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 favourite worst nightmare (hyunseong)

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MessageSujet: favourite worst nightmare (hyunseong)   Mer 31 Jan - 3:38

 
t'es étouffé par les fumées. cigarettes, weed, chicha, et autres conneries qui ne sont là que pour vous cramer les poumons.
t'es aveuglé par les néons, la boule disco, les flashs des caméras, les snaps qui se prennent, les souvenirs qui se gravent et les photos qui vont être regrettées le lendemain.
t'es assourdi par la musique. dj qui te pète les tympans, qui anime la petite foule venue se frotter les uns contre les autres dans l'espoir de pécho, ce soir, tous venus prier bacchus auprès de ses fontaines d'alcools. chacun fait chanter ses démons, ou essaye de les faire taire.
ce soir, tout le monde est possédé.

et t'es là, dans ce monde que tu ne connais pas trop, moitié intimidé moitié ennuyé. le mec qu'on ramène pour qu'il nous accompagne chez nous quand on est trop torché, trop clean pour qu'il fasse quoi que ce soit, trop gentil pour qu'il refuse de rendre service. alors il reste planté là, le temps qu'on finisse. il joue avec le chien, lit un livre, se cache dans les toilettes, pour pas rester coincé sur le canapé entre deux couples qui se galochent. il se sent à l'étroit, avec tous ces gens qui dansent et qui s'amusent. il est intrus, et il se sent mal de ne pas pouvoir s'intégrer, d'être aussi coincé.

ce soir il décide de casser cette routine.
le vodka cola dans les veines, du gin tonic, et d'autres mélanges douteux, qui contiennent un peu trop de tequila. il essaye, il expérimente. parce qu'il n'a jamais eu l'occasion de le faire. il veut faire comme les autres. le monde des fêtes n'a jamais été le sien. il n'a pas le temps, pour ça. il a tué son adolescence en s'acharnant sur ses cahiers, sur le boulot.

tolérance inexistante, corps trop frêle, la combinaison d'enfer.

tu es content, pour une fois. tu planes, même, sourire niais collé au lèvres, tu rigoles pour un rien. tu t'es fait des potes, bordel de merde, le putain d'exploit. tu n'as probablement jamais autant dansé, t'as un peu l'air con et hors de toi, mais tu es vivant. (ça fait longtemps.) tu n'as pas besoin de raison, ni de cohérence ce soir. c'est surcoté, de toutes les façons.
(regarde où ça t'a mené, la raison.)
(la solitude.)

oh non, tu n'es pas seul, ce soir. y'a la bouteille et la joie. y'a bacchus et eros, les apollons et les vénus, peut-être même que jésus est invité dans cette orgie des sens.
tu ne t'es jamais senti aussi bien, et tu veux le hurler au monde.

un message.
puis dix.
puis vingt.
le "appelle moi si tu veux" pris un peu trop au sérieux.
ces mêmes messages que tu vas relire le lendemain en regrettant ton existence entière.

tu ne sais pas ce que tu attends. tu n'es même pas conscient de ce que t'as fait, probablement. t'es en osmose avec les étoiles, parce que c'est bien mieux que les regrets. les lumières de la pièce sont en train de s'éteindre, alors il t'en faut d'autres. la fête est finie, mais pas celle dans ta tête.

il vient me chercher. tu titubes, tu ricanes, alors que tu passes cinq minutes à essayer de te soutirer du canapé. je dois aller le voir.
le mur devient ton seul appui, avec ta motricité partie en vacances. il me manque. cette fois tu ne te censures pas.

tu essayes de descendre les escaliers, lentement. il n'y a pas d'ascenseur.
(tu as tenté pendant dix minutes d'en trouver un, toquant même chez les voisins, mais rien.)
tu t'en sors, au début. un étage ou deux, tu ne sais plus. chaque marche te prend un siècle et ta tête tourne un peu trop.
pas de marche arrière, il arrive bientôt.

chute et hématomes.
bravo.
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MessageSujet: Re: favourite worst nightmare (hyunseong)   Sam 3 Fév - 5:38

il y a de ces gens qu’on n’oublie pas facilement.

ceux avec qui la distance n’est qu’un détail. parce que même s’ils sont plus là, ils le sont toujours, d’une certaine manière. dans la façon dont une autre personne rit ou sourit ou gesticule avec les mains en parlant, dans les répliques d’un film, les paroles d’une chanson ou l’odeur d’un café le matin. toujours les petites choses insignifiantes qui font partie intégrante de nos vies et quand on y rattache une personne, elle s’immisce constamment dans celle-ci.
au plus profond de soi-même, aussi. dans ses émotions, sa façon de voir les choses, de réagir au chose. de réagir à soi-même. ces gens qui laissent des traces indélébiles même si on se dit que c’est fini, qu’on a oublié, qu’on s’en est remis et qu’on est passé à autre chose.

jinsuk fait partie de ces gens.

peut-être que tu l’avais oublié lui. la personne, le corps fait en chair et en os, avec un nom et un visage qui ont toujours fait partie de toi. mais votre vécu ? ce que vous avez traversé, ce qu’il t’a fait ressentir, ce n’est jamais parti. t’as juste oublié le nom que tu donnais à ces choses-là.
maintenant tu peux pas l’oublier. il apparaît sans cesse sur ton écran, encore et encore. chiffres d’un numéro inconnu qui se transforment en lettres répétées, quémandant sans cesse ton attention. tu pensais que ça s’arrêterait, qu’il finirait par décider de profiter de sa soirée au lieu de te harceler, par faire tomber son téléphone après avoir fini trop bourré pour le tenir correctement, pourtant les notifications continuent de se multiplier incessamment.

soirée calme troublée par des messages auxquels tu ne peux t’empêcher de répondre. par ton inquiétude alors que tu ne peux pas t’empêcher de t’imaginer dans quel état il doit être. sale état, entouré de gens qu’il connait à peine. t’as envie de l’engueuler, lui demander ce qui lui a pris de faire ça, l’appeler pour lui crier d’arrêter de faire le con et rentrer chez lui aussi fort qu’il le faudra pour qu’il t’entende par-dessus la musique et le bruit des invités, aussi fort qu’il le faut pour évacuer ta frustration.

tu te retiens. t’as plus le droit. il n’est plus ta responsabilité. il n’est plus tien tout court.

mais ça te rattrape.

