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 angels choking on their halos (hyunseong)

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Seol Jin Suk
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MessageSujet: angels choking on their halos (hyunseong)   angels choking on their halos (hyunseong) EmptyMar 12 Déc - 2:31

 
t'es quand même planté là, comme jésus sur sa croix, parmi les croyants. tu t'es jamais intéressé à la religion. tu n'as jamais eu le temps de t'intéresser à la religion. tout ce que tu connais, c'est la science. du concret. des calculs. ce que tu peux prouver de a à z.

faire plaisir à ta mère. faire plaisir à jésus. faire plaisir au big brother qui te regarde du haut de son nuage, géant éloigné des mortels. -- existe-t-il ? le vide te fait peur. tu n'as pas trimé toute ta vie pour disparaître. peut-être qu'en ramassant assez de bons points, en sauvant assez de vies, en te pliant assez pour les autres, tu n'iras pas en enfer.

tout te paraît comme un enfer.
la moindre émotion.
prêt à prendre la fuite, tes clics et tes clacs et aller le plus loin possible. tu choisis la facilité. toujours là pour les autres et jamais pour toi même.
tu t'imagines te lever et dire au prêtre que c'est beau mais que tu n'y crois pas, ses histoires. la rédemption, le paradis, tout ça.
au moins la science ne te dira pas que tu iras en enfer si tu aimes un homme. et dieu sait à quel point tu l'as aimé.
chant grégorien dans les oreilles, qui d'ailleurs tu n'aurais jamais pu penser entendre en dehors des compilations de 24h que tu écoutes pour ne pas mourir en révisant, t'as l'impression d'être un intrus.

noël, c'est familial. c'est chaleureux. c'est vivant. t'as rien de tout ça. juste un corps épuisé, un vide, un néant que tu combles comme tu peux. tant que les autres vont bien, t'es tranquille. ça marche, la plupart du temps. peut-être pas aujourd'hui. tu aurais voulu passer les vacances avec ta famille, aller à séoul, retrouver quelques souvenirs d'antan que tu as laissés derrière toi. retrouver la vie que tu as laissée derrière toi. avant que tout parte en couilles. penser à autre chose.
ça fait trois ans, bordel de merde, arrête, change de disquette.
mais tu ne sais pas comment arrêter la machine à inventer des regrets qui te sert de cerveau.

tu te demandes si dieu t'écoute. s'il sait à quoi tu penses. tu te demandes si il existe, aussi. t'es juste là pour les apparences, l'esprit ailleurs. il faut juste marquer ta présence, s'assurer que tu auras la bénédiction de la trinité, fêter la naissance du petit jésus. ta mère t'a supplié d'aller à l'église pour une fois, au lieu de passer ta nuit en garde, la veille de noël, comme à ton habitude. s'il te plaît, repose toi et pense à moi. on sera tous les deux avec notre seigneur. ses désirs sont des ordres. tu as même pris la peine de te mettre dans les rangées du devant, comme le bon croyant que tu es. ce monde t'intimide. la cathédrale gigantesque. le chœur. les chants. des souvenirs d'enfance refont surface, mais tu n'y connais quand même rien, de tout ça.


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MessageSujet: Re: angels choking on their halos (hyunseong)   angels choking on their halos (hyunseong) EmptyVen 15 Déc - 20:39

des fois t’as vraiment l’impression d’être un poisson hors de l’eau. que t’as pas ta place ici, que t’es en train de te foutre de la gueule du monde et surtout de la tienne. sérieusement, toi, dans une église ? t'as jamais été le type religieux, loin de là. t'avais pas le temps pour ça, de toute façon. dans la vie tes seules préoccupations ont été ce qui suit : plaire à tes parents, puis plaire au reste du monde. puis quand ça a pas marché, c'était juste t'occuper de tes études et de toi-même.
puis, c'était jinsuk. juste lui et rien d'autre. le seul truc dans lequel tu t'investissais, le seul qui occupait ton esprit.
alors forcément quand tu l’as perdu, y’a eu un gros vide. un vide que t’as pas su combler autrement qu’en sortant chaque nuit, pour boire et te laisser toucher par quiconque voulait. un vide qui ne cessait de croître jour après jour.
puis tu te rappelles que ça a pas été pareil depuis le jour où t’es tombé sur cette même église, à savoir le jour où t’as réalisé que tu partais en couilles et qu’il te fallait d’urgence quelque chose pour te reprendre en main. tu te rappelles que t’as pas eu besoin de faire grand-chose à part y revenir tous les jours, observer, écouter, poser des questions quand tu comprenais pas. et tous les doutes se calment, laissent place à la certitude que tu as ta place ici et que c’est là où t’es censé être.

pourtant aujourd’hui t’en pas si sûr.
pas depuis que la messe s’est terminée et que la foule a commencé à se dissoudre. pas depuis que t’as salué de loin chaque visage familier avant d’apercevoir le sien .

sans doute le plus familier d’entre eux, pourtant la sensation que tu ressens est étrangère. un mélange d’incompréhension, de confusion, de peur.

t’as envie de péter un câble, de crier à la statue de jésus dressée devant toi putain jésus c’est quoi ce bordel, j’ai pas signé pour cette merde. envie de t’indigner, de perdre tes moyens. au fond tu t’sens un peu redevenir le même connard qu’avant et t’aimes pas ça. mais tu sais pas quoi faire. tu sais pas comment réagir autrement qu’en paniquant. t’enfuir peut-être. t’en as très envie. claquer la porte comme il l’avait fait, te convaincre à nouveau que t’as pas à t’en faire, vos chemins ne se recroiseront plus jamais et tu ne souffriras plus parce que tout ça est derrière toi. parce que tu n’auras plus jamais à y faire face.

tu te sens foutrement con d’y avoir cru. con et lâche. et plein d’autres trucs avec lesquels tu sais pas comment dealer.
ouais, t’enfuir. c’est tout ce que tu peux faire. mais t’y arrives pas. le contrôle t’échappe. de tes émotions mais aussi de tes muscles. jambes immobiles et gorge nouée. tu bats juste des cils, entrouvres puis refermes la bouche pour dire on ne sait trop quoi. salut ça va ? ça fait longtemps depuis qu’on s’est brisé le cœur. de la merde.
alors tu fais rien.
planté comme un con au milieu de l’église. jésus et marie témoins de ta détresse. et t’as passé la journée à ça, mais tu pries encore, toujours plus fort. t’en as besoin.
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Seol Jin Suk
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MessageSujet: Re: angels choking on their halos (hyunseong)   angels choking on their halos (hyunseong) EmptySam 16 Déc - 21:52

 
tu ressens la dévotion de ce ceux qui t'entourent, qu'elle vienne du cœur ou d'une envie d'impressionner ses voisins avec son enfant qui chante si fort et si bien ave maria. et c'est fascinant. croire en ce que tu ne vois pas. être convaincu que c'est le bon chemin. tu te demandes comment ils comprennent leur vie de a à z pendant que tu te noies dans un verre d'eau, que tu essayes désespérément de créer une structure dans la tienne, tout prévoir et tout planifier. et pourtant tout t'échappe. tu es toujours morose malgré tes efforts, insatisfait de ce que tu deviens, pourtant tu as réalisé tous tes rêves. devenir médecin. s'occuper de sa famille. sortir de sa galère financière. barrer les vingt-trois dernières années de sa vie.

tu n'y arrives pas.
tu n'as pas d'équation pour t'en sortir. pas de guide. pas de chemin. bordel, le ciel ne pourrait pas t'envoyer un petit indice, une astuce pour survivre ? tu as besoin d'un esprit paisible. mais ce ne sera pas pour aujourd'hui, probablement. tu es tendu et tu as envie d'aller fumer pour faire passer ton malaise. c'est une habitude qui te colle à la peau depuis quelques années, une autre vaine tentative de te soulager tout en consumant ton corps un peu plus. c'est tout ce que tu aimes.

peut-être que si tu passes assez de temps ici, tu trouveras le chemin de la lumière. un soulagement. un vide enfin rempli. apaiser tes maux à coup de chants grégoriens, de prières, de confessions. te donner une raison d'exister, une ligne directrice. parce que tu les cherches toujours. donc tu restes jusqu'à la fin de la messe, pour ne pas mettre en colère jésus le jour de son anniversaire.

