l'auraient mérité. solidaires dans le décousu, ils s'étaient pourtant tous inconsciemment appliqués à reproduire ce léger goût de désespoir. ensemble. alors, même si tao se décolorait de son éclatante envie de vivre à toute allure, il savait qu'il n'aurait pas à dépérir seul – il savait que, rien ne durait, sauf les ''pour toujours''.
mais les préoccupations sont lointaines, quand il sait de quoi vont être constitués ses nouveaux rêves. il n'a pas le temps de se laisser aller aux ombres, tao, plus maintenant, ça semble trop inapproprié, quand il a l'attention de la demoiselle. « c'est ça, j'ai tout mon temps. » peut-être travaillait-il dans quelques minutes, il ne savait pas, il n'en avait aucune idée, il n'était sûr de rien, même pas de la logique rythmique des pulsations dans sa cage thoracique. quelque chose essayait réellement d'en sortir, c'était la seule affirmation. il était prêt à la déverser, ce temps. dans tout ce qui passerait, tout ce qui concernait également aimi. le temps, il le jette par la fenêtre à la moindre occasion. parfois ça le frustre, des fois c'est juste voulu. et tandis que son visage se soumet encore une fois à l'amusement, tao se sent certain qu'il aurait pu dépenser la totalité son temps en une fraction de seconde juste pour elle. y avait-il d'autres choses, derrière ce visage? d'autres nuances de sourires, aussi délicatement peints les uns que les autres? comment sonnait sa propre mélodie? chaque petits morceaux de son existence semblait si pétillants, étincelants, que les rictus de tao y cédait à une rapidité déroutante. « maintenant? tout de suite? vraiment? » (alors autant s'enfuir à toute vitesse, dépêches-toi.) ça n'était peut-être pas si irréel. peut-être arriverait-il à lui montrer les toits, un jour, les horizons qu'il n'atteindra jamais, les notes inaccessibles. peut-être que ça n'était pas si momentané. à cette simple idée, l'esprit de tao s'emballa d'une toute autre manière, encore plus enjouée, sûrement. « je le souhaite. » ajouta t-il en imitant innocemment les éclats de la jeune femme, l'air enfantin et la douceur fraîche qu'elle dégageait quand elle parlait avec des ''si''. il la pensait capable de beaucoup de choses, quand il décelait les grains de mystérieux qui se promenaient sur les traits harmonieux de son visage secrètement étudié. « c'est à toi de me le prouver. » répondit-il en engageant un peu plus le défi. ça le surprendrait, et au fond, il ne demandait que ça. il s'empara de sa tasse et la termina, ne quittant les yeux d'aimi que pour quelques vagues secondes. « cap de partir d'ici, avec moi, sans rien dire à ton collègue? » éclats enfantins dans son regard d'ordinaire sombre, alors qu'il glisse sous la coupelle le montant de l'addition qu'il connaît déjà. évidemment excité à l'idée de défier un semblant d'autorité, de se jouer de l'interdit aux yeux de tous. et encore plus à la pensée de découvrir aimi en dehors du décor caféiné, il était absolument persuadé qu'elle n'en serait que plus intéressante.
et ravissante à en devenir défaillant, certainement.
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