l’inquiétude maladive, et sans doute un peu de possessivité. jalousie de savoir qu’il est en compagnie d’autres personnes dont tu ne fais pas partie – des personnes qui pourraient profiter de lui alors qu’il est dans cet état, et putain tu te sens pas lui éclater à la gueule en message ni te précipiter au volant de ta voiture, prêt à aller à sa rescousse. tu te sens pas débouler en furie dans l’immeuble, appuyer plusieurs fois avec impatience sur le bouton de l’ascenseur avant d’abandonner l’idée de l’attendre parce que t’as pas le temps, plus tu traînes plus il risque de se faire du mal et tu peux pas prendre de risque.

tu te sens pas dévaliser les escaliers, deux marches à la fois, tu sais même pas si tu te souviens du numéro de l’étage mais de toute façon tu sauras que t’approches quand t’entendras le bruit.
et tu te sens pas pousser le soupir le plus long de ta vie quand tu tombes enfin face à lui, accroupi sur une marche.
soupir à la fois de désagrément et de soulagement. « putain jinsuk, j’avais dit pas les escaliers. » tu lèves les yeux au ciel et te baisses à sa hauteur. tes mains se collent tout de suite à son visage pour le faire rencontrer ton regard, vérifier sa température, t’assurer qu’il va bien, n’importe quoi tant que tu te rappelles qu’il est là et que ça ira. « qu’est-ce qui t’a pris, franchement… » tu te plains, maugréés tout seul alors que t’essaies de l’aider à se relever avant de te rendre à l’évidence qu’il est pas en état de tenir debout. tes bras passent machinalement sous ses genoux et autour de son dos et tu le soulèves sans effort alors que tu descends déjà les marches, toujours aussi pressé de te casser d’ici, de l’emmener loin d’ici, loin du bruit et des gens et de l’alcool et de tout ce qui pourrait lui faire du mal.

(pour ça, faudrait que ce soit qui parte en premier.)

évidemment, tu te plains tout le long du chemin jusqu’à ta caisse. tu le lâches pas avant de l’embarquer dans la voiture, la ceinture du siège passager bien bouclée. tu vérifies qu’elle l’est bien une dizaine de fois avant de te mettre au volant, aucun risque à prendre.
et puis tu conduis, et c’est tout.
le trajet est silencieux, tu dis plus rien. t’as juste le regard rivé sur la route et les poings crispés autour du volant. tu devrais te détendre de savoir qu’il est enfin avec toi, enfin en sécurité, mais tu seras pas tranquille avant d’arriver chez toi, de le mettre au lit et de s’assurer qu’il va réellement bien le lendemain.
(et surtout, tu lui en veux un peu. d’avoir été assez con pour ce mettre dans cet état, et toi aussi par la même occasion)
(le sang qui bouillonne et le cœur qui palpitent toujours sous la panique. tu ressens enfin les battements incontrôlés maintenant que t’es au calme)
(peut-être que c’est pas juste le stress)

le silence qui règne en maître alors que tu le portes encore jusqu’à ton appartement. le lieu est toujours aussi calme mais t’as l’impression que ça pèse beaucoup plus cette fois. sûrement la tension, du coup dès que tu le poses sur ton canapé tu t’exiles vers la cuisine pour te détendre et boire un grand verre d’eau avant de lui en ramener un. « bois. » simple commande, puis encore rien. tu restes planté là devant lui, tes mains posés sur tes hanches puis passant sur ton visage pour ponctuer un énième soupir.
tu finis par te laisser tomber à côté de lui, ton regard évitant le sien. puis il se pose enfin sur lui et ça sort tout seul. « tu m’as fait une de ces peurs jinsuk. » l’air sterne et grave qui le toise, avant de réaliser qu’il est chez toi, avec toi, sain et sauf. il ira bien, tu assureras ça. « ne fais plus jamais ça, d’accord ? » le ton et le regard plus tendres et doux. tu croises ses yeux et souris furtivement alors que ta main tapote maladroitement son genou pour une raison qui t’échappe. « ça va ? »


- - - - ☆ - - - -

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MessageSujet: Re: favourite worst nightmare (hyunseong)   Dim 4 Fév - 0:47

 
tu as soigneusement maintenu la distance pendant des années. cercle d'amis, adresse, numéros changés, photos et conversations supprimées, au nom du souhait de ne plus se reparler. tu ne te souviens même plus si tu as pris la peine de t'expliquer ou pas. tu ne veux pas t'en rappeler.
tu te demandes s'il avait essayé de te recontacter, s'il n'avait pas fini par apprendre le message d'accueil de ta boite vocale, s'il te cherchait dans la foule de temps en temps, s'imaginant une scène de film où tu vas courir pour te réfugier dans ses bras. "je suis désolé d'avoir été un salaud, je suis désolé d'être parti sans rien dire, je suis désolé de ne pas avoir fait d'efforts pour nous sauver, je suis désolé d'avoir abandonné ce qu'on a vécu, je suis désolé de m'être réfugié dans le déni confortable."
mais il a compris, comme tu l'as fait, que vous n'alliez causer que destruction mutuelle, qu'il ne restera plus rien de vous si vous continuez dans ce chemin.

tu ne t'es jamais autorisé à faire le deuil, toujours là à chasser la moindre chose qui pourrait te rappeler l'existence de hyunseong, à essayer d'oublier ce qui s'est passé, à te distraire.
à te péter la santé tes quarante boulots à temps partiel.
à frôler le burn out.
à te sentir proche de l'évanouissement dans le métro parce que la foule t'épuise et que t'as oublié de manger et boire pendant deux jours.
parce qu'il n'y a plus personne pour t'occuper de toi. pour t'empêcher à succomber à tes tendances auto-destructrices, à la négligence.
tu as essayé d'effacer les plus belles années de ta vie sans vraiment y arriver. tu pensais même avoir réussi. et il a suffi de le voir une fraction de seconde pour que tu reviennes à la case départ.
(parce qu'il est ton début et ta fin.)
pour que tu passes plusieurs nuits à rejouer la scène — tel un disque rayé ou une cassette bloquée qu'on essaye de faire fonctionner — et en fantasmer d'autres — comme un adolescent souffrant d'un amour non réciproque. pour que tu composes dix brouillons de messages sur ton téléphone, prêts à être envoyer. pour que tu essayes sans succès de comprendre pourquoi ça avait éclaté, pourquoi tu étais parti.
la haine et la colère ont quitté tes tripes depuis longtemps, pour laisser place à la nostalgie qui les remue. mais peu importe, tu te consumes comme une cigarette oubliée dans un cendrier, complètement abandonné à la braise destructrice.
(et il n'en reste plus rien)
(des cendres)
(et le froid qui glace le cœur)