mais l'ambiance ici en rajoute à ton malaise. les murs gigantesques. le béton armé. le toit que tu arrives à peine à voir. les flash des projecteurs, aussi aveuglants que dieu. l'écho de l'orgue.
et la foule.
la putain de foule qui te rend solitaire, intrus et désemparé.
mais voilà qu'elle se disperse enfin.
tu sors ton briquet et tu joues avec en attendant de sortir et calmer ton esprit. ton petit salut personnel. pas besoin d'un prêtre, pour ça. juste la bonne vieille nicotine.

tu te lèves. tu te retournes.
il est là.
les plaies s'ouvrent.

tu ne remarques pas sa présence, au début. tu es ailleurs. trop de monde, et tu es fatigué. tu penses aux gardes que tu as cette semaine, le sommeil à rattraper, les choses à faire. des banalités. et tu rates l'essentiel. il est là. trois mots qui se bousculent dans ton esprit. tu ne ressens même pas la panique. non. juste la tête qui tourne et les oreilles qui sifflent. le rythme cardiaque qui part en couilles. il est là. assis, en train de prier. peut-être qu'il ne t'a pas vu dans la foule. peut-être que c'est pas lui. il ne va forcément pas te parler. vous allez juste continuer vos vies, l'un sans l'autre. comme d'habitude. c'est mieux.

il est là. et tu ne sais pas quoi faire. avec lui, c'est toujours incertitude après incertitude. merde. tu avances, poings serrés, tendu. tu as souvent imaginé ce moment, évalué quelques possibilités, quelques scénarios. mais rien ne te vient en tête. juste une marche interminable où tu essayes d'ignorer sa présence. tu le dépasses, même, tête baissée. encore quelque pas et t'es loin d'ici. pas besoin de remuer le couteau dans la plaie. ne le regardes surtout pas. tu vas retomber dans le même cycle. tu peux fuir.

encore.
tu fais demi tour.
tu portes même tes couilles et tu vas en sa direction. tu t'assieds à côté de lui. tu restes silencieux, pendant un moment. tu évites de tourner la tête. tu as peur. dix milles choses te passent par la tête, mais tu te contentes d'un seul mot. "hyunseong" tu n'arrives pas trouver autre chose à dire. tu ne sais pas dans quelle merde tu t'es foutu. dieu se moque de toi.
encore.


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MessageSujet: Re: angels choking on their halos (hyunseong)   angels choking on their halos (hyunseong) EmptyJeu 21 Déc - 22:24

noël, à part les cadeaux et les rues décorées, c’est surtout une opportunité de gratitude, une chance de compter tous les trucs que la vie t’a donnés, tous les trucs envers lesquels tu devrais être reconnaissants. une occasion de remercier dieu pour t’avoir montré le chemin et donné la force de changer, une occasion de te promettre de continuer sur la même voie. noël c’est un rappel que jésus est mort pour tes péchés, que t’es pas un cas désespéré et que si tu continues à l’accepter dans ton cœur, tu continueras aussi à être délivré de tes défauts, repartir à zéro. le cadeau du salut et du renouveau. c’est ça, la magie de noël.

pourtant tu sens pas de magie ce soir.
tout d’un coup l’air est sec et stagnant. l’atmosphère opprimante, dénuée de tout charme. comme si un trou noir en avait aspiré tout l’enchantement.
il est au fond de toi, le trou noir.
le même que celui qui s’était créé quand il est parti. vide terrifiant qui a continué de croître un peu plus chaque jour après son départ, jusqu’à ce que tu trouves jésus. jusqu’à ce que tu penses avoir été curé, immunisé.
maintenant tu sais que t’avais tort.
que t’es peut-être jamais passé à autre chose, que t’avais juste oublié avec le temps. tu pensais que c’était bon mais le temps n’est jamais fiable. tôt ou tard la roue tourne, les choses reviennent là où elles étaient même si c’est pas pareil. pas pareil du tout. et t’es obligé de faire face aux différences, à la façon dont les choses ont changé. au fait que tu voulais pas qu’elles changent.

tu te dis que c’est peut-être pas une coïncidence. un hasard que vous vous êtes retrouvés ici. qu’après trois années passées dans la même ville, pourtant sans jamais vous croiser l’un l’autre, ça se produise ici et aujourd’hui.
pourtant ça suffit pas à te rassurer. tu ne sais même pas si t’as besoin d’être rassuré. tu sais pas ce que tu penses, ce que tu ressens. t’es juste, perdu. paumé.
sous le choc.
comme quand il est parti.
comme quand la porte a claqué, les cris ont cessé et que t’as mis une bonne heure à réaliser que ce serait la dernière fois que t’entendrais sa voix.

t’avais fini par fuir. votre appartement, tous tes repères, la vie que vous aviez bâtie ensemble. peut-être que tu peux le faire aujourd’hui encore. fuir.
mais tu peux pas.
tu sais pas si c’est parce que tu peux pas ou si c’est parce que tu veux pas. parce que son visage t’a tellement manqué, parce que ça fait des années que t’y repenses, encore, toujours dans un coin de ta mémoire, petit pincement au cœur aigre-doux quand tu te remémores ses traits doux floutés par tes erreurs pour t’empêcher d’aller le chercher, voir ce qu’il devenait, garder la plaie fraîche comme si t’avais besoin de son picotement pour te sentir en vie. c’est dans le passé, tu disais, je dois me contenter des souvenirs. souvenirs distants mais trop vifs maintenant. comment faire autrement alors que la source se tient devant toi.

tu le vois croiser ton regard, te tourner le dos. tes yeux fixés sur lui mais pas concentrés, le regard dans le vide. l’esprit ailleurs. tu sais pas si tu pries qu’il s’en aille ou qu’il revienne.
comme avant.
comme avant. t’aimes pas ça, putain. tout est comme avant et pourtant rien n’est pareil.
c’est trop différent. trop  imprévu. t’aimes pas les imprévus. t’aimes pas perdre le contrôle, tu détestes ça.
tu tournes la tête. yeux rivés sur jésus. il est pas là, il est pas là. juste toi et jésus et tous les gens venus le prier. jinsuk est pas là, le fantôme de ton passé n’est pas là. juste toi, le nouveau toi et sa croyance inébranlable. tu veux pas te rappeler qui t’étais. t’es pas le même, tu seras plus jamais le même.

il est là.
frissons.
ça fait longtemps que t’as pas entendu ton prénom prononcé de cette façon. toujours aussi familière. tu baisses la tête et serres tes mains un peu plus fort. pries un peu plus fort pour trouver une réponse digne.
« hey. » souffle étouffé, brisé. ta propre voix t’est étrangère. tu te reconnais presque plus. tout est étrange, comme s’il y avait un bug dans la matrice. la réalité qui déconne. ou peut-être que tu te dis juste qu’elle déconne pour ne pas faire face au fait que tout ça est réel.
sourire fébrile, regard du coin de l’œil, timide et craignant. tu dis plus rien après ça. tu sais pas quoi dire. tu sais pas ce qu’il faut dire, et tu pensais pas avoir une autre occasion de dire quoi que ce soit. convaincu que les derniers mots que vous échangeriez seront toujours ceux qui t’avaient brisé. alors t’en rajoutes pas, tant que les fêlures sont toujours reprisées maladroitement. tu repousses juste le moment où elles craqueront de nouveau.

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MessageSujet: Re: angels choking on their halos (hyunseong)   angels choking on their halos (hyunseong) EmptySam 23 Déc - 1:19

 
tu aurais pu tout autant être planté à sa place sur la croix, ça ferait peut-être moins mal que cette couronne de regrets sur la tête et les erreurs qui te crucifient. tu sens ton cerveau prendre feu, la chaleur te monter au visage. tu vois l'océan qui vous sépare. tu ne sais pas si tu as la force de le traverser. tu n'aurai pas hésité à le faire, il y a quelques années. mais aujourd'hui tu te contentes de te noyer.

d'abord dans tes pensées.
puis dans les larmes.
peut-être qu'il te faut un miracle, comme ce bon vieux moïse.
peut-être que le père va t'écouter ce soir.

tu ne sais même pas pourquoi tu réagis de la sorte. c'est du passé. fini. enterré six pieds sous terre.
(comme tes espoirs) (comme votre histoire) (comme ton cœur aussi) (ton optimisme ta joie)
t'as pris la pelle, y'a trois ans et tu as creusé ta propre tombe.
c'était ton choix. tu n'es pas sensé être troublé par sa présence. t'es pas sensé être assis sur ce banc. tu devais rentrer chez toi et dormir. revenir à ta routine.
tu t'es convaincu que c'est pour votre bien, que vous étiez en train de vous empoisonner l'existence, de vous étouffer chaque jour un peu plus au nom de l'amour, que y'en a marre d'être misérable chaque jour, de déblatérer déblatérer et encore déblatérer des mots qui blessent, sans reprendre haleine, jeter les bouteilles de gaz dans les cheminées. tant qu'on s'aime.