mais tu n'as pas froid, ce soir.
tu as chassé la tristesse à coup de shots. ton estomac brûle au contact de ces substances étrangères, et ton regard pétille pour la première fois depuis longtemps.
c'est soit l'alcool, soit la présence de hyunseong.
hyunseong, qui est encore à ta rescousse, prêt à te sauver comme il l'a fait il y a une dizaine d'années. tu ne sais pas si tu mérites cet énième salut, si tu ne devrais pas plutôt ignorer cette silhouette devant toi, qui se précipite pour t'aider. tu avais regretté à mi-chemin tes messages, pleuré un peu en descendant tes escaliers, grogné à la douleur qui te déchire la cuisse.
"j'avais dit pas les escaliers aussi mais je voulais pas te laisser attendre et je m'ennuyais et je sais pas ce qui m'a pris je pensais que j'allais pas vraiment galérer et"
marmonnements incohérents, interrompus par les mains froides sur ton visage et les bras qui te soulèvent et ton cerveau qui se mets en pause face à ce contact.
tu te contente de t'accrocher à lui, princesse en détresse, qui ne veut même pas le lâcher quand il la dépose dans la voiture.
"mouais mouais continue à te plaindre, t'es chiant"
(tout est flou sauf son visage et son torse et ses bras et)
(merde)
(tu as hâte de blâmer l'alcool demain, de l'accuser de toutes les conneries que tu vas probablement faire aujourd'hui)
(mais t'es trop défoncé pour t'en soucier, maintenant)
(il n'y a que lui, et les voitures qui défilent, et la musique qui résonne encore dans ta tête, et tes oreilles qui bourdonnent, et le sourire serein accroché à tes lèvres et tes yeux qui se referment doucement.)

tu te sens lourd. lourd mais putain de paisible. ça t'a manqué, ce sentiment. tu oublies à quel point tu aimes l'alcool, parfois. que la solution est facile, pour taire la cacophonie de voix qui te disent que tu ne sers à rien et que tu détruis tout ce que tu touches, y compris toi, et qu'on ne va t'aimer que si tu te plies en quatre, que tu fais le mec gentil et serviable.

c'est peut-être le canapé le plus confortable du monde, ou la cuite de ta vie. tu bois le verre qu'on te passe, veillant à t'y accrocher et ne pas le faire tomber avec tes mains qui tremblent et ton corps qui te lâche, prêt à t'abandonner. tu le déposes à côté de toi, la table trop éloignée.
il s’assoit, et ton premier réflexe et de passer ton bras autour du sien pour te blottir contre lui, une fois tes chaussures balancées n'importe où par terre. "fais moi la morale après, je suis fatigué" tu as juste besoin de sa présence réconfortante, de retrouver la sécurité qu'il t'a toujours offerte. "désolé de t'avoir fait peur, ok, j'ai merdé ce soir" et tu comptes continuer à le faire. "je vais bien" tu lèves ta tête pour que tes yeux rencontrent les siens et que ton cœur fasse un bond ou dix. "ne t'inquiètes pas" ton bleu est le cadet de tes soucis, une blessure parmi d'autres que tu vas t'infliger ce soir, si tu continues comme ça. "merci de prendre soin de moi" mots marmonnés, spontanés, la fièvre délirante de la liqueur. "tu n'as pas changé" tu ne sais pas si c'est un compliment ou pas. tu relâches ton emprise sur lui pour changer de position et poser ta tête sur ses genoux, franchissant toutes les lignes, cherchant le confort.
(et l'amour que tu as perdu.)
(tu te demandes s'il en reste quelque chose.)


Dernière édition par Seol Jin Suk le Sam 10 Fév - 21:08, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: favourite worst nightmare (hyunseong)   Dim 4 Fév - 5:30

tout a été de sa propre volonté.
le jour où il est parti du jour au lendemain en claquant la porte derrière lui sans aucun retour. les appels non retournés, les coordonnées changées, les amis en commun, seuls contacts restants, éliminés. tous ses profils de réseaux sociaux à présent inaccessibles et seulement pour toi. c’est lui qui a décidé de tout ça et s’y est fermement tenu pendant trois ans. trois ans sans le moindre contact. quand la fureur et l’amertume de t’être fait lâcher te sont passées, c’est l’inquiétude qui s’est emparée de toi. celle de ne pas savoir ce qu’il faisait, comment il allait, où il était, avec qui il était. pas par jalousie aveugle, mais par instinct d’un homme qui a passé sa vie à en couver un autre et qui en a été soudainement privé.

ton estime de toi-même en a pris un coup. elle reposait presque uniquement sur ta capacité à prendre soin de lui, et le perdre t’en a empêché. le perdre t’a fait réaliser que tu n’y as jamais vraiment excellé. les moments de fierté et d’arrogance où tu te disais qu’il n’arriverait sûrement pas à fonctionner correctement sans tes petites attention, tes appels fréquents, tes rappels de manger et boire et se reposer et prendre soin de lui-même rapidement annihilés par la réalisation qu’ils ne valaient rien face à tout ce que tu as du lui faire subir.
alors t’as du l’accepter.
te rendre à l’évidence qu’il n’était plus là et qu’il fallait trouver autre chose pour remonter ton self-esteem.
les conquêtes multipliées, relations ratées où tu n’étais pas vraiment amoureux, tu t’y engageais juste pour te convaincre que tu pouvais encore signifier quelque chose pour quelqu’un. les amitiés sans valeur aussi, où tu t’évertuais à prendre soin de personnes pour avoir l’impression d’être utile avant de te rendre à l’évidence qu’elles ne valaient rien à tes yeux.
puis t’as trouvé dieu, t’as trouvé la foi de changer, t’as trouvé un job, t’as trouvé juno. tout allait pour le mieux. tu t’es convaincu que c’était supposé se passer comme ça. que ça aussi c’était pour le mieux.

tout ça, c’est parti de son choix.
et il est en train de revenir dessus.

t’essaies autant que possible d’ignorer les notifications. de garder ta soirée non perturbée par ses messages et ta vie par son existence. tu sens le progrès se défaire, les regrets revenir en même temps que chaque nouvelle sonnerie de ton téléphone. et t’as envie de fermer les yeux, te dire que t’as pas fait tout ça pour rien, que lui non plus, que tout était bien comme ça et…
tu peux pas.
t’as pas le temps de le faire que t’es déjà en face de lui. tes mains plaquées sur son visage alors que tu lui murmures un « tais-toi, jinsuk » en l’examinant, un peu pour l’empêcher de se fatiguer et beaucoup parce que t’as l’impression que plus il parle, plus tu vas regretter.
tu regrettes déjà, en fait.
depuis que t’as pris tes clés pour venir le chercher. non, depuis que t’as ouvert le premier message. ou même avant, depuis que tu t’es retrouvé à attendre qu’il te recontacte. depuis que tu t’es retrouvé à ses côtés à l’église et que t’as su, pile à cet instant, que t’arriverais pas à le laisser repartir.
il n’est pas question de repartir, d’aller nulle part. jinsuk doit rester avec toi. ce soir, au moins. alors tu l’invites à l’intérieur de chez toi, malgré lui, lui octroies sa place sur le canapé sans plus attendre et lui sers un verre d’eau avec insistance après avoir réussi à te calmer un tout petit peu. ta mâchoire et tes poings un peu moins crispés que tout le long du trajet dont le calme t’a trop laissé penser à la situation et à quel point elle te dépasse.
tu t’affaisses à ses côtés et tu sais pas quoi faire à part la morale. instinct qui est ton seul repère dans cette situation à la foi étrangère et beaucoup trop familière, d’une familiarité que t’aurais préféré ne jamais revisiter. « t’es chiant, » soupir et roulement d’yeux, pourtant ça t’empêche pas de tapoter doucement sa cuisse, demandant s’il va bien avec sincérité. rassuré de voir qu’il va bien, même s’il est bourré, qu’il dit sans doute n’importe quoi, que le lendemain il se réveillera peut-être avec maintes blessures (et regrets) dont il n’est même pas conscient en cet instant. « bien sûr que je vais m’inquiéter. » les regards qui se croisent et tu ne peux réprimer le sourire qui étire tes lèvres.
et qui s’affaisse aussitôt. « me remercie pas. » pas de fausse modestie, juste une requête sincère et stricte. parce que tu devrais pas être en train de faire ça ? il devrait pas t’avoir demandé de faire ça. et ton expression, ton humeur changent d’un coup. aussi vite qu’il est réapparu dans ta vie. « bien sûr que si j’ai changé, jinsuk. » le ton sec, insupporté par cette insinuation. le rappel de la personne que t’étais trop acide, le goût de tes mots durs et détestables toujours brûlant sur ton palais. « en trois ans j’ai eu le temps. » t’as changé, t’as changé. t’es plus le même, t’as travaillé dur pour ne plus l’être.

et tu le laisseras pas détruire tes efforts.
« et puis tu peux pas juste faire ça ! » tu te lèves d’un coup, la proximité devant insupportable. sa présence insupportable. tu n’es pas sûr si c’est plus sa faute ou la tienne. parce que si t’avais pas été comme ça, rien de tout ça ne se serait passé. tu serais pas dans cet état maintenant. « tu peux pas juste sortir te bourrer la gueule n’importe où avec n’importe qui sans raison, ok ? t’es pas un lycéen puceau assoiffé d’adrénaline. même quand t’étais lycéen t’as jamais fait ces conneries, putain. » parce que t’étais là pour l’en empêcher. parce que t’étais là pour qu’il en ait même pas besoin.
mais qu’est-ce qui a changé, en fait ? après tout t’es là, maintenant.
t’es là pour lui, pour t’assurer qu’il ne va rien lui arriver, c’est bien. mais dans le grand ordre des choses, ça ne présage rien de bon. ça veut dire que c’est toujours toi qui dois venir le ramasser. que c’est toujours sur toi qu’il compte pour venir le ramasser, qu’il se repose encore sur toi, qu’il pense toujours à toi et que ça n’a servi à rien.
« et tu peux pas juste m’appeler pour venir te ramasser à la petite cuillère, tu comprends ? » tu contrôles plus le volume de ta voix, ni l’index qui le pointe incessamment avec colère. tu devrais avoir honte de toi-même, t’en vouloir d’être revenu à ces habitudes de merde. mais aujourd’hui ta furie est justifiée. et peut-être que ce n’est même pas que de la furie. dans tes yeux, dans ta voix qui tremble et ta mâchoire qui se serre toujours plus il y a de la peur, la peur ingérable de perdre tout ce que t’as construit pendant ces dernières années, d’avoir cette homme de nouveau dans ta vie, de lui faire mal une nouvelle fois.
« tu peux pas juste débouler dans ma vie comme ça, sans prévenir. après trois ans jinsuk. pas trois semaines, pas trois mois, trois putain d’années. » tu tournes plus en rond dans la pièce en gueulant fiévreusement, comme si tu te disais ces choses rien qu’à toi-même. cette fois t’es planté à ta place, face à lui, tes yeux ancrés dans les siens et ton doigt ponctuant toujours gravement chaque reproche, comme si tu les enfonçais un peu plus en lui. « t’as pas le droit de me faire ça. »



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MessageSujet: Re: favourite worst nightmare (hyunseong)   Dim 4 Fév - 13:50

 
ça commençait toujours comme ça. la furie, le dégoût, les mots durs, les portes qui claquent pour laisser l'odeur du poison dans la pièce. le silence pesant. toi, assis dans un canapé similaire à celui-ci, perdu dans tes pensées, parfois avec les larmes qui coulent sur tes joues, d'autres fois les poings serrés qui regrettent n'avoir rien fait, de ne pas avoir réagi, d'être resté dans la passivité. puis tu te lasses, incapable d'être rancunier. il te manque, même s'il est à côté. alors tu le rejoins dans votre chambre où il s'exile à chaque fois et tu t'excuses.
parce que tu ne supportes pas l'idée qu'il te déteste.
parce qu'il est la seule chose bien dans ta vie.
parce que tu n'as jamais pu lui tenir tête.
parce que sa simple présence te fait tourner les tripes, papillons qui viennent te dévorer l'estomac, qui t'empêchent de réfléchir.
et tu attends le prochain épisode.
et de toutes les façons, tu finis toujours par être le fautif, rien ne va changer.

ton cerveau conscient s'est détaché de ton corps depuis tout à l'heure. tu es engourdi, juste un spectateur à cette scène surréelle, à ce film qui ne veut pas se finir, qui enchaîne plot twist après plot twist pour que la fin finisse tout de même par être prévisible, sans que tu puisses bouger pour prendre la télécommande et le mettre en pause, et revenir à ta routine. auto-pilote, tout a l'air vide. ses mots sont creux, et t'essayes de ne pas les entendre. de ne pas réaliser que tout est de ta faute. que c'est toi, finalement, le responsable. tu te caches derrière ton mur de verre, et tu le regardes, énervé, gesticulant dans tous les sens.
comme d'habitude.
parce que tout est familier.
tu devines ce qu'il est en train de dire.
tu te sens frémir et te recroqueviller sur toi-même, toujours allongé, trop épuisé pour faire quoi que ce soit.
chien battu.
ton corps n'est plus tien, et tout ce que tu fais n'est qu'ancien automatisme que tu utilisais pour te protéger de lui. pour ne plus l'entendre. l'ignorer. t'empêcher d'aggraver la situation.
(et aussi parce que t'as peur.)
(tu as toujours eu peur de lui.)
(et peur de tes sentiments pour lui, qui justifiaient toutes ses conneries.)