et pourtant te voilà en train d'essayer de ravaler tes larmes et ta fierté.
tu ne les sens pas arriver, au début. tu es un peu occupé à chercher où regarder. quoi faire de tes mains. de tes pensées. de ces sens aux aguets. de ce cortège de mots pesants qui te passe à l'esprit. encore une fois, tu es perdu. t'es peut-être un brin trop dramatique aussi, à jouer baudelaire dans ta tête et penser aux amours perdus, se lamenter toutes les dix minutes, pendant des années.

tu regardes juste le jésus accroché devant toi avec désespoir.
peut-être que le fils va te sauver ce soir.
(mais de qui tu te moques)
(il n'a même pas pu échapper au romains)

c'est plus gérable que des sentiments, pourtant. ces putains de sentiments qui t’inondent. tous tes progrès défaits. encore. retour à zéro. un pas en avant et vingt en arrière. tu cherches encore à tourner la page ou brûler le livre. un tango masochiste sans fin. danser avec la mort, l'amour. tu essayes de suivre la musique de ton cœur. c'est ce que tu disais. (tu te rappelles de toutes les chansons qu'il t'a écrites) mais là, tu n'entends qu'un bourdonnement et la voix qui te dit de fuir avant de merder encore. (tu te rappelles des journées passées au lit, enlacés, incapables de se lâcher) tu as juste envie de mettre tes mains sur tes oreilles. silence frustré. (tu te rappelles comment il a tout lâché pour toi)

peut-être que le saint esprit va t'emmener ce soir.
mais tu sais qu'il n'y'a que lui et toi et personne d'autre et il faudra se sortir tout seul de ce merdier. t'es seul face à jésus et ton dégoût de toi même, ta culpabilité et ton désespoir comme seul témoin. (t'es si triste que tu commences à citer fauve)

"hey"

tu répètes ce qu'il dit car tu es trop sonné pour penser à autre chose.
tu te contentes de ce 'salut' d'une voix brisée que toi. y'a rien à ajouter, à part ça. t'arrives même pas à le regarder en face. le moindre eye contact et tu vas retomber sous son contrôle. la même histoire probablement, avec d'autres mots et une fin pas tellement différente. une porte qui claque et des larmes. ou juste des scénarios qui vont jamais voir le jour et qui vont tout autant te torturer.

les larmes sont là depuis tout à l'heure. l'atmosphère pèse trop lourd pour toi. "t'es catho, maintenant ?" ah bah bravo, excellents premiers mots post-rupture. tu te sens plus maladroit que jamais. on applaudit. en fait, tu n'oses pas lui demander si ça va. t'as surtout peur qu'il te retourne la question, car non. t'es quand même planté là, à côté de ton ex, prêt à pleurer devant jésus, avec une terrible envie de fumer et une peur d'offenser si tu allumes quoi que ce soit aussi. faible sourire aux lèvres, tu essayes d'avaler la boule dans ta gorge. t'es quand même heureux de le revoir. de remuer le couteau un peu plus dans ta plaie pour te sentir vivant

tant pis.
tu te tournes de son côté, bras calé sur le banc, jambe rebondissante qui essaye de suivre le rythme de ton stress.
tu regardes enfin la réalité en face (il était temps).
enfin, tu la vois à peine car ta vision est brouillée par les larmes que tu n'oses pas laisser couler, ton esprit troublé par les mots que tu n'arrives pas à dire. mais tu n'arrives quand même pas à détourner le regard. il a l'air irréel. inchangé mais pourtant étranger. dans tes souvenirs, ses traits étaient devenus flous, après avoir supprimé toutes les photos, déchiré tout ce qui te ferait penser à son visage. et cette fois, il est devant toi, prosterné devant dieu, et tu n'as pas comment détruire ça.

(tu l'as déjà fait)
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MessageSujet: Re: angels choking on their halos (hyunseong)   angels choking on their halos (hyunseong) EmptySam 6 Jan - 3:22

t'es catho, maintenant ? petit rire instinctif en réponse. façon intéressante de briser la glace. tu ne sais pas à quoi tu t'attendais. à rien, sans doute. ça fait des années, après tout. vous n'êtes plus rien l'un pour l'autre à présent. juste des inconnus. « ouais, ça fait un moment. » depuis que tout s'est terminé, depuis que tu m'as quitté, depuis que j'ai du trouver autre chose que la débauche pour me faire oublier que j'ai tout perdu. la rancœur qui jaillit en toi comme un geyser. ta foi t'en a sauvé mais tu sens tout revenir d'un coup, la colère, l'incompréhension, l'envie (ou besoin ?) de lui dire à quel point t'as souffert à cause de lui, souffert pour l'oublier. pourtant, t'as guéri, t'en étais sûr. t'as changé d'adresse, changé de boulot, changé de personne. t'es passé à autre chose, reconstruit à zéro. pourtant là, sur ce banc, t'es le même. aussi meurtri qu'avant. tout ça était en vain. jésus n'a donc rien changé et, les mains toujours jointes, tête baissée, t'oses même pas lui faire face.

à jinsuk non plus. sa présence à tes côtés déjà assez opprimante. tu n'as pas envie de l'avoir en face de toi. face à la réalisation qu'il est réellement là. pas envie de recroiser son regard qui t'avait tant manqué.
(pas envie de réaliser qu'il te manquait.)
tu te dis que peut-être si tu restes comme ça, si tu fais comme s'il n'était pas là, il finira par s'en aller. pourtant tu sais pas si c'est ça que tu veux. qu'il parte encore une fois. te laisse tout seul, comme un con. encore une fois.
de toute évidence, ça ne l'est pas. de toute évidence si tu ne bouges pas, c'est parce que t'es tétanisé. par la peur, le surplus d'émotions desquelles tu ne sais pas faire le tri. loin de ton ordre parfait habituel.
par ses larmes, aussi.
pas besoin de le regarder pour t'en rendre compte. tu entends ses reniflements, tu sens l'atmosphère changer autour de vous aussi. plus lourde que d'habitude. l'église se vide et pour la première fois ça te dérange. fini le sentiment de paix et de quiétude quand tu te retrouves en tête à tête avec toi-même. cette fois il y a toi, mais aussi lui, et les sentiments enfouis qui remontent comme un haut-le-cœur.

« et toi alors ? » tu ne relèves pas les larmes. te disant que si tu n'en parles pas, ça s'en ira aussi. toujours dans le déni. alors tu te contentes de retourner la question, curieux toi aussi de savoir ce qu'il fait là. ce qui vous a amenés à vous recroiser là, après toutes ces années, dans cet endroit en particulier. quel genre de coïncidence, de hasard se fout de ta gueule. le destin peut-être ? tu devrais y croire. tout arrive pour une raison. tout est prémédité par dieu, par l'univers, connerie du genre. d'ordinaire ça te rassure. te convainc que même si t'as l'impression que tout va mal, les choses se passent exactement comme elles sont censées le faire. mais en ce moment, ça ne t'aide pas du tout. tu refuses de te dire que c'est censé se passer comme ça, que vous êtes censés faire face à ça ensemble au lieu de continuer chacun de votre côté, seuls, comme vous vous y étiez habitués.

pourtant t'arrives pas à t'en empêcher. un soupir résigné et tu lèves les yeux vers lui - croises les siens, rougis, larmoyants. tu serres les mains, la mâchoire. ne sais pas trop quoi faire. pourtant ça te peine de le voir comme ça. à cause de toi ? ce serait pas la première fois. tu te souviens de toutes celles d'avant. avant des souvenirs distants, maintenant de nouveau frais dans ta mémoire. empreintes trop vives, à la marque toujours brûlante. alors t'essaies désespérément d'empêcher une énième fois de s'y ajouter. « est-ce que... ça va ? » question fatidique, maladresse typique. devoir y répondre ne fera sûrement que le pousser un peu plus à bout.
mais de toute façon, c'est ce que t'as toujours fait le mieux.