ton départ était un miracle.
ou une malédiction, tu ne sais pas encore.
tout ce que tu as fait c'est croquer la pomme et te jeter hors de l'eden.
défier dieu.
(lui.)

mais il est quand même resté une référence. des "conquêtes" qui se comptent sur les doigts d'une main. des âmes plus perdues les unes que les autres. tous là à te détruire, à te rappeler la présence de hyunseong. peut-être que cette fois est la bonne. peut-être que tu vas pouvoir corriger leurs défauts. peut-être qu'ils vont réussir à le remplacer. peut-être que cette fois tu ne vas pas finir en miettes pour quelqu'un autre. peut-être que cette fois tu vas passer à autre chose.

enchaîner les illusions n'a jamais fonctionné. son poison n'a jamais quitté ton organisme, ton cœur est resté avec lui, et tu cherches, depuis le temps, quelque chose d'assez intense pour simuler un battement, un sourire, une vie. parce que tu as perdu tout ça au même moment où tu as perdu hyunseong.
tu ne t'es plus senti vivant depuis trois ans. parce qu'il n'était plus là.

mais il est là, maintenant.
pour une fois.
il est là et ton corps brûle pour sa présence, pour que tu lui voles quelques instants de paix pour recoller quelques morceaux de ton âme.

sa colère efface tous les sourires sincères qu'il t'a adressés ce soir.
comme d'habitude.
comme d'habitude.
comme d'habitude.
ça ne change jamais.

mais cette fois, il a raison.
c'est peut-être la première fois qu'il a raison, de te faire la morale.
(il n'a même pas eu besoin de te manipuler pour le croire.)
(c'est clair, c'est limpide.)
(pour une fois.)
tu n'aurais pas dû venir. tu n'aurais pas dû succomber à ton égoïsme, à ton corps en chien, aussi, à ton cœur endolori et tes espoirs de merde, comme si ta présence allait changer quelque chose, comme si revenir en arrière allait effacer toutes ces années, comme si vous pouviez recommencer à zéro.
comme si un jour, tu pourrais te débarrasser du poids qui pèse sur ton estomac, qui se fait ressentir à chaque pas.
t'es con.

alors tu soupires, toi aussi. tu te relèves, lentement. tu portes tes mains à ta tête, pendant un moment, pour soulager le bourdonnement. tu le laisses finir.
tu te lèves, difficilement, pour le rejoindre. ta tête tourne et tu n'as pas envie de faire ça. tu veux juste le silence. tu veux qu'il arrête de te crier la vérité à la gueule.
parce que sa voix ressemble à celles qui te font la morale la nuit, qui t'empêchent de dormir, qui enterrent ton estime de soi six pieds sous terre, qui t'empêchent d'être heureux.
parce que sa voix ressemble à celle que tu entends quand tu dors, cette même scène vécue vingt fois, dans dix lieux différents, avec d'autres scénarios. et à chaque fois, le rêve finit brutalement avant que ta conscience ne soit rassurée.
les regrets, encore.

tu vois la colère qui irradie de lui. tu as peur de le toucher.
tu t'approches de lui, quand même.
il a arrêté de faire les cent pas.
ton sourire s'est effacé, et tu t'efforces d'être sérieux, de ne pas pouffer de rire ou d'éclater en sanglots, parce que l'un est aussi probable que l'autre.
tu prends son visage entre tes mains.
"je vais profiter de l'alcool pour te dire ça"
"j'ai jamais eu les couilles de faire ça, ok ? j'ai jamais eu de couilles de toutes les façons et là j'ai une excuse, du coup tolère moi pendant cinq minutes puis je vais me casser, je vais appeler un uber et tu n'auras plus jamais à être en colère contre moi, je vais plus jamais te déranger et j'vais supprimer ton numéro, tout ça. tu as eu ta dose"
les mots sont entrecoupés, mélangés, marmonnés, vapeur d'alcool qui s'échappe à tes lèvres, cette même liqueur qui t'empêche d'enchaîner une bonne phrase, de formuler ce que tu veux dire. (mais ça change pas de ton habitude.) tu fermes les yeux, un moment. réflexion douloureuse.
"écoute moi maintenant. s'il te plait ne parle pas parce que déjà là je galère à réfléchir et j'veux vraiment faire ça. c'est la première et dernière fois ou je vais expliquer tout ça, parce que sinon je vais pleurer et j'ai pas envie de faire ça encore."

"j'ai coupé contact parce que je savais que j'allais finir dans cette exacte position. que j'allais céder. qu'il suffirait de te voir. je pouvais pas. ça pouvait pas continuer comme ça. j'étais fatigué. je suis fatigué, là. je pouvais pas, les disputes, tout ça, tu sais de quoi je parle, et j'ai pas envie d'en reparler parce que plus j'y pense plus je sens que j'étais con. je sais pas si tu en avais marre, toi. j'avais l'impression qu'on ne faisait que se mentir. à chaque fois je me disais que c'était une mauvaise période, que ça allait s'arranger. ça s'arrangeait, oui. on finissait par baiser et s'aimer sans résoudre le problème. et ça recommençait deux jours après. j'en pouvais plus. je merdais tu t'énervais et ça finissait jamais."


tu le lâches, après avoir déballé ton discours à deux balles d'une traite, après avoir résisté à toutes les tentations du monde, avec tes mains sur son visage et son souffle contre le tien et vos yeux qui se rencontrent avant que tu ne détournes le regard ou que tu perdes le focus pour fixer le vide.
"je sais pas si c'que je raconte a un sens, si tu m'comprends, là, je sais même pas ce qui m'a poussé à me casser mais putain que c'était con"
silence. tu sais pas ce que tu attends. tu devrais partir, même si t'es pas en état. la joie de tout à l'heure s'est dissipée. il n'y a que le froid de ta tristesse, et le feu dans ton estomac. celui de l'alcool et de hyunseong.
"je pense que j'ai besoin d'une douche ou un café pour me réveiller, après j'peux aller chez moi à pieds"
parce que tu as peur de la braise qui est devant toi, et qu'il vaut mieux se casser.
"j'aurai pas dû t'appeler, j'étais trop torché pour me contrôler j'pense ...
'fin je le suis toujours mais voilà bref"

l'extase est passée, maintenant qu'il est là et que vous êtes revenus à vos anciennes habitudes. il ne reste que le goût du tabac et de l'alcool pas cher dans ta bouche, mêlé à la déception, qui te ramènent sur terre.
barre toi d'ici et va mater une série, branle toi, même, fais un câlin à ton oreiller, repose toi, pense à ton boulot demain et arrête ces conneries. fais comme d'habitude.