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MessageSujet: Re: angels choking on their halos (hyunseong)   angels choking on their halos (hyunseong) EmptySam 6 Jan - 4:58

 
tu lèves les yeux, pour empêcher les larmes de couler.
tu t'attends à voir un flash, une petite lumière, au dessus de vous.
azrael, parmi les mortels. ses quatre faces et quatre milles ailes.
azrael, ici pour te sauver.
pour te dire que t'as pas à regarder la réalité dans les yeux. que t'as pas à faire face à tes regrets. que t'as pas à te sentir confus, encore. que tu n'aurais plus à vivre entre le chaud et le froid, l'amour et la violence, entre les extrêmes. que tu n'auras pas à expliquer pourquoi tu es parti, pourquoi tu as essayé de fuir tous ces sentiments, la tempête qui rageait en toi à chaque fois que tu étais sous le même toit que lui. que tu n'as plus à te sentir déchiré, quand vous vous disputez pour la énième fois, et que la petite voix dans ta tête te souffle qu'il a raison, que tu l'as cherché, que tu l'aimes, qu'il t'aime, qu'il fait ça pour vous, que c'est le feu de l'action.
pour te rappeler que c'est fini, que l'encre a séché, que t'as brûlé le livre et que t'as passé un peu trop de temps à regarder les cendres.

tu ne t'attendais pas à la vague d'émotion. poing dans ton estomac, nœud dans la gorge, papillons dans le cerveau. t'es un peu tremblant, mais tu ne le réalises pas, un peu pâle, déboussolé. bête effrayée, intimidée, par la présence à côté d'elle, du prédateur. alors elle joue distraitement avec ses doigts, sans savoir quoi en faire, elle se demande si sa tenue est correcte, si ses cheveux sont biens, si ses lunettes sont droites, si elle a l'air potable, pas trop misérable.
si la tristesse et le manque ne transparaissent pas, à travers la façade.
(mais elle coule, la peine, sur ses joues.)
(t'étais pas sensé chialer aussi vite.) (tu t'étais donné un délai de dix minutes de conversation.) (c'est drôle, comment tu finis toujours par pleurer, quand il est là.)
(par te noyer.)

ta voix est rauque. tu rougis. tu trébuches sur tes mots. tu sais pas quoi dire. tu sais pas comment le dire. tu sais pas ce que t'es sensé ressentir. les mots sont en train de plier bagages et quitter ton esprit. japonais. coréen. plus rien.
mais les automatismes sont là. le small talk, que t'es habitué à faire avec les inconnus. les réflexes. le "oui ça va" qu'on lance, lorsqu'on croise quelqu'un, tellement vite, parfois avant même qu'il ne pose la question. 
parce que vous êtes des inconnus, maintenant. 
alors tu parles comme si rien n'était. comme si les vingt émotions par seconde n'étaient pas là, à te marteler le cœur, une par une. comme si t'es pas en train de sauter des battements. peut-être même qu'ils se sont arrêtés.

"pas vraiment, c'est la première fois que je viens ici. ma mère m'a un peu harcelé pour aller à la messe, parce que j'ai pas pu passer les vacances avec eux, avec le boulot et tout. je sais pas comment ça marche, j'ai passé, genre, euh, toute la cérémonie à rien comprendre, et" tu t'arrêtes. tu parles trop vite, depuis tout à l'heure. tu t'empresses d'essuyer les larmes. t'essayes de meubler le vide, autant que tu peux. de dire vingt-choses à la fois, de te donner l'impression que tout est normal, que vous avez enterré la hache depuis des années. d'ignorer le malaise. tout va bien. "je suppose que c'est tout ? 'fin tu sais que j'ai jamais été spirituel et tout, du coup j'me sens pas à ma place, c'est très grand et y'a beaucoup de monde, j'ai du mal avec la foule" ta gueule. "euh, ouais, juste un peu fatigué, comme d'habitude" rire nerveux. "et content ? surpris ? de te voir, j'pense" tu ne retournes même pas la question. 

ton regard croise le sien, et tu perds encore tes mots. tu n'oses pas dire que non, rien ne va bien. que là-
que
merde
que tes sentiments sont en train de se perdre, de bloquer, dans ta gorge. que tu ressens tellement de choses, que t'es plus en colère qu'autre chose. que t'es-
que c'était une mauvaise idée. (pas le "hey", d'il y a cinq minutes, mais le premier bonjour, il y a une dizaine d'années.)

que vous vous êtes condamnés.
que son poison est encore dans ton organisme. 
que tu entends vos disputes encore, qui résonnent dans l'immeuble.
que tu entends encore ses soupirs, au creux de ton oreille. les je t'aime murmurés, comme un secret à garder. 
que tu te sens encore plaqué contre le mur. une fois pour l'aimer. une fois pour le détester.
tu sais que ça te tords les entrailles, maintenant. que ça te donne mal à la tête.

la respiration se saccade, et tu te sens de plus en plus à l'étroit, ton cerveau qui hyper-ventile, qui sature, qui bourdonne. "j'ai besoin de fumer" t'as l'impression que c'est ça, qui va résoudre ton problème. "viens on sort" tu ne peux pas paniquer devant lui. mais elle se sent, dans la moindre lettre qui échappe à tes lèvres, dans la brutalité de tes mots à laquelle t'es pas habitué. ça saute aux yeux. "s'il te plait" tu supplies presque, et tu espères qu'il va comprendre. tu ne l'attends même pas. tu te casses. tu ne sais pas s'il t'a suivi ou pas. 

y'a juste toi, et la nuit. et le briquet que t'arrives pas à allumer. et tes mains, qui gèlent et qui tremblent. et la cigarette qui tient à peine dans ta bouche. et le putain qui ponctue tes tentatives. et la frustration qui te monte à la tête. et les allers-retours que tu fais, la flamme que tu cherches désespérément pour te calmer.
tu jettes tout et tu t'assieds par terre. 
nique sa mère. 
tu regardes la statue devant toi, qui te nargue.
nique ta mère, toi aussi.
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MessageSujet: Re: angels choking on their halos (hyunseong)   angels choking on their halos (hyunseong) EmptyLun 15 Jan - 2:13

ttu l’écoutes parler distraitement. pas vraiment concentré sur le contenu, même si tu acquiesces un peu presque à chaque mot. t’entends juste les flots de paroles couler, emplir à elles seules le silence de l’église. t’avais l’habitude de ça, de l’écouter parler tout seul – même si tu prêtais toujours une attention quasi-religieuse au moindre de ses mots. des soirées passées à ne rien faire à part être dans les bras l’un de l’autre et s’écouter parler, de tout et de rien. en général c’était surtout lui qui discourait et toi qui absorbais ses paroles sans dire grand-chose, parce que t’es pas très bavard de base mais surtout parce que t’as jamais senti le besoin de participer à la conversation. voir l’enthousiasme de jinsuk et savoir qu’il se confiait à toi ont toujours suffi pour te satisfaire.  la façon dont ses yeux s’éclairaient quand il parlait était tout ce qu’il te fallait pour être heureux.

maintenant t’oses même pas les regarder. tes yeux toujours fixés dans le vide devant toi, sur tes mains jointes vainement, sur l’effigie de jésus qui se floute à cause de ton incapacité à te concentrer sur autre chose que le déluge d’émotions qui t’envahit. et les reniflements de jinsuk qui parviennent jusqu’à tes oreilles malgré la bourrasque de paroles qui ne réussit pas à les couvrir. incapable de penser à autre chose que ta propre impuissance. alors que tu t’étais promis que c’était fini, que t’avais tourné la page et que tu laisseras plus jamais ça te faire du mal. mais maintenant qu’il est là tu réalises que c’était juste des paroles en l’air. toujours les mêmes conneries que tu te répètes pour te convaincre que tu vas bien alors que la plaie n’a jamais cicatrisé, juste grossièrement suturée, prête à se rouvrir.