Dernière édition par Seol Jin Suk le Sam 10 Fév - 21:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: favourite worst nightmare (hyunseong)   Sam 10 Fév - 2:43

 
tu devrais t’en vouloir.
ce serait pas la première fois que tu hausses le ton avec lui sans lui laisser la chance de se défendre. ce serait pas non plus la première fois que tu regrettes de lui parler de la sorte, de le coincer et l’attaquer jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus. aujourd’hui t’as aucun remords, même pas un peu. encore moins que les fois où tu lui prenais la tête pour rien et que ta fierté démesurée te convainquait que t’avais raison de le faire.
pour une fois, c’est le cas. pour une fois ta colère ne vient pas d’un détail insignifiant exagéré, alimenté par ton manque de confiance (en toi-même surtout) qui te fait croire que tout est un bon prétexte pour t’inquiéter, pour te laisser exploser. cette fois elle vient du manque d’égard de jinsuk. elle vient de son égoïsme, alors qu’il se permet de refaire surface dans ta vie après trois ans de silence radio, trois ans passés à tenter de te remettre et t’éloigner de ce que vous avez vécu, de ce que tu lui as fait, de la personne que tu étais.
il se permet de piétiner ton progrès, comme s’il revenait avec ce qu’il t’a arraché pour te le jeter à la gueule. comme s’il avait tous les droits sur toi, comme s’il voulait te rappeler à quel point il a été ta vie entière, à quel point t’étais prêt à tout faire pour lui. peut-être qu’il veut se convaincre que c’est toujours le cas. mais tout ce qu’il fait c’est te faire réaliser que ça l’est.

alors c’est à lui que tu en veux.
pourtant c’est pas juste pour toi-même.
c’est pas juste parce que t’as peur de retourner à zéro. de perdre tout le travail que t’as fait sur toi-même jusqu’ici.
c’est surtout pour lui.
parce qu’il a choisi de te laisser, et il avait raison de le faire. il avait raison, t’as jamais eu l’occasion de lui dire mais tu pensais pas avoir besoin, parce que tu pensais qu’il le savait déjà. qu’il était déjà sûr de sa décision et qu’il ne comptait pas revenir dessus.
t’as eu tort.
c’est peut-être pour ça que t’es en colère ? parce que t’as tort.
ou parce que t’as peur.
tu le vois et tu te rappelles juste. tout.
pas les bons moments, évidemment. c’est pas le bon climat pour repenser à ça.
(et surtout tu t’efforces de pas y penser parce que t’as peur de te rendre compte que ça te manque. peut-être que c’est pas le cas, mais t’évites quand même. c’est dans le passé. ça ne doit pas revenir.)

il y a juste quelque chose dans cet instant qui fait remonter tout ça. c’est ta tension, ton stress, son sale état. ta voix qui résonne dans la pièce et le regard dans ses yeux qui y répond. tu as un court moment de lucidité pendant ton speech et quand tu réalises à quel point tu cries fort, quand tu vois la façon dont il est replié sur lui-même comme s’il ne voulait que disparaître, t’as un haut-le-cœur. tu te dégoûtes, parce qu’au final, c’est vrai ; t’as pas changé. peu importe à quel point t’as raison cette fois, peu importe à quel point t’as le droit de t’énerver. tu te dégoûtes de lui parler comme ça, de le mettre dans cet état. parce qu’après tout s’il est là, s’il a pris la peine de t’appeler, c’est parce qu’il a besoin de toi, non ?
et tu le laisses tomber, comme toujours.
tu te donnes des allures d’ange alors que tu ne fais que l’enfoncer encore plus, comme toujours.

ça t’arrête net.
tu dis plus rien. t’as l’air toujours aussi dur, histoire de pas perdre la face – parce que ta foutue fierté te quitte jamais, même pas dans ces moments.
tu le regardes juste se lever, tituber vers toi, les sourcils toujours froncés. tu te demandes ce qu’il est en train de foutre, ce qu’il essaie de faire. rien ne te poussera à le pardonner, rien ne te fera oublier, rien –
pause
ses mains sur tes joues
tu vois ses lèvres bouger mais c’est tout
t’entends juste ton cœur qui bat dans tes oreilles, ton épiderme qui s’électrise et le sang qui chauffe dans tes veines
pas de colère cette fois
juste. un manque ? comme si ça fait longtemps que t’avais besoin de ça sans vraiment le savoir. ça fait longtemps que personne t’a touché comme ça, que t’as laissé personne te toucher comme ça. à part juno, les fois où il est trop bourré, trop mal pour que tu lui dises non. mais là c’est pas pareil. c’est un sentiment… étrange, troublant. c’est pas jinsuk lui-même, c’est les souvenirs qui viennent avec. vestiges de votre passé. t’es confronté à un fantôme et son toucher te possède.

la mâchoire serrée, presque au point de broyer ta denture. tout ça pour t’empêcher de crier j’en ai rien à foutre. parce que ses explications et ses excuses t’indiffèrent. t’as peut-être pas eu la conclusion dont t’avais besoin, à l’époque. ça s’est pas passé comme t’aurais voulu, loin de là. mais c’est fini. t’as pas besoin de ça, maintenant. t’es passé à autre chose, sans ça, sans lui. t’as compris qu’il en avait besoin et que c’était pour le mieux sans qu’il te l’explique.
pourtant il est en train de le faire, en train d’énoncer tous les faits alors que t’as rien demandé. t’as raison. tu le dis pas, tu veux pas l’interrompre, tu veux pas l’admettre. il a entièrement raison, tu l’as su pratiquement depuis le moment où t’as réalisé qu’il reviendrait pas. et il est là en train de le répéter encore et encore, de remuer le couteau dans la plaie comme si elle s’était pas rouverte toute seule dès que tu l’as revu.
tu sens toujours ta peau brûler là où ses mains la touchaient, ton corps entier en feu par sa présence, son souffle, par ses mots qui te tordent les entrailles. sa culpabilisation qui te porte un coup chaque fois qu’il l’exhibe, chaque fois qu’il s’accuse de choses qui sont ta faute.