« ah. » c’est tout ce que tu trouves à dire un réponse. un simple ah pour signaler que tu l’écoutais, même si ce n’était qu’à moitié. et rien d’autre, parce que franchement, qu’est-ce qu’il y a à dire ? ou plutôt, qu’est-ce qu’il y a à dire qui ne soit pas une terrible idée. « oui, moi aussi. » tu parles le minimum, à défaut de pouvoir ne rien dire. moins tu parles moins tu vas merder, non ? pourtant à chaque mot que tu prononces, chaque parole que vous échangez, t’as l’impression de faire une connerie. peut-être parce que ton instinct destructif ne va pas tarder à revenir au galop.

ou peut-être simplement parce que refaire partie de la vie l’un de l’autre est la pire des idées.

tu n’en as jamais été aussi sûr que lorsque tu croises son regard et que tu le vois se fissurer encore un peu.
toujours comme ça quand il est avec toi. que de bons moments passés ensemble pourtant c’est toujours ceux-là qui restent, qui marquent le plus. et à chaque fois ça revient. chaque fois tu l’écornes un peu plus parce que c’est tout ce que tu sais faire.
tu le regardes se dérober avec toujours autant d’impuissance. pendant un instant t’hésites à le rattraper ; ton cerveau te dicte que le suivre serait une mauvaise idée et tes jambes se paralysent comme pour te convaincre qu’il a raison. pourtant son imploration résonne dans ta tête. tu sais pas s’il le pensait, s’il voulait vraiment que tu le suives ou non. mais tu peux pas te résoudre à le laisser tout seul, pas dans cet état. pas quand c’est ta faute. encore une fois.

tu abandonnes le banc sans vraiment y penser. tu ne réalises pas l’avoir fait que t’es déjà dehors, toi et tes yeux paniqués qui le cherchent dans le noir sans que ton corps ne bouge, figé. tu ne fais un pas que quand t’aperçois une silhouette accroupie là. comme si tout le poids du monde lui reposait dessus. tu sais pas quoi faire, pour changer. alors tu t’accroupis devant lui et lui prends délicatement le briquet des mains, protégeant la cigarette avec ta main pour l’allumer avant d’en faire de même avec une autre que tu sors de ta poche. « tiens. » le briquet qui retrouve sa place dans la main de jinsuk, et toi qui trouves la tienne à côté de lui. tous les deux dans le même état, sans doute aussi accablés l’un que l’autre. tu inhales lentement la fumée. entrouvres la bouche plusieurs fois, d’abord pour tenter de dire quelque chose, et ensuite simplement pour recracher un nuage lorsque tu comprends qu’aucun mot ne pourra sauver la situation.

« je suis désolé. »

ça sort tout seul. probablement le truc le plus approprié que tu puisses dire. trois mots qui n’ont que trop tardé, que t’as jamais eu l’occasion de lui dire, l’occasion de lui faire croire.
trois mots lourd, portant en eux le souvenir de chaque fois où tu l’as fait se sentir pire que ce qu’il méritait. chaque fois où tu l’as mis plus bas que terre, et dieu sait qu’il y en a beaucoup. mots trop chargés pour toi. t’as pas envie de déterrer ça. pas envie de lui rappeler ce que tu lui as fait vivre, et surtout pas envie de te sortir de ton illusion que c’est dans le passé et que t’as été pardonné.

« pour la surprise, je veux dire. je pensais pas qu’on se reverrait comme ça. ni qu’on se reverrait tout court. du coup ça craint un peu. »

le déni trop confortable. et la lâcheté trop puissante.

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MessageSujet: Re: angels choking on their halos (hyunseong)   angels choking on their halos (hyunseong) EmptyMar 16 Jan - 1:33

 
la tempête s'arrête par moments. des petits instants de lucidité, où tu te dis que t'es en train d'exagérer, que t'es con de faire un scène comme ça, de paniquer, que c'est de ta faute, tout ce fiasco.
ou peut-être que ce sont les larmes qui sont adéquates dans cette situation ? les voix se contredisent dans ta tête, les souvenirs s'emmêlent, comme tes pensées et tes paroles, et tu ne sais pas quoi faire. et tu n'as plus d'énergie pour ça. ton esprit de plus en plus incohérent, les larmes qui ont arrêté de couler, tes lèvres enflées et tes yeux rouges, l'angoisse qui survient par vagues, pour te rappeler qu'elle est là. mais qui disparaît juste assez longtemps pour te faire douter de toi-même.

t'es à bout. tu es encore à bout à cause de lui, et il n'a même pas eu besoin de t'adresser la parole pour ça. il a suffi que tu le regardes, deux secondes, pour exploser. encore. peut-être que tu n'as jamais arrêté d'être à bout. qu'au contraire tu t'épuises de plus en plus depuis le jour où t'as claqué la porte. (et si tu arrêtais un jour d'être aussi sensible ?)

y'a la lueur du briquet, et celle dans les yeux de hyunseong.
les tiens cherchent la consolation dans le vide devant toi. tu prends machinalement la cigarette qu'il t'allume, pour aspirer autant de nicotine que possible, assez même pour étouffer, silencieusement, et faire ressortir quelques larmes qui n'ont pas eu l'occasion de couler tout à l'heure. puis ça te monte à la tête, lentement, l'euphorie qui dure quelques secondes, le besoin épidermique enfin satisfait — parce que pour la vingtième fois ce mois tu t'es dit que tu vas arrêter de fumer, et t'as pu passer quelques jours sans approcher à ces conneries. tu te sens un peu plus paisible, du coup. les nuages de l'ouragan qui se dissipent pour faire place à d'autres, ceux de fumée, — qui te sortent de la bouche, du nez, qui s'échappent à la cigarette que tu épuises à coup rapides, répétés, automatiques — qui emplissent ton organisme aussi vite que possible, qui te brûlent la gorge et les poumons. qui te consument.
comme lui.
(c'est drôle, comment tes pensées n'ont jamais arrêté de tourner autour de lui.)
(malgré tout ce qui s'est passé.)

puis y'a le silence, aussi.
celui auquel tu t'es habitué depuis ces trois années. mais cette fois il est là, devant toi, pour changer. et tu te demandes ce que tu peux dire. tu te demandes même ce que ça ferait, si tu t'avançais vers lui, maintenant, pour l'embrasser. pour le forcer à se taire, alors il est en train de te sortir des excuses de je ne sais d'où. paroles que ton cerveau n'arrive même pas à assimiler, trop sonné. peut-être que tu vas te haïr un peu moins, si tu le faisais. peut-être que ça t'aidera à faire la paix avec les squelettes de ton placard. peut-être que ça changera quelque chose.
mais tu ne le fais pas.
juste une autre pensée passagère, insensée, que tu vas foutre dans le même placard que tes regrets et tes souvenirs, aussitôt qu'elle survient.
(y'en a beaucoup.)

un "merci" sans savoir pourquoi, de quoi. la cigarette ? ça fait cinq minutes que tu l'as finie, que tu planes dans un mélange de fatigue physique et émotionnelle. de s'être excusé ? tu n'as jamais cherché ses excuses. tu lui as tout pardonné, de a à z. avant même qu'il ne fasse quoi que ce soit. c'est peut-être ça, qui te mettait en rogne, par moments. le fait que tu l'aimes tellement que tu as tout laissé passer, que tu t'es même excusé à sa place, que tu as justifié tous les actes dans ta tête, que tu n'as pas pu faire autre chose à part être coincé dans sa toile, douter de ta perception des choses, de tes sentiments, de toi-même.

tu ne sais même plus pourquoi t'es parti. maintenant que le temps a fait son job, a trié les souvenirs, tu te sens con, d'avoir fait tout ça. tout est dans ta tête. tu n'as jamais pu lui en vouloir. enfin, peut-être, parfois, quand tu regardes derrière toi, et que tu réalises qu'il est une trace indélébile qui restera en toi. que t'es resté trop longtemps avec lui. que tu l'as laissé te manipuler. que tu t'es permis de l'aimais alors qu'il ne le méritait peut-être pas. mais tu es habitué à ignorer la destruction autour de toi, en toi, pour t'accrocher au peu de lumière devant toi, qui est produit de ton imagination.
lumière, comme celle de vos deux cigarettes qui captive ton attention, pour ne pas avoir à le regarder. deux faibles lueurs, entre la fumée et les cendres.
(comme vous ?)

un soupir. "ne t'excuse pas, s'il te plait" tu n'as rien fait. c'est moi. c'est toujours moi. "c'était pas une mauvaise surprise" demi-mensonge, car tu ne sais pas si tu as envie de le voir ou pas. mais il est devant toi, malgré tout. malgré tous tes efforts pour l'éviter. un peu plus grand que dans tes souvenirs. plus épuisé. toujours aussi beau, même dans le noir. une autre pensée à bannir, bordel de merde, avec le doute qui vient se loger dans un coin de ton esprit, et la cacophonie de "et si". "on ne pouvait pas se fuir à jamais, non ?" tu as essayé, pourtant. mais il est toujours en toi. poison. rire triste. voix rauque. "je sais pas quoi dire" que t'as quand même envie de te retrouver dans ses bras une dernière fois ? un dernier adieu ? celui que vous n'aviez pas vraiment eu l'occasion de faire. juste une étreinte. peut-être que tu seras en paix, après ça. (encore une idée dans le placard des non dits.) "désolé d'avoir paniqué" les vieilles habitudes, de t'excuser pour avoir existé. "c'était con" ta gueule. "j'étais surpris, c'est tout, je suppose" ferme la. "je suis content de t'avoir vu." peut-être pour la dernière fois. "'fin, une crise de panique gâche un peu l'ambiance, je pense" et tu t'en fous, s'il n'a pas envie de parler. tu es habitué à son silence, depuis toujours. alors tu parles dans le vide, encore. "mais bon. la routine. tu comptais pas arrêter de fumer, toi ?" encore une tentative de small talk. ne pas se retrouver en tête-à-tête avec soi-même, avec ses pensées.

tu m'as manqué.
(tu aimerais bien remplir ce vide avec ça, plutôt.)
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MessageSujet: Re: angels choking on their halos (hyunseong)   angels choking on their halos (hyunseong) EmptyJeu 18 Jan - 2:52

le briquet qui déconne, malgré les tentatives. les étincelles qui jaillissent et s’éteignent aussitôt, tristes grains plus de poussière que de feu. un peu comme vous deux.
tu le regardes faire pendant un moment sans intervenir. un peu perdu, dépassé par les événements qui te rattrapent de plus en plus. tu te rappelles quand tu voulais pas qu’il fume, quand tu l’engueulais limite chaque fois que tu le voyais s’approcher d’une clope. il y avait la fatigue, le stress des études, mais tu n’acceptais aucune excuse pour le laisser se bousiller. tu voulais le préserver le plus possible.
(t’as pas besoin de clopes, tu lui disais, tu m’as moi.)
de toute évidence, t’as échoué.
t’as pu le protéger ni des dangers de la nicotine, ni de toi-même. alors tu lui prends juste le briquet pour allumer sa putain de clope. le pousser toujours autant dans les vices, vers sa propre destruction. toujours les mêmes habitudes qui reviennent.
(ta main effleure la sienne et, l’espace d’un instant, t’as l’impression que c’est toi qui t’enflammes.)

la cigarette s’embrase et tu la regardes se consumer petit à petit, le regard fixé sur les cendres qui s’écrasent au sol – sans doute pour le détourner des traits de jinsuk. te faire oublier à quel point tu adorais en tracer les contours du bout des doigts et des lèvres.
(combien de fois tes mots les ont défigurés, aussi)
la situation est absurde. t’es assis par terre, dans la rue, à côté du mec dont t’as l’impression d’avoir été amoureux toute ta vie, et tout ce que vous faites c’est fumer sans échanger aucun mot. tellement absurde que t’es prêt à faire mentalement une métaphore sur la flamme qui dévore tout – toi – et la cigarette qui s’en éteint – lui. mais pas besoin de métaphores, c’est assez évident comme ça. ça l’a toujours été. (peut-être pas aux yeux de jinsuk, qui a mis du temps à s’en rendre compte. tu sais toujours pas si tu devrais en être heureux ou pas.) alors tu te contentes de t’allumer une clope pour toi-même, la fumer et fermer ta gueule. pour une fois.

t’aimes pas ce silence.
y’en a beaucoup eu, entre vous deux.
ceux pendant lesquels il avait la tête sur tes genoux et toi les doigts dans ses cheveux, jouant tendrement avec alors qu’il essayait de mémoriser ses cours. c’étaient tes préférés.
puis y’avait ceux où t’avais tellement crié que tu pouvais pas en rajouter. et lui, tellement peur qu’il n’osait pas. les vestiges de tes réprimandes qui résonnaient dans la pièce, tambourinaient au plus profond de son cœur jusqu’à ce que tu quittes la pièce, le temps de le laisser patauger dans sa culpabilité.
celui-là ? tu sais pas trop ce qu’il représente. c’est un silence étranger, sensation peu familière que tu  n’aurais jamais cru ressentir un jour. parce que t’aurais jamais cru revoir jinsuk un jour. pris au dépourvu par la situation, et évidemment tu détestes ça. tu détestes ne pas pouvoir avoir le contrôle. pourtant tu sais pas si t’as envie de l’avoir cette fois ? juste. d’être un peu moins désorienté. parce que sans ton envie constante de contrôle tu n’en serais sûrement pas là. vous n’en seriez pas là.

quand tu t’excuses, tu sais pas si c’est pour ça, ou pour autre chose. tu sais pas pourquoi, tu le fais juste. réflexe que tu n’as jamais eu mais qui t’a semblé nécessaire en cet instant. jinsuk ne partage pas ton avis. toi, tu hausses juste les épaules. et tu souris, parce que tu crois pas un mot de ce qu’il dit. impossible que ce ne soit pas une mauvaise surprise. pas alors que c’était lui qui était parti et avait décidé que vous chemins ne devraient plus jamais se recroiser, non ? « je croyais que si. » petit rire bas. t’avais la certitude que tu le reverrais plus jamais. que c’était fini entre vous deux, que tout était dans le passé et y resterait. « mais je suppose que c’était stupide de ma part. » tu t’es jamais senti aussi con. bêtise d’avoir cru que jinsuk est le genre de personne avec qui on peut en finir juste comme ça, en partant sans plus jamais regarder derrière. comme si tes démons n’avaient pas l’habitude de revenir. comme si t’étais pas le pire d’entre eux.

« t’excuse pas. » c’est ma faut. tu grimaces secrètement. c’est ça qu’il ressentait ? la même culpabilité, la même tendance à se blâmer à chaque fois ? t’as pas envie d’y penser. tu prends une autre latte, remplis ton esprit avec la fumée pour que ces idées n’y aient plus de place. « moi aussi. » les yeux dans le vide, le cœur aussi. tu sais pas si tu le penses. c’était une page que t’avais tournée mais qui se rouvre subitement. ou le livre entier qui te frappe en pleine gueule, plutôt. t’es pas sûr que le relire soit une bonne idée.
(en vérité, si tu pouvais, tu t’attarderais religieusement sur chaque ligne.)
tu dis pas grand-chose, tes lèvres serrées autour de ta clope bientôt inexistante au lieu de s’entrouvrir pour dire de la merde. t’acquiesces juste quand il parle, en attendant une bonne occasion pour t’autoriser à parler. t’as l’impression que t’as pas le droit de le faire. pas le droit d’être à côté de lui. tu le mérites pas. t’as perdu ce droit, y’a longtemps, quand il est parti et l’a emporté avec lui. il a pas le droit de revenir sur ses pas comme ça. pas après ce qu’il t’a fait.
« et toi, t’étais pas censé ne pas commencer ? » tu grimaces encore une fois. tes mots prennent un goût acide, rappel involontaire de ton échec, de celui de votre relation. « ’fin, je suppose que t’en as besoin, avec les études et tout. toujours en médecine, c’est ça ? » tu ris intérieurement de toi-même. tu fais le gars incertain, qui a besoin de se faire rafraîchir la mémoire. pourtant tu te souviens très bien de ce qu’il fait comme études. ce serait bête d’oublier la raison même pour laquelle t’es au japon.
(surtout quand elle est assise juste à côté de toi.)