« arrête. »
tu t’entends pas le dire et pendant un instant t’as un doute, t’es pas sûr de l’avoir vraiment prononcé. souffle brisé qui se perd dans les échos de la conversation, échos du passé. tu serres toujours autant les dents, les poings, ton corps entier crispé pour contenir ta fureur, ta rage envers toi-même. parce que tout ça c’est à cause de toi. toutes ces idées, ces conneries auto-accusatrices qu’il déblatère, c’est toi qui les as engrainées dans son esprit.
« putain jinsuk arrête, tais-toi ! »
cette fois tu t’entends, peut-être que les voisins l’ont entendu aussi. ta voix s’élève d’un coup, grondement excédé qui vous fait trembler tous les deux alors qu’il essaie de se défiler comme ça, comme s’il ne venait pas d’ébranler trois années de dur travail pour vous convaincre que c’est pour le mieux.
tes poings se retrouvent crispés autour de ses épaules et tu le pousses contre le mur le plus proche, annihilant toute issue. alors qu’il y a quelques instants, tu ne voulais qu’une seule chose ; qu’il s’en aille.
(plus de ta vie que de ton appartement)
pendant un instant tu dis rien. tu sais même pas si tu voulais dire quelque chose. peut-être que tu voulais juste le garder près de toi encore un peu. tu restes juste là, tes yeux ancrés dans les siens, sans lui laisser d’espace. ton emprise se resserrant pour lui faire comprendre que tu le laisseras aller nulle part, pas maintenant, pas dans cet état.
« tais-toi. tu dis de la merde. partir c’est la meilleure chose que t’as pu faire. »
ça fait mal. tu l’as jamais dit à voix haute. tu te l’es jamais vraiment dit à toi-même non plus. et maintenant t’es en train de l’admettre devant lui, alors qu’il n’a d’autre choix que t’écouter. mais c’est la vérité, t’as mis du temps à l’accepter et tu t’es forcé parce que t’étais sûr qu’il l’avait déjà fait. parce que tu voulais pas être le seul con à ne pas être capable de passer à autre chose.

« tu le sais, ça. ça fait trois ans que tu le sais. sinon t’aurais pas mis aussi longtemps à— t’aurais pas attendu le hasard pour me revoir. tu serais revenu plus tôt. mais tu l’as pas fait et y’a une raison à ça. et c’est la bonne raison. alors t’as pas le droit d’envoyer tout ça en l’air. t’as aucun droit, tu comprends ?! »
tu sais pas combien de fois faudra que tu le lui répètes pour qu’il y croie. tu devras peut-être le dire encore et encore, comme tu l’avais fait avec toi-même. au moins ça lui fera pas aussi mal de se dire qu’il avait raison, pas comme ça t’a fait mal à toi quand t’as du passer des mois à te rendre à l’évidence que c’était ta faute et que tu l’as amplement mérité. ça devrait le soulager, lui. le rassurer qu’il a fait le bon choix. est-ce que c’est ça que tu veux, même ? le rassurer ? ou juste l’éloigner de toi, lui donner la connaissance qu’il a raison et l’envoyer loin avec pour que tu n’aies plus à supporter son poids ? les deux, sûrement. tu te fais toujours du souci pour lui. pour une fois tu le montres. et pour une fois tu te fais du souci pour toi-même. pour le genre de personne que t’es. ça t’a jamais préoccupé. t’as jamais suffisamment eu les yeux en face des trous pour réaliser que tu détruisais tout autour toi – y compris toi-même. ça t’a pris du temps pour le comprendre. tu veux pas qu’on t’enlève ça.
t’es prêt à le redire autant de fois qu’il le faudra pour qu’il comprenne. mais là tu peux pas. t’es à bout de souffle, ton cœur palpite et ta respiration t’échappe. les soupirs longs et lourds, chaque halètement te perfore les poumons, le cœur un peu plus. alors tout ce que tu peux faire c’est le secouer, le plaquer contre le mur un peu plus à chaque mot pour l’accentuer.



- - - - ☆ - - - -

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MessageSujet: Re: favourite worst nightmare (hyunseong)   Jeu 22 Fév - 4:42

 
tu ne sais même pas pourquoi tu t'amuses à revisiter ce film. tu connais déjà le goût de désastre qui se mêle au rouge de ses lèvres. tu y as goûté trop de fois. ton parfum préféré. son poison qui te rend beaucoup plus éméché que l'alcool dans tes veines, celui que tu prends comme excuse pour venir te lamenter dans ses bras.
sauf qu'il ne veut pas de toi.
il te hurle de partir.
il hurle plein de choses, aussi.
des vérités, surtout.
mais t'es trop con pour l'écouter.
tu vois la bombe t'exploser à la gueule. tu sens les éclats de verre te taillader la peau. le tonnerre, la tempête, les vagues, l'incendie. le cataclysme.
ça te ne dérange pas. t'es habitué à la douleur, avec lui. immunisé, presque. c'est mieux que rien.
tant que tu ressens quelque chose, junkie des émotions, qui en a marre de vivre dans ses rêves. alors il prend tout ce qui se présente devant lui, et de toutes les façons il n'a jamais connu la différence entre le bon et le mauvais.
là, c'est les larmes qui te brûlent les yeux, incapables de descendre
les hématomes sur tes cuisses, la peau encore à vif,
la gorge brûlante, toujours agressée par l'alcool,
le dos qui bute contre le mur, l'équilibre qui se perd,
la tête qui embrasse le béton, qui se cogne et te fait grimacer,
le cœur qui essaye de sortir de sa cage, qui veut soir fuir soit se réfugier auprès de lui.
(mais à qui tu mens, ça fait des années qu'il est en train de pourrir dans son placard)
(et c'est la première fois depuis des années que tes battements te font aussi mal)
(qu'ils tambourinent aussi fort, qu'ils arrivent à briser le silence)

toujours la même disquette qui se répète, le même speech, les mêmes paroles. et tu ne t'en lasses pas, toujours aussi pathétique. la plaie est encore fraîche, presque intacte, même si tu pensais l'avoir refermée. tu t'es juste habitué au picotement, au sang qui jaillit à chaque mouvement. tu t'amuses à danser en sang dans ton salon, valse ralentie avec satan sur une succession de notes ratées, mauvaises touches qui se suivent volontairement avec l'espoir de réparer la mélodie.

tu ne sais pas comment il fait, pour toujours te garder sous son contrôle.
ça a toujours été comme ça.
magnétique.
toi en orbite, en feu et en sang.
il pourrait éteindre ces cigarettes sur ta peau et tu lui dirais merci.
(tu le fais déjà, quand il s'acharne sur ton cœur.)
(c'est pas la première fois.)
tu l'aimes bien, cette souffrance, au fond. il t'a convaincu que tu la cherches, tout le temps.
que t'es toujours en train de merder. qu'il est là pour réparer tes dégâts. l'infirmière prête à panser tes plaies.