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MessageSujet: Re: angels choking on their halos (hyunseong)   angels choking on their halos (hyunseong) EmptyLun 22 Jan - 11:46

 
un repère, un astre. toi, en orbite. tu t'éloignes, parfois. puis tu reviens, quand les planètes s'alignent, comme aujourd'hui, toutes les huit, prêtes à témoigner de votre cinéma, univers qui assiste au trou noir que vous êtes.
c'était vide, sans lui. ces années avant de l'avoir rencontré.
c'est vide, sans lui. ces années après l'avoir quitté.
vide destructeur.
il a toujours été là, dans les tréfonds de ton esprit. dans ta solitude, la nuit. dans la musique que tu ne peux plus écouter. dans les couples qui se baladent dans la rue, et ceux qui se disputent, aussi. dans tes grimaces quand on hausse le ton devant toi. dans le "0 messages" du matin. dans les paquets, les bouteilles que tu enchaînes sans savoir pourquoi. il survient quand tu ne t'y attends pas, quand tu te sens triste et fatigué, quand tu n'as pas la force de prétendre.
tu n'as jamais pu lâcher. idée que tu refuses à chaque fois. comme maintenant. comme les moments que tu passes dans les bras des autres. comme les instants où tu rentres chez toi, pour te retrouver seul face à ta solitude, au silence de ton appartement. et tu t'enfermes dans le travail et le réconfort de la routine. (dans l'idée que tu n'es qu'un lambda parmi d'autres et que tu ne signifies plus rien pour personne. que c'est fini depuis longtemps, l'idylle, et que ça ne va jamais recommencer. tu pensais que c'était le bon, pourtant. que t'as eu le jackpot dès la première tentative.)

les pensées parasites. le virus qui revient, la rechute. des flashs, ceux que tu pensais avoir éteint. ceux qui rayonnent subitement. ceux qui attirent les papillons vers les flammes, prêts à se laisser dévorer pour approcher la beauté. seulement là, tu ne fais que frôler le soleil. le regarder de loin. sans le toucher. et tu chauffes. tu t'aveugles. tu fonds. jamais arriver au bout. se torturer, chaque jour un peu plus.
et il est devant toi, le soleil. sa main sur la tienne.
(tu aurais juré avoir entendu un grésillement.)
fraction de seconde, les frissons qui se propagent le long du corps, les idées qui se perdent dans les abysses, encore. peau assoiffée qui n'attend qu'être blessée. contact inattendu, longuement, soigneusement évité, devenu presque étranger. main qui se retire, effrayée par l'électricité qui la frôle. merde. parce que t'as envie de prolonger le contact, de t'enterrer un peu plus dans le déni, parce que pourquoi pas, vu qu'il est là, vu que t'es un con et que tu n'arrêteras jamais de l'être, avec un cœur ouvert, qui se noie dans la nostalgie.

peut-être que c'est le décor, qui te rend comme ça. le silence de la ville, tokyo qui s'endort, qui célèbre loin de vous. la lumière terne des réverbères, qui se reflète sur ses cheveux, qui brise l'obscurité. le goût amer du tabac qui reste dans ta bouche, qui reste un instant dans ton esprit. le bruit des arbres, qui te murmure à l'oreille. vous êtes dans une bulle, loin du monde. avec marie, spectatrice. elle te sourit, se moque de toi, de tes conneries. parce que t'es encore en train de t'enfermer dans ta tête, déformer le temps. le quart d'heure qui devient une heure, les pensées qui se succèdent, le "il y a trois ans" qui devient tellement proche, qui revient au galop. chronos est parti en vacances, revenu auprès du néant d'où il est sorti, pour laisser place à un millier de mots te passant par l'esprit, chacun ici pour te rendre un peu plus confus. assez confus pour être incapable de répondre aux mots de hyunseong, voire même ne pas réaliser qu'il parlait, que t'es sensé répondre à ses paroles amères. (encore)

"j'essaye d'arrêter mais ..." tu hausses les épaules et tu prends le briquet de sa main, et une clope de ton paquet (t'en mettrais dix dans ta bouche si tu pouvais). deuxième round, cette fois plus calme, et peut-être que ça va résoudre tes problèmes, que ta main va arrêter de trembler et ton cerveau de fonctionner à cent à l'heure, dans cette tête qui va bientôt exploser. parce que t'as besoin de réfléchir, encore. parce que trois ans n'ont pas été suffisants pour remettre de l'ordre dans tes idées. parce que c'est un bordel, maintenant que tu l'as retrouvé. parce que tu vas passer les prochaines nuit à te demander si t'avais raison de partir, si tout n'était pas dans ta tête, si tu n'exagérais pas, si tu n'étais pas un peu trop dramatique, à disparaître comme ça, si c'était pas con de penser que tu pouvais claquer la porte alors que tu l'aimais, "juste" parce qu'il t'étouffais, que tu passais ton temps à appréhender les moments passés à la maison, la prochaine dispute, les prochains cris, les prochains reproche, que tu pleurais plus que d'habitude et que ton anxiété était au sommet. "juste" parce que c'était toxique. "juste" parce que t'as besoin d'une claque, pour te lever maintenant, et repartir, avant de refaire la même connerie. "juste" ça. (il n'y a que des "juste" et des "si", maintenant.)

"j'suis interne, en ce moment. c'est bientôt fini. juste quelques ans, normalement" tu ne le regardes pas, le vide toujours aussi intéressant. tu commences enfin à échapper à la routine des cours. de nouvelles têtes chaque jour, un nouveau département, de temps en temps. tout essayer. te rapprocher un peu plus de la ligne d'arrivée. mais il manque toujours quelque chose. c'était pas sensé finir comme ça. tu n'avais pas planifié les choses de la sorte. on t'a mis dans un univers alternatif, décidé de reset le jeu et te foutre la misère. (tu dis "on", mais tu sais que tu es celui qui a merdé) tu te demandes ce qui se serait passé si tu n'avais pas fait comme tout le monde. laisser son premier amour au lycée. ne pas s'accrocher, essayer de réparer des choses qui étaient cassées depuis des années. te dire qu'il est venu au japon pour toi, qu'il veut ton bien qu'il ne te fera pas de mal. te perdre dans ses yeux, à chaque fois, dans le miel de ses mots, fondre dans ses bras, t'accrocher à cette bombe à retardement même si elle t'explose à la gueule à chaque fois.

"et tu fais quoi, toi ?" se concentrer sur les banalités pour ne pas se lamenter, parce que tu ne fais que ça, depuis tout à l'heure. tu n'as pas la force de t'attarder sur la vérité, la sortir de la tête, t'exprimer, pour une fois. lui donner les explications qu'il te doit. peut-être que si tu le prononces, ça deviendra réel. (et tu ne veux pas de ça, le silence et le déni sont plus confortables)
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Chae Hyunseong
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MessageSujet: Re: angels choking on their halos (hyunseong)   angels choking on their halos (hyunseong) EmptyMar 30 Jan - 4:00

tu dis plus rien. y’a juste la fumée qui emplit les poumons et le silence qui emplit l’air. au moins la clope te donne l’illusion que si tu parles pas c’est parce que tes lippes sont occupées à fumer, pas parce que t’es à côté de la plaque, incapable de t’y retrouver. presque aussi perdu que le jour où il est parti et que t’as pas compris pourquoi.
(si ça t’a autant fait mal, c’est parce que tu comprenais très bien ses raisons, mais t’as pas compris pourquoi t’as pas pu arrêter. comment t’as pu être con au point de le laisser partir comme ça. tu comprends toujours pas.)
puis y’a les flots de paroles. creuses, dénuées de sens. small talk basique entre deux personnes qui avaient partagé le monde et été celui l’un de l’autre. énième rappel que c’est derrière vous et que vous n’êtes plus que des étrangers. deux inconnus qui n’ont plus rien à se dire, ou juste des choses qu’ils préfèrent ne pas se dire.

pourtant tu t’en contentes. tu te dis que c’est déjà pas mal que jinsuk soit là de nouveau alors qu’il avait choisi de partir. t’as jamais mérité qu’il fasse partie de ta vie, encore moins qu’il y revienne. t’es déjà assez chanceux de l’avoir à tes côtés en cet instant, pouvoir partager ces quelques mots avec lui. alors tu joues le jeu, échanges des futilités avec lui. vous parlez de clopes, tu lui poses des questions sur sa consommation. et tu réponds juste « je vois » quand il déclare qu’il comptait arrêter, en vain. l’envie de lui faire la morale te prend, de partir en monologue sur les méfaits de la clope, sur ce qu’il pourrait faire de plus sain et beaucoup plus efficace à la place. mais t’as perdu le droit. t’es plus l’homme que tu pensais être, celui qui veillait sur lui et ne voulait que son bien. t’es juste un connard qui l’a trop abîmé, beaucoup plus que ses clopes ne le feront jamais. alors tu la fermes et tu acquiesces.

t’enchaînes sur les études. t’es un peu curieux de savoir ce qu’il en est mais surtout tu peux pas te permettre de lui parler d’autre chose que ça. y’a que les sujets bateau qui te sont toujours permis. le reste est hors-limites, trop personnel, trop intime. tu peux plus t’immiscer dans sa vie privée maintenant, c’est fini.
(pourtant t’as envie, très fort. t’as envie de lui demander s’il a trouvé quelqu’un d’autre, quelqu’un pour l’aimer comme tu l’as aimé, quelqu’un pour veiller sur lui et le protéger et le chérir et lui donner son putain de tout comme tu l’as fait)
(juste par curiosité. et par fierté.)