(poison, feu, douleur, mots qui se répètent, qui te déchirent, qui effacent tout ce qui est beau.)
(parce que c'était beau, putain.)
(peut-être la seule chose de bien que tu connaisses.)
(c'est pour ça que tu t'y accroches.)
(malgré la voix de la raison qui te crie de partir.)
(sa voix.)

qu'est ce que tu fous là. casse toi.
y'en a marre de cette destruction, de ces histoires à deux balles, de ces dramas que tu fais dans ta tête, poésie forcée, romance discount. la vie n'est pas un film. arrête de faire la victime, de prétendre qu'il y a encore quelque chose à réparer, d'agir comme si vous avez encore dix-sept ans, comme si tout vient à peine de commencer.
tu ne sais pas qu'il faut lâcher, un jour, que ce ne te ferait pas de mal de réfléchir deux secondes avant de te jeter dans le gouffre, tête brûlée, déjà prêt à kaner. que tu devrais le haïr au lieu de te haïr, de passer à autre chose. que ça fait trois ans. trois putains d'années.  
y'en a marre de répéter le même speech en long et en large. de te plaindre, de te rappeler à quel point tu es misérable, à quel point tu es con d'être parti, à quel point il te manque, à quel point tu as besoin d'affection, à quel point tu es seul, à quel point il est ton seul repère.
(t'es pas en état d'être raisonnable.)
(t'es jamais en état pour ça.)

il te dit les mots dont tu as besoin.
il te les hurle, même, à toi et aux voisins.
mais tu en veux d'autres.
tu veux les mensonges.
tu veux le démon qui te possède, auquel t'as sacrifié ton âme. qu'il te traine vers les limbes, qu'il rallume les étincelles dans ton estomac, le volcan prêt à exploser.
partir c'est la meilleure chose que t'as pu faire.
il a toujours raison. la machine infernale est en route et ça ne sert à rien d'essayer de faire demi-tour.

tu te tais quand il te le demandes, car tu n'as rien à dire, car pour une fois tu t'empêches de raconter une autre connerie. de dire les mots qui flottent dans ton esprit depuis des années.
pas maintenant.
tu peux encore fuir.
(mensonge.)
tu essayes de le repousser.
c'est juste un réflexe inutile, une tentative de défense qui te surprend presque, dénuée de sens. tu ne sais pas si tu es en colère, ou juste triste et bourré. mais de toutes les façons tu n'arrives pas à lutter contre lui, autant physiquement que mentalement.
tu ne sais pas quoi faire.
pour une fois qu'il ne te supplie pas de rester.
pour une fois qu'il ne cherche pas à planter les graines du doute dans l'esprit.
(elles sont déjà là, de toutes les façons.)
y'a que la vérité, pour une fois.
en retard.
elle te secoue, elle ponctue ses mots.
t'es contre ce mur et il n'y a que lui, comme échappatoire. tu ne sais pas ce qu'il veut de toi. il veut que tu partes. il veut que tu restes. tu veux partir. tu veux rester.
tu oublies qu'il est aussi confus que toi.
que t'es en train d'être égoïste.
que t'es en train de foutre la merde dans sa vie et dans la tienne.
comme d'habitude.
peut-être que c'est toi, la vraie tempête.
(ses idées n'ont toujours pas quitté ton esprit, trois ans après.)
(au moins tu n'es pas le seul à penser que le problème vient de toi.)
tu n'es pas le seul à souffrir, dans cette équation. tu en es soit trop conscient, soit pas assez. de toutes les façons, tu t'en veux. de (trop) penser à lui, de (trop) penser à toi.
t'as aucun droit, tu comprends?!
tu n'aurais pas du venir.
tu vois sa braise devant toi et les mots se perdent. ils ne servent à rien, de toutes les façons. tu l'as encore poussé à bout.

l'absurde.
rocher vers le sommet. rocher vers la vallée.
c'est comique.

"insulte moi si tu veux, t'as raison"
tu as envie d'être le connard ce soir. d'en faire qu'à ta tête.
"j'aurai dû rester chez moi"
dîner aux chandelles avec ta solitude.
"lâche moi, c'est bon, j'ai compris"
tes yeux cherchent les siens et tu ne sais pas ce que tu attends, anticipation d'une roulette russe. tu ne fais même pas attention à ses traits déformés par la colère, explosion trop familière. tu aperçois l'épuisement et le manque, sa respiration saccadée, le contrôle qui lui échappe. il est à bout de force, lui aussi.
"je dois partir"
mots qui n'ont aucun sens, parce que tu ne fais aucun effort pour bouger. tu veux qu'il te retienne, qu'il te libère de tes regrets.
tu te demandes ce que sa ferait, si tu l'embrassais maintenant. s'il ressemble toujours à tes idéations les plus folles.
si tu ne le fais pas aujourd'hui, ce sera le week-end prochain. ou celui d'après.
tu as attendu trois ans, de toutes les façons. tu peux retarder ta mort.

tu le prends par les épaules, toi aussi. y'a des connexions qui n'arrivent plus à se faire correctement dans ta tête, là.
c'est pas grave, s'il t'accuse après d'avoir semé le vent. il a raison. tu mérites de te prendre mille tempêtes dans la gueule.
(masochiste.)
tu le regardes, de tes yeux illuminés de rêves et de contradictions. tu sens le contraste entre ton emprise sur lui et la sienne. (tu as peur de brûler ; il essaye de te briser.)
au moins tu vas réussir à le faire taire.
(tu espères qu'il va te repousser mais tu sais que ça ne servira à rien. que c'est trop tard. que rien ne va te sauver de ton entêtement.)
(que c'est la mort qui va conclure votre délire, là.)
tes lèvres sur les siennes et tu sens ton cerveau chavirer, carrément.
chaleur étouffante, baiser las, pourtant rapide, qui te fait mal, mais moins que l'étreinte que tu aurais voulu avoir. (et qui ne devrait pas avoir lieu)
(mais de toutes les façons, toute votre relation ne devait pas avoir lieu.)
(tu ne sais pas comment vous avez tenu trois ans.)
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