t’essaies de pas allumer une autre clope en l’écoutant parler de ses études. une cigarette ne te servira à rien, de toute façon. tu regardes juste le vide, toi aussi. vos regards s’évitant comme vous évitez tous les deux de trop parler de vous deux, de ce que vous étiez. l’initiation aux clopes seule mention de votre passé. « ah, c’est bien ça. » t’acquiesces un peu plus, baisses le regard. « je… » tu ris tout bas, à ta propre hésitation. tellement différent de l’homme que t’avais l’habitude d’être avec lui. « je suis fier de toi. » tu te demandes si t’as le droit de dire ça. tu te demandes s’il sent ton regard sur lui, s’il voit du coin de l’œil ton petit sourire. s’il réalise à quel point t’es sincère quand tu dis ça et à quel point tu l’as toujours été. tu te rappelles de jinsuk adolescent, passant des soirées à étudier sans se soucier de quoi que ce soit d’autre. tu penses aux appels téléphoniques incessants pour t’assurer qu’il allait bien et qu’il prenait soin de lui-même, aux virées avec lui à la bibliothèque pour l’admirer pendant qu’il avait le nez plongé dans ses bouquins, à lui caresser distraitement la main pour le rassurer qu’il faisait un bon travail.
tu penses à la fois où il t’a annoncé avoir eu sa bourse et que t’as sûrement jamais été aussi heureux pour qui que ce soit. tu penses à comment tu l’as encouragé à y aller, même si ça voulait dire te laisser, parce qu’il le méritait. et tu penses à comment t’as pas hésité à le suivre, à tout plaquer pour lui, tout perdre rien que pour être avec lui, parce que tu savais qu’il avait un avenir brillant devant lui et t’en as jamais douté. t’as toujours cru en lui.
tu te demandes s’il sait ça. si t’as réussi à le lui faire sentir. si les conneries que t’as faites n’ont pas effacé toutes les traces de ton amour pour lui.

t’allumes une autre clope.

« moi, je suis manager, tu tires une longue latte pour égarer les pensées dans la fumée avant de continuer, d’un acteur. » t’en dis pas plus. tu t’es un peu coupé l’envie de parler. tu réalises que chaque mot prononcé est juste un autre flashback inévitable. réalisation que jinsuk ne t’a quitté que physiquement, qu’il est toujours là dans un recoin de ton esprit et que chaque échange est le rappel d’un autre regret. « c’est pas mal, ça paie bien et du coup, voilà. » rappel que tu mérites même pas d’être là, à ses côtés ? t’es juste un putain de poison, nuage toxique qui  n’arrêtera sûrement jamais de lui faire du mal. chaque moment passé à ses côtés est un risque que tu prends. un risque pour vous deux. alors tu t’empresses de finir ta clope et la jeter au sol en te relevant maladroitement. « d’ailleurs, je dois y aller. » lâche. la partie fière de toi-même essaie de te chuchoter que t’es en train de lui rendre la pareille, que tu t’en vas comme il l’avait fait. mais tu sais que c’est pas du tout la même chose, tu sais que si tu pars c’est parce que t’as peur. de lui faire mal, de te faire mal à toi aussi en te rappelant à quel point tu vaux rien. « je dois l’emmener quelque part, tu sais comme ils sont occupés h24. » petit rire gêné pour dissimuler ce que tu ressens vraiment. tu te reprends vite en main, lui adressant un regard sûr, comme si de rien n’était. « on… reste en contact ? » le ton toujours aussi prudent, parce que tu veux ni le brusquer ni le forcer à te reparler. peut-être que c’est le destin que vous vous soyez retrouvés ici. et peut-être que jinsuk en avait pas envie. c’est à lui de décider.

tu tends la main vers lui, attendant qu’il te donne son téléphone avec hésitation. t’es pas habitué à ça, à laisser les autres décider. (surtout qu’en général, on refuse jamais ton numéro.) mais tu fais l’exception – il en a toujours été une de toute façon – et t’attends patiemment qu’il te donne l’appareil pour y composer les chiffres. « voilà, tu peux m’appeler quand tu veux. » si tu veux, même si je le recommanderais pas. tu lui rends le téléphone et enfouis tes mains dans tes poches, jouant nerveusement avec les clés de ta voiture. « voilà, je vais y aller maintenant. joyeuses fêtes et passe une bonne soirée, hm ? » petit sourire, signe de la main, pas en arrière. « et… j’ai été content de te revoir. »  



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MessageSujet: Re: angels choking on their halos (hyunseong)   angels choking on their halos (hyunseong) EmptyMer 31 Jan - 2:54

 
tu as oublié l'effet qu'il a sur toi. la présence électrifiante, qui te chamboule l'esprit, sans même avoir à te toucher. la flamme qui réchauffe ton cœur resté froid pendant trop longtemps. tu as essayé de le détester. tu essayes encore de le détester. de chercher les défauts, de justifier ton départ. mais toutes ces idées quittent ton esprit dès que tu le vois, comme à chaque fois. incapable de lui tenir tête.
(tu luttes pour ne pas déposer ta tête sur son épaule.)
(pour ne pas te mettre à genoux pour t'excuser.)
(pour ne pas pleurer encore.)
(pour ne pas te noyer encore une fois dans l'illusion que ça peut être réparé.)
(pour ne pas te réfugier dans ses bras, contre ses lèvres, prêt à t'oublier encore.)
(pour ne pas céder à ton cœur qui te fait mal depuis des années, que tu as enchaîné et caché dans un placard à balais. tu n'en as plus besoin, de toutes les façons, maintenant que c'est fini.)

les mots ont perdu leur sens. le temps aussi. tu as revécu six ans de ta vie en l'espace de quinze minutes. il a juste suffi qu'il se pointe devant toi, bordel de merde. toutes tes erreurs défilent devant tes yeux. la plus grande est assise à côté de toi. plus rien n'est réel, de toutes les façons. c'est à peine si tu es conscient du monde qui t'entoure.
il n'y a que lui
il n'y a eu que lui
il n'y aura que lui


je suis fier de toi.
le sourire s'étire sur tes lèvres malgré toi, poussant tes larmes vers le bord, prête à couler. mais elles ne le font pas. tu en as trop versé. il n'y a que le vide, maintenant. la confusion, les sentiments qui doivent être triés, les mots qui doivent être analysés en long et long large pendant les prochaines nuits. les "si" qui vont changer ces dernières minutes, les sublimer, les souiller de regrets, les déformer au point de ne plus être réels. ton imagination en fera la scène d'un film, même.
c'est ce que t'as fait, depuis des années. rêvasser et regretter. essayer d'oublier, parfois, quand tu en as la force. mais tu te souviens toujours du moindre détail. le moindre baiser. la moindre caresse.
le moindre cri. la moindre dispute.
non, ceux-là, tu les as enterrés. tu prétends juste y donner encore de l'importance. mais non. tu as tout pardonné. tu vas tout pardonner. tu t'en fous, totalement, même.
tu es con d'être parti.

ton esprit bouillonne pour rien.
c'est fini.
plus rien ne va se passer.

vous allez continuer à parler de boulot et d'études. il va parler de son manager. tu vas prétendre d'être intéressé, tout en restant dans ton mutisme. tu vas dire "l'important, c'est que tu t'en sors", comme s'il n'y avait pas autre chose de plus important à dire, à part ces futilités, palabres qui se perdent dans le vide. tu vas lui tendre ton téléphone, quand il va te le demander. tu vas prétendre que tu vas garder contact, que tu es prêt à rester ami avec lui. tu vas te dire que maintenant que le silence de trois ans est brisé, autant continuer à faire la causette. tu vas te rappeler que ça reste un mec bien, qu'il n'y a pas de mal à rester ami avec son ex, que ces tensions ne servent à rien. il va composer le numéro, et tes yeux vont s'illuminer, tu vas sourire, déjà prêt à commettre les mêmes erreurs. tu vas lui souhaiter "bonne chance avec ton boss", tu vas le remercier, "merci" et tu vas même rajouter un "pour tout", entre ses souhaits et son existence même.
tu vas même rajouter la cerise sur le gâteau. tu vas te lever, maladroitement, tu vas dépoussiérer ton pantalon, tu vas ranger ton paquet, ton briquet, tu vas le regarder debout devant toi. lui prêt à partir, à fuir la tempête. et toi ... tu ne sais pas.

dernière étreinte.
rapide, gênante, une tape sur l'épaule comme un bon mâle qui jure par le no homo.
"bonne nuit"
et c'est tout.
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